Red Center : Uluru, du rêve à la déception

Après avoir découvert les magnifiques parcs des MacDonnell et Kings Canyon (dont tu peux retrouver le récit dans un autre article), nous prenions la route pour rejoindre l’emblématique Uluru à plusieurs centaines de kilomètres de là.

Ce rocher aborigène, inscrit au patrimoine de l’Unesco, fascine tant pour sa présence improbable au milieu du désert que pour son origine encore incertaine. Et je n’échappe pas à la règle, loin de là. Pour tout te dire, je suis fascinée par l’Australie et notamment le désert central depuis que j’ai étudié ce pays au collège à l’occasion des JO de Sydney en 2000. Par conséquent, je ne sais trop pourquoi, mais je plaçais beaucoup d’attente sur ce pays et notamment sur ma visite du centre et la découverte d’Uluru.

Mais s’il y a bien une chose que j’ai appris à mes dépens lors de ce voyage, c’est justement d’éviter de placer des attentes trop hautes sur un pays ou un site en particulier au risque d’être très (très) déçu.e.

Comme j’aurais aimé lire ce genre d’article avant de partir, alors je vais être honnête avec toi et te parler de mon ressenti par rapport à Uluru de la façon la plus objective possible afin que tu puisses te faire ton propre avis sur ce site.

C’est parti !

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Le type de végétation dans le centre désertique, avec le Mont Conner au fond

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Alors que nous étions quasi seuls lors des 3 premiers jours de notre séjour, en rejoignant la route principale reliant Alice Springs à Uluru, nous comprenons rapidement que notre tranquillité aura été de courte durée.

Nous ne croisons pas tant de voitures que ça, mais à chaque fois il s’agit soit de trucks géants soit de bus touristiques. C’était à prévoir, mais là on est pourtant en hors saison. Je n’ose imaginer en plein été !

En approchant de la ville, je constate avec amertume qu’il n’y a aucune aire de bivouac autorisée relativement proche d’Uluru… Tu te doutes bien que si je suis prête à me lever à 4h pour voir le lever de soleil à Kings Canyon, c’est pas pour laisser passer celui à Uluru ! Mais hors de question de se rajouter 1h de route aussi tôt le matin. Déjà pour mon sommeil, mais aussi à cause de notre contrat de location qui stipule bien qu’on n’a pas le droit de rouler la nuit, à cause du risque lié aux animaux sauvages. Percuter un kangourou ou un dingo, mmmm, non merci.

Ne nous restait donc plus qu’à nous trouver un camping. Et je peux te dire que le logement c’est pas ce qui court les rues ici, encore moins à prix raisonnable. Plus par dépit que par réel choix, nous nous installons au Ayers Rock Campground pour les deux nuits à venir. En effet, dans mon planning j’avais prévu de découvrir Uluru le lendemain, puis Kata Tjuta le surlendemain matin car prévoir les deux dans la même journée vu les très fortes chaleurs me semblait un peu optimiste.

Nous avions à peine commencé l’installation de notre ‘camp’ qu’un orage hyper violent avec des grêlons de 3cm s’est abattu sur nous… pendant 20 minutes ! Je te laisse imaginer la scène surréaliste. Ou absurde selon le point de vue. Moi, complètement apeurée, réfugiée sous une table du camping (et accessoirement, partageant l’habitacle avec quelques copines velues) et le co-voyageur terrifié… à l’idée que la tente de toit prenne la flotte ! Chacun ses priorités ….

Ça commençait à faire beaucoup d’orages en si peu de jours… je me disais que le hors saison, finalement, c’est peut-être pas toujours la meilleure option…

Heureusement, l’orage a fini par se calmer non sans laisser derrière lui les allées du camping totalement ravagées. Pour le coup, la tente de toit c’est VRAIMENT le bon plan ! En plus de protéger des insectes et autres bêtes la nuit, ça protège aussi des inondations.

Et puis… ce ciel de dingue !!! Le camping disposait d’un petit belvédère avec une vue sur Ayers Rock, j’aurais pu y passer ma soirée si la nuit ne tombait pas aussi rapidement.

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C’est pas dégueu, dégueu par là …

Pour le troisième jour consécutif, nous nous levons dès l’aube pour profiter du site avant les grosses chaleurs de l’après-midi.

