Red Center : roadtrip des MacDonnell Ranges à Kings Canyon par la Mereenie loop

Il y a un an tout pile, le 21 novembre 2017, je m’apprêtais à embarquer pour la plus grande aventure de ma vie. Un roadtrip de 3 mois en Océanie, entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie. Je t’avais déjà raconté dans un autre article comment nous avons pu poser un congé sabbatique, place maintenant au récit de ce grand voyage !

Arrivée en Australie


Après plus de 26h de vol et de transit dans 3 aéroports différents, nous y sommes. Nous survolons enfin la terre rouge si mystérieuse, objet de mes convoitises depuis mon adolescence.

Le vol de Sydney à Alice Springs est relativement court, et je suis complètement décalée, mais je ne peux me résoudre à dormir tellement le paysage sous mes pieds me captive !

Une étendue si rouge… On aurait pu me dire que je survolais Mars, j’y aurais probablement cru.

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A peine le pied sur le tarmac que la chaleur étouffante de cette fin de matinée me submerge. Nous sommes fin novembre, les températures oscillent entre 35 et 40°C à cette période de l’année. Heureusement que nous avions profité de notre escale à Sydney pour acheter deux magnifiques chapeaux ! Certainement une des meilleures idées de ce voyage …

L’aéroport d’Alice Springs se situe à environ 1h de la ville, mais une navette attend les passagers à chaque vol. Il nous a juste suffit de payer la course et de donner l’adresse que nous souhaitions rejoindre et le tour est joué. Bon, forcément il fallait que ça tombe sur nous, l’adresse où nous récupérons notre voiture de location est la plus éloignée. Confortablement installée dans le bus, je lutte pour ne pas m’endormir… et il n’est que 12h. La journée va être loooooongue !

Lors de mes préparatifs j’avais, bien entendu, recherché et comparé toutes les options possibles quant à la voiture de location. Sachant que dans le centre il y a énormément de pistes dont l’état varie très régulièrement en fonction des pluies, et que justement, nous on voulait profiter de ces pistes, notre choix s’est très vite porté sur un 4×4. Ne restait plus que la question du logement. Là encore, en comparant directement toutes les locations de 4×4 à Alice Springs, le plus intéressant s’est vite avéré être le combo 4×4 et tente de toit par l’agence Wicked Campers. C’était exactement le style de voiture que nous recherchions. Nous voulions de l’aventure, nous allions être servi !

Sauf qu’en arrivant à l’agence, plusieurs problèmes se sont posés. Déjà, après plusieurs heures sans sommeil, vas-y pour comprendre ce que le gérant nous baragouinait ! Voyant notre incompréhension totale, il s’est dit que c’était plus facile de nous montrer … et c’est là que nous avons découvert notre ‘surclassement’. A la place d’un simple 4×4 avec tente de toit, nous avons récupéré le Foodtruck !

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On s’est dit chouette, la classe … avant de réaliser qu’un gros machin comme ça, ça devait aussi bien consommer. Niveau écologie on repassera …

Avant de partir, le gérant nous a judicieusement conseillé de faire le plein en eau à Alice Springs pour les 5 prochains jours car sur la route, l’eau serait sûrement à un tarif exorbitant. Et nous avons bien fait ! Même en ville j’ai halluciné des prix pratiqués, je n’avais pas du tout inclus l’eau dans mon budget. Pour te donner une idée, 1L = 1.30$, je te laisse donc imaginer les prix dans les petites stations le long de la route. Entre ça et la consommation d’essence de notre Foodtruck, je me disais que les 3 mois commençaient bien.

Tjoritja, le MacDonnell National Park


Il est presque 15h quand nous quittons enfin Alice Springs et sa pauvreté, direction les West MacDonnell ranges, aussi nommées Tjoritja en aborigène, où nous avions prévu de passer la soirée ainsi que la matinée du lendemain. Notre temps sur place étant assez limité j’avais déjà listé tous les points de vue et les randonnées intéressantes dans le parc dont l’ancienneté est évalué à plus de 340 millions d’années !

Après plusieurs arrêts photos le long de route où j’ai pu constater que le ciel devant nous n’augurait rien de bon pour la suite, nous avons finalement rejoins notre premier point d’intérêt.

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  • Ellery Creek Bighole

Il s’agit d’une superbe piscine naturelle sculptée au milieu des gorges de terre rouge, particulière à cette région. J’aurais bien aimé pouvoir y faire trempette, mais à peine avais-je pris quelques photos que le ciel nous tombait sur la tête. Une bonne grosse averse orageuse qui nous a chassé un peu prématurément de ce site magnifique.

