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Conseils : comment gérer son hygiène en randonnée

S’il y a bien une question qui taraude l’esprit des novices, c’est de savoir comment on fait pour gérer notre hygiène de tous les jours pendant une randonnée ou un trek. Du nettoyage de ses vêtements à la question cruciale des besoins primaires, comment fait-on pour survivre plusieurs jours, voire semaines, sans douche ni WC à disposition ?

Alors aujourd’hui c’est décidé, je lève le rideau (de douche héhé) sur ces questions existentielles avec ce guide partico-pratique pour gérer ton hygiène pendant tes randonnées.

La toilette

Comment faire pour se laver sans douche ?

Après une bonne journée de marche, je dois bien t’avouer que généralement je n’attends plus qu’une chose, pouvoir me laver. Je sais que certains te diront qu’ils se laissent « sécher » et que c’est pas 3 jours sans se laver qui vont te tuer. Peut-être pas, mais j’ai un minimum d’amour propre et de respect pour le co-randonneur. Et franchement, j’ai toujours réussi à me laver donc après tout, pourquoi s’en passer. J’ai même réussi à convaincre le co-randonneur des bienfaits de la douche à l’eau glacée, comme quoi rien n’est impossible 😉

Donc concrètement comment je fais pour me laver ?

La base c’est de pouvoir anticiper son lieu de bivouac auprès d’un point d’eau, lac ou rivière. Dans ce cas, j’utilise l’eau disponible sur place pour faire ma toilette tout en respectant certaines règles afin de ne pas polluer cette eau.

Je ne me lave jamais directement dans l’eau et je n’utilise pas de savon. Même du savon d’alep. D’une part c’est lourd et oui, là je peux facilement m’en passer plusieurs jours.

Ma technique c’est d’aller prendre de l’eau dans un récipient (gobelet, casserole, gourde katadyn Befree…), de m’éloigner des bords de la rivière ou du lac, puis de me laver à l’aide de mon indispensable gant de toilette !

Le gant de toilette a de nombreux avantages. Déjà, en versant l’eau directement dessus plutôt que de s’asperger le corps, cela limite le côté frais et revigorant d’une eau de montagne à 5°C. Toi-même tu sais. Ensuite, la friction du gant de toilette remplace largement le besoin en savon. Enfin, en procédant comme cela on limite grandement la quantité d’eau nécessaire pour se laver.

J’ai commencé à employer cette technique lors de mon road-trip dans le centre de l’Australie, là où la poussière est omniprésente et l’eau est rare voire inexistante, et j’arrivais à me nettoyer entièrement (cheveux compris) avec juste un grand gobelet (environ 300mL) !

Niveau écologique on est plutôt pas mal.

tente de toit roadtrip australie

Si vraiment il fait chaud, ou que l’eau n’est pas trop froide, j’utilise le verseur de ma gourde Katadyn pour m’asperger et me rafraichir un bon coup, ou même ma camel back accrochée à un arbre en mode douche solaire. Toujours loin de la source d’eau. C’est aussi très pratique pour les cheveux 😊

Pour la petite astuce, j’utilise 2 gants. Un pour le corps et un pour les parties intimes. Et pour rincer, tu connais le refrain… loin de la source d’eau.

Pour me sécher j’utilise juste une mini serviette bouclette qui éponge bien et c’est très bien comme ça.

Même chose pour me laver les dents. J’utilise des pastilles de dentifrice bio, on ne fait pas mieux niveau poids. Et surtout je fais attention à cracher loin de l’eau, et je nettoie les résidus de dentifrice pour ne pas laisser le trace.

Tout ça s’est bien beau, mais quand on ne peut pas bivouaquer à côté d’un lac ou d’un point d’eau on fait comment ?

Encore une fois, j’anticipe au moment de préparer mon itinéraire. Si je vois que je n’aurai pas d’eau, je fais en sorte de remplir ma camel back et mes gourdes afin de pouvoir faire une toilette de chat et d’avoir assez d’eau pour le repas du soir et le petit déjeuner.

Et dans le pire des cas, je ne me lave pas. Je préfère réserver l’eau pour m’alimenter et m’hydrater.

lac dans les Alpes

Si tu souhaites acheter des équipements de qualité pour bivouaquer, je te conseille les sites suivants, tous prônant de fortes valeurs écologiques:

Comment faire pour laver ses vêtements ?