A ce stade tu te demandes peut-être comment nous faisons pour tenir ce rythme sans succomber au décalage horaire ? Il suffit de rester bien actif et de ne SURTOUT pas se laisser aller à une petite sieste l’après-midi qui ruinerait tous les efforts entrepris depuis 4 jours. Avec des journées bien chargées comme les nôtres, le soir si tu te couches à 19h alors se lever à 4h n’est pas un problème.

Contrairement aux autres parcs, à Uluru on sent tout de suite la machine à fric. Entre le prix d’entrée du parc, les prix des campings, toutes les attractions (non écologiques) pour touristes en mal de sensations, ou en recherche d’insolite… sans oublier l’argument choc sur les croyances et les conditions de vie des Aborigènes pour te donner bonne conscience à souiller ce site sacré.  Bref, premières impressions déjà très mitigées avant même de pénétrer dans le parc.

Notre ticket d’entrée en poche, nous suivons la file de voitures et de bus vers la même direction. Le belvédère pour voir le lever du soleil.

Première réaction: Waaaaaaaa c’est quoi tout ce monde !!!!???

Je ne pourrais pas vraiment te dire si ce lever de soleil était sublime ou non. Mon plaisir a quelque peu été gâché par tous ces gens qui te poussent pour avoir la meilleure place où poser leur trépied… alors que j’ai pu moi-même en faire l’amère expérience, un trépied ne te sera pas vraiment utile. En effet, le belvédère est une structure en bois, structure qui vibre sous les pas des personnes marchant dessus. Et donc qui dit vibration, dit trépied impossible à stabiliser, et donc photo floue aux heures de grandes affluences sur ce belvédère.

En gros si tu veux prendre une photo avec ton trépied, ne monte pas sur la structure en bois. Tu n’auras peut-être pas la meilleure vue, mais au moins tes photos ne seront pas floues.

Bon. J’arrête de faire ma touriste française râleuse. Malgré la foule, en toute objectivité, c’était superbe.

Et pourtant c’était loin d’être gagné. A cause de l’orage la veille et de la “fraîcheur” apporté, des nuages s’étaient amoncelés sur nos têtes. Mais pour une raison que je n’explique toujours pas, soudainement une nappe lumineuse rose s’est avancée depuis les Monts Olga vers Ayers Rock. Cette couleur, c’était complètement surréaliste !

Au fur et mesure que ce rayon lumineux s’approchait, Uluru s’illuminait. De secondes en secondes la roche brune s’embrasait.  

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Franchement, quoi. Ça vaut bien un réveil matinal, non ?

Le spectacle n’aura duré que quelques minutes avant que le soleil ne passe au dessus des nuages et qu’Uluru ne s’éteigne, jusqu’au lendemain.

Alors que la plupart des touristes remontent dans leurs bus pour s’arrêter au prochain point photo, on se dit qu’on va éviter de suivre le troupeau, hein. On a la journée pour nous donc autant en profiter et faire le tour du rocher à pied, ce sera plus tranquille, et c’est sûrement l’expérience la plus sympa pour découvrir ce site sacré.

Ou pas.

Mon point de vue n’engage que moi, mais j’ai trouvé que faire le grand tour à pied n’apporte rien. Alors oui, c’est sympa de se promener dans ce paysage mais voilà, ça ne casse pas 3 pattes à un canard comparé aux parcs précédents que nous avions visités. En fin de compte qu’on se le dise, les plus beaux endroits sont ceux directement accessibles en bus ou en voiture.

Et puis je le répète, même si il me semble que cette information a été largement médiatisée, mais on NE MONTE PAS sur le rocher ! Il s’agit avant tout d’un site sacré pour les aborigènes, et le minimum est de respecter leurs croyances. Payer un ticket d’entrée, aussi cher soit-il, ne te donne pas tous les droits.

Mais je m’égare, revenons à notre petite randonnée. Suite aux fortes pluies, le sentier en terre était complètement détrempé avec d’immenses flaques. Et puis, la partie où nous avons commencé n’était franchement pas la plus sympa, loin du rocher, dans les herbes… On espérait que tout le tour ne soit pas comme ça !