  • Serpentine Gorge

Chat échaudé ne craint plus rien, nous avons repris la route pensant laisser l’orage derrière nous. Et puis, en une seconde, sans s’annoncer, un flash plus violent que les précédents nous éblouis. Et aussitôt, un grondement assourdissant se fait entendre. Dans notre voiture, sur la route nous ne faisons pas les malins et ne comprenons pas trop ce qu’il vient juste de se passer. Mais la fumée qui s’élève dans les airs dissipe vite nos questionnements. La foudre s’est abattue sur les crêtes asséchées et le feu s’y est propagé rapidement. Le spectacle est impressionnant ! Je croise les doigts pour que la foudre ne tombe pas juste à côté de nous la prochaine fois, c’est un peu flippant cette histoire.

Un sentier d’environ 10mn permet de rejoindre la Serpentine Gorge. Malgré l’orage au loin et le ciel noir, il ne pleut pas alors nous décidons d’y aller. Je dois dire que la luminosité est magique, merveilleux contraste entre le ciel, les arbres et la roche rouge, quasi incandescente. Pour autant je ne suis pas vraiment rassurée de marcher sous les arbres… la roche est glissante, nous préférons jouer la sécurité et ne pas nous aventurer plus loin.

Malgré cela, le paysage est splendide. Loin de ce que j’imaginais découvrir dans le centre rouge, que je pensais très sec et aride.

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  • Ochre Pits

L’arrêt suivant nous a emmené au pied d’une falaise multicolore, dont les différentes teintes étaient subtilement mises en relief grâce à la luminosité sans pareil de ce ciel orageux.

A l’instant précis où je m’apprêtais à rentrer dans la voiture, le soleil, de mèche avec la pluie a décidé de m’offrir un arc-en-ciel. Un de ceux dont on se souvient longtemps de par leur éclat et leur couleurs.

L’heure affichait déjà 17h et sachant que la nuit tombe très tôt en Australie, c’est d’un commun accord que nous avons préféré chercher une zone pour camper avant de poursuivre le lendemain. Et ça tombait plutôt bien, car d’après la super application WikiCamps, une zone de camping était disponible juste à côté du site suivant. Je te passe la galère pour réussir à ouvrir la tente de toit, dans la pénombre, encouragés par les moustiques autour de nous…

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… Mais quel plaisir de se réveiller, bercée par la douce lumière matinale dans ce décor de rêve ! Il devait être tout juste 5h du matin, mais hors de question de traîner plus longtemps au lit. Nous profitons de la fraîcheur ambiante pour aller randonner quelques heures dans les gorges !

  • Ormiston Gorge

Le ciel orageux de la veille avait laissé place à un bleu pur, sans l’ombre d’un nuage. Le sentier que nous empruntons nous a tout d’abord mené sur les hauteurs, avec une vue saisissante sur les gorges en contrebas. Puis, après avoir longé la falaise sur quelques centaines de mètres, nous arrivons au pied des gorges.

En Australie, je m’attendais à être surprise par les animaux, mais pas par la végétation … et pourtant ! Les pieds dans le sable, je contemple ces roches qui m’entourent et je me demande bien comment tous ces arbustes ont fait pour pousser ici ! Tous ces arbres à flancs de falaise, une vision assez improbable dans nos contrées.

Alors que nous remontons tranquillement la rivière pour rejoindre le camping, et alors que pour la première fois depuis notre arrivée je ne les cherchais pas, nous tombons sur une petite famille de wallaby au milieu des rochers. Ooooooooow inutile de te dire que je fonds complètement et que j’en aurais bien adopté un ou deux (ou trois ou quatre) !

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  • Redbank Gorge

Nous terminons notre visite de ce superbe parc, par une autre randonnée dans les redbank gorge. Même s’il s’agit encore de gorges, tu serais surpris.e de constater qu’aucune ne ressemble à la précédente. Et pour cela je suis bien contente d’avoir réalisé la visite dans ce sens, car j’ai eu l’impression que la beauté des sites augmentait crescendo.

La chaleur commençait à bien se faire ressentir au début de la randonnée, et le fait de marcher dans le lit de la rivière, sur des gros galets blancs à forte réverbération n’aidait pas à lutter contre le soleil. Mais qu’importe, c’était magnifique, sauvage, isolé. Je ne l’ai pas mentionné, mais depuis notre arrivée la veille dans le parc, nous avons croisé à peine une petite dizaine de personnes. Nous qui aimons et recherchons la solitude lors de nos voyages, pour le moment nous étions servis.