Si tu as capté mon principe du minimalisme, je limite autant que je peux le lavage de mes vêtements.

Avec des produits en laine mérinos de plus en plus abordables, qui limitent les odeurs même en transpirant beaucoup, je ne fais pas un gros effort en ne lavant pas tous les jours mes fringues. En règle générale, je nettoie tous les 2 ou 3 jours mes t-shirts, moins souvent pour le short ou le pantalon. Par contre comme je ne pars qu’avec 2 culottes, pas le choix, là c’est quotidien. Je ne suis pas une grande adepte du “reverse” 😉

De la même façon que je fais ma toilette, je nettoie mes tissus sans savon ni lessive, en dehors d’un point d’eau. Pour le séchage, soit j’ai la chance qu’il fasse beau et donc ça sèche sur mon sac à dos pendant que je marche, (oui, c’est très glamour la culotte accrochée sur le sac à dos !) ou alors… directement sur moi. C’est frais mais c’est pas grave !

Comme en général on s’arrange pour dormir en camping ou en dur tous les 3-4 jours, je profite de ces moments là pour faire de “vraies” lessives.

lac de tsaté

Les toilettes

Petits et gros besoins

Comment ça je ne suis pas une princesse ? Trêve de plaisanterie, la question des toilettes est dans tous les esprits. Et c’est plutôt un bon point car c’est en réfléchissant à ce sujet que l’on découvre les pratiques écologiques et responsables à suivre.

Parce que oui, on a beau faire quelque chose de naturel dans la nature, on ne doit pas pour autant faire n’importe quoi non plus. En effet, il faut prendre en considération plusieurs points importants :

  • le fait que malheureusement depuis de nombreuses années, nos déjections ne sont plus aussi pures qu’avant et contiennent, entre-autres, nano plastiques, pesticides et autres joyeusetés chimiques
  • le fait que certaines régions sont très arides avec les risques que d’un côté nos traces restent visibles très longtemps après notre passage et que de l’autre nous risquons de mettre le feu en brûlant les papiers
  • le fait que tous les papiers utilisés ne se valent pas dans ce contexte

Partant de ce constat, les règles de bases sont:

  • ne jamais faire ses besoins à proximité des cours d’eau.
  • ne pas faire ses besoins au milieu du sentier, à proximité direct d’un point de passage, à côté d’une zone de pique-nique ou d’une cabane (ça peut paraitre idiot de le mentionner, mais si tu savais ce qu’on peut voir…).
  • ne JAMAIS utiliser de lingettes. Même si c’est marqué biodégradable dessus, c’est faux et c’est plein de produits chimiques.
  • éviter les mouchoirs en papier qui se dégradent bien moins vite que du PQ, et privilégier le papier bio et simple épaisseur. Moins tu en utilises et plus vite ça disparaitra. CQFD.
  • toujours masquer les traces de ton passage. En forêt tu peux recouvrir de feuilles et de branchages, dans d’autres endroits tu peux creuser un trou, au minimum recouvre le tout de grosses pierres. Déjà, ça évitera aux autres randonneurs de tomber sur tes exploits mais aussi pour éviter aux animaux de tomber dessus.
  • pour le papier, si tu es dans une zone qui ne craint pas les incendies, le mieux c’est encore de le brûler. Dans les zones plus sèches, là encore assure-toi d’enterrer ton papier ou de le coincer sous une pierre. Ca permettra d’accélérer sa dégradation mais aussi éviter qu’il ne s’envole et ne vienne se coller au visage de futurs randonneurs.

Enfin, si tu as l’âme d’un.e vrai.e aventurier.e, tu peux aussi décider de ne pas utiliser de papier. Du Tout.

Ahah, je vois d’ici ta mine dégoutée en regardant tes mains. Mais rassure-toi, il y a des alternatives très propres qui existent. La première c’est d’utiliser un tissu réutilisable et lavable (un gant de toilette par exemple). Là encore, tu veilleras à ne pas le laver directement dans le cours d’eau. Et la deuxième option consiste à n’utiliser que de l’eau et une serviette pour s’essuyer.