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D’ailleurs en parlant de ça, l’une des choses qui m’a le plus étonnée dans le centre, c’est cette protubérance d’arbres et de petits buissons. Ben… on n’est pas dans le désert là ?

Dans mon imaginaire, tous les déserts sont continuellement arides, sans arbres ni plantes et encore moins parsemés de tapis de fleurs. Et bien, figure-toi que non ! D’ailleurs, si Uluru semble plutôt perdu dans la Savane que dans le désert c’est grâce aux différentes sources présentes à la base du rocher. J’ai d’ailleurs été ‘rassurée’ de constater que nous pouvions nous en approcher à plusieurs endroits autour du rocher, les plus belles portions à mon avis.

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Après avoir terminé notre tour, nous passons au visitor center en espérant pouvoir en apprendre plus sur la culture Aborigène.

Avant de lire ce qui va suivre, je précise le contexte. Dans les années 50, les Australiens s’approprient la réserve pour y développer le tourisme sans faire fit du lieu de culte et du caractère sacré de cet endroit pour les aborigènes. Ce n’est qu’en 1985 que le parc est rétrocédé aux aborigènes mais en accordant un bail d’exploitation de 99 ans au gouvernement Australien.

Je m’attendais donc à trouver des employés aborigènes dans la réserve. Que nenni ! Malgré toutes les informations sur la culture aborigène, leurs pratiques et croyances, si tu as d’autres questions c’est une gentille Australienne qui te répondra. Étrange, mais passons, les aborigènes n’ont peut-être pas envie de travailler dans le centre culturel après tout.

Nous continuons alors notre visite dans les différentes boutiques d’artisanat local…

… où nous tombons sur une pièce, avec des femmes et des jeunes filles aborigènes réalisant des peintures artisanales à même le sol, sous la surveillance d’une Australienne non-aborigène. Peintures revendues ensuite par le parc et dont seulement une infime partie est redistribuée au peuple aborigène.

Je suis révoltée ! Cette mise en scène de l’esclavage moderne est choquante! Nous découvrirons par la suite lors de notre voyage qu’elle est malheureusement tellement représentative de la vision raciale des Australiens vis à vis des aborigènes. Alors certes, je ne connais pas tous les tenants et tous les aboutissants, mais sérieusement, j’étais hyper mal à l’aise dans ce visitor center.

C’est donc sur un bilan très mitigé de notre visite que nous quittons le parc.

Il est seulement 11h mais même s’il nous reste tout l’après-midi de libre il fait définitivement trop chaud pour visiter les Monts Olga à une soixantaine de kilomètres de là. Nous retournons au camping nous reposer et profitons de ce répit dans le programme pour planifier la suite du voyage.

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Kata Tjuta – Monts Olga


Dernière étape du marathon des levés de soleil. Le belvédère est tout autant rempli que la veille et la lassitude commence à se faire sentir. L’excitation de la nouvelle journée à venir retombe comme un soufflé mal cuit quand nous nous rendons compte que le levé de soleil n’aura pas lieu vu les nuages. Bon, bon, bon. On ne peut pas gagner à tous les coups. Cela fait partie des aléas des vacances.

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Après le ‘flop’ de la veille, j’attendais beaucoup du site de Kata Tjuta. Surtout en ayant lu de nombreux avis vantant sa beauté loin devant Uluru.

Nous avons la matinée pour nous avant de reprendre la route pour Alice Springs, nous décidons donc de faire la grande boucle de la Valley of the Winds.

Contrairement à la veille, le sentier nous amène dès le début au cœur des Monts Olga. Je trouve ça tout de suite très chouette de pouvoir nous promener au milieu de tous ces ‘monts’. Mais ma joie est vite écourtée quand je fais tomber mon reflex par mégarde…. Nooooooooooooon ! *désespoir*

Grosse, grosse, grosse frayeur. Mais plus de peur que de mal fort heureusement. Le filtre polarisant et le pare soleil sont en miettes mais l’objectif et le boîtier s’en sortent indemnes. Ouuuuuuuuf.

Lors de cette randonnée nous traversons certes, des paysages grandioses et improbables dans ce désert, mais une fois de plus je reste sur ma faim. Il faut dire que j’ai encore les paysages majestueux de Kings Canyon en tête et après avoir vu ça, difficile de faire mieux.