Le plaisir de profiter de chaque instants au milieu d’un paysage incroyable, cette liberté indescriptible que j’étais venu chercher ici… Il n’y a pas de mots pour expliquer cette sensation, ces émotions.

Quand on sait que les méchantes bébêtes sont présentes en nombre en Australie, je faisais bien attention où je mettais les pieds. Mais point de serpents ce jour-là. Seuls quelques lézards aux couleurs acidulées nous auront fait l’honneur de leur présence. Au bout du sentier, le moins que l’on puisse dire c’est que le décor valait bien le déplacement ! Des bassins turquoises entourés de hautes falaises aux teintes rouges. En un mot, superbe ! J’étais presque déçue de ne pas avoir de bouée pour naviguer plus loin au milieu de la grande faille.

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C’est sur cette dernière randonnée que nous avons quitté les MacDonnell Ranges, un parc qui semble souvent délaissé par les touristes au profit du célèbre Uluru. Mais si je n’ai qu’un conseil aux voyageurs qui ont une journée de libre à Alice Springs, c’est de louer une voiture et de venir découvrir les principaux sites du parc, tu ne seras pas déçu.e !

L’entrée au parc est gratuite mais les campings officiels sont payants. Le parc est ouvert toute l’année, mais la meilleure période se situe entre avril et septembre quand les températures sont les plus agréables. Certaines sections du parc sont accessibles par des pistes où seuls les 4×4 sont autorisés. Après de fortes pluies, certaines portions de route/piste peuvent être impraticable, il convient donc de bien te renseigner à l’avance. 

Tu trouveras d’autres informations sur le site officiel du parc (en anglais).

La Mereenie Loop


La Mereenie Loop est LA piste que tout bon road-trippeur qui se respecte devrait prendre en visitant le centre de l’Australie. Il s’agit de pas moins de 155 kilomètres de piste traversant les terres aborigènes au cœur du red center. Inutile de préciser qu’aucune station essence ni poste de ravitaillement n’est prévu le long du chemin. Sachant que la piste est reconnue pour être particulièrement périlleuse, notamment par la fréquence des pneus crevés, il convient d’être bien préparé pour y accéder.

C’est donc seulement après avoir fait le plein du réservoir, acheté notre permis d’accès (pour traverser les terres aborigènes) et nous être renseignés sur les conditions climatiques (afin d’éviter les “flashflood” ou inondations éclairs qui peuvent transformer la piste en torrent de boue) que nous avons continué notre périple. Et le moins que je puisse te dire c’est que nous avons très très très (très!) bien fait de prendre un 4×4 !

Du fait de pluies orageuses torrentielles les jours précédents notre venue, la piste de terre et de sable mêlés avait été complètement ravagée par les camions qui y sont passés. Avec non pas des nids de poule, non, non, non, des nids d’émeu te dis-je!!! Même en roulant à 30km/h par endroits, le sol était tellement cabossé que le Foodtruck tremblait de partout. De la tôle ondulée que ça s’appelle il parait. En tout cas, ça porte bien son nom. Que c’est stressant d’entendre la vaisselle cliqueter dans ton dos ! Pour te dire, nous avons même perdu le bouchon d’essence sur cette route. A peine 2 jours en Australie et nous v’là bien.

Mais c’était cooooooooool !

Pas très pratique pour prendre des vidéos avec la GoPro, mais voilà, le désert, les étendues sauvages, les chevaux et les dromadaires …  le vrai désert Australien dont je rêvais, j’y étais enfin. Quel bonheur, quelle joie de pouvoir enfin vivre ce rêve éveillée.

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Par contre, on avait beau être seuls au monde, pour trouver un coin à l’ombre pour manger c’est bien plus compliqué. Mais c’était sans compter sur le Foodtruck dont l’auvent latéral permettait de nous ombrager sur 20cm. En se collant bien à la voiture et en rentrant le ventre ça peut le faire… 5 minutes. Après tu as trop chaud, tu préfères rentrer dans l’habitacle à 40°C que brûler dehors à 50°C. Question de priorité.

Il nous aura fallu presque 4h pour réaliser ces 155km. Entre nous, à la fin nous en avions tellement marre d’être secoués de partout que nous avons rebaptisé cette piste la ‘highway to hell’. Tu sais à quoi t’en tenir si tu l’empruntes.

Ce soir là, faute d’avoir trouvé une aire de bivouac décente, avec un minimum d’ombre et pas trop cracra, nous avons finalement réservé une nuit au camping près de Kings Canyon, le Kings Canyon Resort. Novembre étant déjà considéré comme la période hors saison dans le centre, nous n’étions pas dérangés par le nombre de touristes et c’était très bien ainsi !