Pour les femmes qui n’osent pas faire pipi n’importe où, il existe des “pisse-debout” de leur joli petit nom. Ce charmant objet en silicone permet donc d’uriner en toute simplicité, debout, comme un mec, sans avoir besoin de montrer ton arrière train à la faune sauvage ni en risquant de te faire piquer par une ortie un peu curieuse.

L’hygiène féminine en randonnée

Le pipi et le caca, c’est fait. Parlons des règles maintenant. Parce que bon, à moins d’avoir la chance de choisir les dates de ton cycle (et je ne sais pas si c’est une chance car cela implique souvent l’utilisation d’hormones, mais je m’égare), il y a tout de même une probabilité relativement importante que tu ais tes règles au moins une fois dans ta vie de personne menstruée, pendant une rando ou un trek.

Donc on fait quoi ? On arrête de randonner et on reste manger des chips devant la télé ? On peut.

Ou alors, on ne se laisse pas emm*** par les anglais et on trouve des solutions pour gérer notre hygiène intime 🙂

Ca va être assez rapide, parce que des solutions, y’en a pas tant que ça.

  • Si tu utilises des tampons ou des serviettes hygiéniques, la base c’est de prévoir des petits sachets plastiques avec toi pour les collecter et les jeter dans une poubelles quand tu en trouves une. Parce que évidemment, c’est le bon sens, on ne laisse pas ses protections hygiéniques dans la nature. On se bat assez avec les mégots de clope et les autres déchets en tout genre, je ne vois pas pourquoi cela ferait exception.
  • Si tu utilises la cup, tu ne videras pas son contenu dans un rivière, mais bien à l’écart et tu recouvriras de cailloux, feuilles etc… Et la cup, tu peux la stériliser avec ton réchaud le soir ou le matin. Tu n’es pas obligée de prendre la même casserole que pour manger, tu peux aussi prévoir un gobelet dédié.
  • Si tu utilises des slips lavables, là encore il faudra que tu attendes de trouver un lavabo pour les nettoyer. Utiliser la rivière n’est pas envisageable, à moins de les nettoyer bien à l’écart. Imagine si un autre randonneur remplit sa gourde un peu plus bas ! Autant cette solution peut s’envisager pour 1 ou 2 jours, mais au delà à titre perso je ne trouve pas que ce soit la meilleure solution car cela suppose d’emmener un stock de culottes et de garder celles utilisées dans ton sac.
lac de tsaté
hygiène en randonnée

Comme tu peux le constater, la gestion de l’hygiène en randonnée n’est pas très compliqué et ne requiert pas un sens extrême de l’aventure. Le principal étant d’être bien organisé, d’anticiper son parcours en amont et de faire preuve de bon sens pour respecter la nature et les autres randonneurs. Bon, et je le reconnais, il faut aussi être à l’aise sur le sujet pour en parler avec ses équipiers. Ne pas aller se soulager par peur ou honte d’en parler, c’est bête et surtout ça peut être dangereux.

Si tu pars en groupe ou avec quelqu’un que tu ne connais pas trop, je ne saurais que te conseiller d’aborder le sujet dès le début, avec humour. En définissant un code par exemple quand l’un de vous souhaite s’isoler ou alors pour prévenir si d’autres randonneurs débarquent au milieu du spectacle. Ouais, parce que crier “Y’a des gens qui arrivent, vite remonte ta culotte !” c’est moyen quand même. #truestory Alors qu’une imitation de chouette, faut reconnaitre que c’est tout de suite plus sympa. Si tu arrives à imiter la chouette avant que les randonneurs ne débarquent, bien évidemment 🙂

Et toi, dis-moi, comment est ce que tu gères ton hygiène en randonnée ? Tu as d’autres conseils ou anecdotes à partager ?

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pinterest gérer son hygiène en randonnée
pinterest gérer son hygiène en randonnée

2 réflexions sur “Comment gérer son hygiène en randonnée ?”

  1. On a quasiment les mêmes techniques pour à peu près tous les domaines ! Pour les règles, j’ai tout testé et en randonnée itinérante, là où l’eau est précieuse, le mieux c’est clairement le tampon au final question charge mentale et simplicité (perso la probabilité pour moi que je les ai pendant une rando ou un trek c’est : systématiquement…).

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