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En terminant la promenade, nous hésitons à faire la deuxième rando du parc, plus courte. Mais non, on ne va pas s’acharner. Il est fort peu probable que cette rando ne suffise à contrebalancer notre déception accumulée ces deux derniers jours.

C’est le cœur lourd que nous reprenons la route. Je suis déçue et je m’en veux de l’être. Je pensais m’être suffisamment préparée avant de venir en Australie pour justement ne pas fonder trop d’attentes dans certains lieux. Il faut croire que j’avais plus d’attentes que je ne pensais. Si l’on met de côté tous le ‘cirque’ malsain vis-à-vis des aborigènes, avec du recul j’estime que l’une des raisons principales à cette désillusion ait que nous ayons terminé avec Uluru au lieu de commencer par là. Les paysages des MacDonnells et de Kings Canyon sont déjà impressionnants et mettent la barre tellement haut qu’il est difficile ensuite de pouvoir apprécier Uluru à sa juste valeur. Et puis, entre nous, si autant de voyageurs trouvent ce site magnifique c’est aussi parce que beaucoup ne visitent que ça dans le centre rouge. Ils n’ont donc souvent pas d’autres points de comparaison.

Il est possible d’acheter son entrée au parc soit en ligne sur le site officiel, soit directement au guichet sur place. Le prix pour un adulte est de 25$, des forfaits sont appliqués aux familles.

Toutes les commodités, logement et nourriture, sont extrêmement chères près d’Uluru. Il y a très peu de zone de bivouac gratuites, et si tu cherches de l’ombre, oublie. Uluru ne connais pas vraiment le hors-saison, c’est très touristique toute l’année donc je te conseille de réserver à l’avance.

Lors des fortes chaleurs, les randonnées Base Walk à Uluru et Valley of the Winds à Kata Tjuta doivent être terminées avant 11h.

Plus d’informations sur le site officiel (en anglais)

Rainbow Valley


En quittant le parc d’Uluru en fin de matinée, nous réfléchissons à ce que nous allons pouvoir faire lors de notre dernière journée et surtout, où nous allions bien pouvoir dormir le soir même. Le peu que nous ayons vu d’Alice Spring ne nous donne pas vraiment envie d’y traîner plus longtemps… mais sur la route, un point attire notre attention. La réserve naturelle de la Rainbow Valley à quelques kilomètres au sud d’Alice Springs. Celle-ci est accessible par une piste… le souvenir de la Mereenie Loop nous fait hésiter quelques minutes, mais la perspective de nous amuser sur une piste est plus forte. On n’a rien à perdre à aller y faire un tour après tout !

La piste qui y mène n’a absolument rien à voir avec la Mereenie. Pas l’ombre d’une trace de tôle ondulée. Une piste sableuse, lisse, sur laquelle il est hyper agréable de conduire. Je ne me prive pas d’ailleurs pour faire joujou avec le Foodtruck !

Et au bout de la piste … le site de bivouac parfait ! Nous sommes seuls dans un cadre superbe, exactement ce dont nous avions besoin pour terminer cette petite semaine dans le red center.

Il y a même plusieurs courtes promenades à faire, d’un côté pour s’approcher plus près du rocher et de l’autre pour longer le lac asséché. Plusieurs panneaux nous mettent sur nos gardes, le site est infesté de serpents… Ce que nous avons pu confirmer vu toutes les traces dans le sable. Mais aucun n’a daigné se montrer à nous !

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Je t’avoue que je ne comprends toujours pas comment je n’avais pas pu lire d’avis sur ce petit bijou du centre avant de partir. La nuit dans ce parc a vraiment fait partie des plus beaux souvenirs de cette première semaine en Australie. Donc un conseil, si tu as un 4×4, fait ce petit détour, ça vaut le coup !

Le lendemain, après une trèèèèès longue nuit qui a fait beaucoup de bien, nous sommes gentiment remonté à Alice Springs pour redéposer notre Foodtruck, sans un petit pincement au cœur. Il faut dire que malgré sa consommation d’essence assez exorbitante, j’ai trouvé ce véhicule franchement très sympa, plus grand et plus polyvalent qu’un simple van. Puis, après une nuitée fort appréciée dans un guesthouse, nous avons repris l’avion direction la côte ouest, où nous allions passer les 15 prochains jours !