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Après une petite baignade bien méritée dans la piscine et une première rencontre avec les perruches, la journée s’est terminée comme elle avait commencé, à profiter de la douce luminosité des derniers rayons du soleil sur le Watarrka National Park.

Le permis s’achète au Glen Helen Resort sur la Namatjira Drive, et coûte 5.00$. Cette station est aussi la dernière avant Kings Canyon donc pense à bien faire le plein. Si tu as un 4×4, penses à dégonfler (un peu) tes pneus pour éviter la crevaison. Renseigne-toi sur les conditions météos et l’état de la route avant de l’emprunter. Et surtout, surtout, surtout prévois beaucoup d’eau et de quoi manger au cas où tu aurais un pépin sur la piste !

Kings Canyon, le Watarrka National Park


4h. Il fait encore nuit noire lorsque le réveil nous extirpe brutalement de notre sommeil. Il faut dire que depuis 3 jours nous courons dans tous les sens et la fatigue du voyage couplée au décalage horaire et à la chaleur commence à bien se faire sentir. Mais au diable la fatigue quand il s’agit d’aller admirer le lever du soleil depuis les hauteurs de Kings Canyon ! Une petite dizaine de kilomètres nous séparent de l’entrée du parc mais le ciel s’éclaircit déjà. Très rapidement. Trop rapidement. Nous sommes les premiers à nous stationner sur le grand parking (si on ne compte pas les irrespectueux français en PVT qui ont passés la nuit ici malgré l’interdiction de camper).

Un rapide coup d’œil aux différentes randonnées nous oriente directement vers la Kings Canyon Rim Walk, la plus longue, la plus impressionnante et surtout celle qui jouit du plus beau point de vue pour célébrer la renaissance quotidienne de l’astre. Sans traîner, nous nous élançons d’un pas vif afin d’atteindre le fameux spot avant que le soleil ne se lève. Hors de question de m’être levée aux aurores pour rater ce spectacle.

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Et quel spectacle !

Même le co-randonneur, peu partant pour cette aventure matinale, a été conquis.

Les premiers randonneurs (enfin non, les deuxièmes) nous ont rejoint peu après, sonnant l’alerte pour laisser notre place et continuer dans ce décor quasi irréel. Imagine des immenses falaises de grès rouge, une forêt tropicale, des gorges et des piscines naturelles… Une vraie oasis au milieu du désert permettant la survie et le développement d’une faune et d’une flore endémique.

J’avais pu lire de nombreuses fois sur les blogs que ce parc était vraiment à découvrir lors d’un séjour dans le centre de l’Australie, et bien je valide à 200% !

Il s’agit pour tous les deux de notre plus beau souvenir du centre, devançant de loin le majestueux mais trop touristique Uluru.

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Nous terminons la randonnée en milieu de matinée, juste dans les temps pour nous remettre doucement en route, direction le parc national d’Uluru.

L’entrée au parc est gratuite mais les campings officiels sont payants. Le parc est ouvert toute l’année, mais la meilleure période se situe entre avril et septembre quand les températures sont les plus agréables. Lors des journées très chaudes, quand les températures dépassent les 36°C à l’ombre la randonnée Kings Canyon Rim Walk ferme à partir de 9h et la South Wall Return Walk ferme à partir de 11h.

Tu trouveras d’autres informations sur le site officiel du parc (en anglais).

Et toi, quels endroits me recommanderais-tu pour une prochaine découverte du Red Center ?

2 commentaires sur “Red Center : roadtrip des MacDonnell Ranges à Kings Canyon par la Mereenie loop

  1. Hello,

    Aaah, la Mereenie Loop et la randonnée de Kings Canyon… que de souvenir. On y avait d’ailleurs laissé un pneu au passage 🙂 ! Je rejoins ton avis cela reste un de nos meilleurs souvenirs du centre rouge. Ce petit coin de paradis a en plus l’avantage d’être beaucoup moins fréquenté que le parc d’Uluru.

    Pierrick & Sandrine

    1. je me dis qu’on a vraiment eu de la chance sur cette piste ! A part le bouchon du réservoir, on n’a rien eu à déplorer. Bon, en même temps vu la taille des pneus ça m’aurait bien emmerdée 🙂

      Le seul bémol à Kings Canyon c’est que ce parc est bien trop petit et la randonnée trop courte ! J’aurais aimé en profiter plus longtemps …

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