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Toi aussi tu as déjà été déçu.e par un lieu en voyage ? Raconte moi tes anecdotes !

19 commentaires sur “Red Center : Uluru, du rêve à la déception

  1. Merci pour ce récit honnête !! haha il est essentiel de donner son ressenti tel qu’il a été je trouve que tu as bien fait. J’ai moi aussi appris à ne pas mettre la barre trop haut, on est forcément déçu 🙁
    En tout cas tes photos sont superbes et cette “mésaventure” vous aura permis de découvrir un endroit superbe, dans chaque épreuve il y a du bon si je puis dire ! 🙂

    1. Merci 🙂
      Et tu as tout à fait raison, ce voyage décevant sur plusieurs points nous aura permi de prendre conscience de nos attentes sur nos voyages futurs mais aussi de prendre du recul et d’en profiter grâce nos photos (seuls dans le canapé avec du vin et sans touristes autour, le pied 😀 )

  2. oui c’est étonnant qu’il y ait eu autant de gens aussi tôt et hors saison! Le trépied est pour moi un fléau dans les endroits où il y a de l’affluence. Pour moi, il est à réserver aux endroits où on a vraiment la place de le sortit sans gêner l’autre (ton expérience avec ceux qui bousculent pour être mieux placés en est la preuve!) C’est dommage ces endroits magnifiques dont on parle trop et qui sont envahis…

    1. Quand je dis que le parking était blindé, j’ai vraiment halluciné. On n’a peut-être juste pas eu de chance et on est tombé sur le jour des excursions touristiques 🙂
      Ne sachant pas à quoi m’attendre, je pensais bêtement que le point de vue était à même le sol et non sur un promontoire créé pour l’évènement. Au final ça m’a un peu gonflé, mais j’ai fais ma psychanalyse avant d’y aller pour ne pas rajouter de la déception sur des photos pas prises, donc ça va j’ai géré sur ce point 😉

  3. J’y suis allée en juin, donc également hors saison. Temps magnifique sur les 3 jours, en dehors d’une petite averse un soir, mais très froid la nuit par contre.
    Bref, pour ma part je n’ai pas été déçue, justement parce que j’ai évité cette erreur commune qu’on fait tous à un moment donné, qui est de ne pas trop attendre d’un endroit. Je savais d’avance que ça serait très touristique, même hors saison, donc oui, ça m’a gonflé de devoir user de subterfuges pour éviter d’être trop rapidement agacée par la foule, mais ça ne m’a pas gâché mon voyage. J’ai moi aussi été un poil choquée par ces manifestations de ce qui pourrait s’apparenter à des vestiges d’esclavage, ainsi que par le fait que tout soit extrêmement cher sur place. Mais même chose, je le savais avant d’y aller, donc j’avais juste préparé le portefeuille et puis voilà.
    Comme toi, je n’ai pas vu l’intérêt de faire le tour complet du rocher d’Uluru ; je l’ai fait, et vraiment, ya toute une partie franchement longue et sans intérêt (et épuisante quand tu fais ça sous 40 degrés, car même s’il y a de la végétation, ce côté chiant d’Uluru n’a pas d’arbres suffisamment hauts et denses pour faire de l’ombre!). En revanche, j’ai adoré Kata Tjuta. J’ai fait les randos dans le sens inverse de tout le monde (et pour le coup, il n’y avait pas grand monde, même si on avait suivi le sens habituel), et j’ai aimé le côté un peu plus aventureux de certaines d’entre elles.
    En tout cas, même si j’entends bien pourquoi tu as été déçue, je continuerai de recommander cet endroit aux gens qui viennent ici en Australie (j’y vis), car avec la Barrière de Corail, ce sont vraiment des paysages que l’on voit nulle part ailleurs… C’est pour ma part ces deux endroits qui m’ont le plus épatée de par leur originalité et couleur…
    Jenny

      1. Merci Jenny 🙂
        Malgré ma déception, je recommanderais aussi ces sites à d’autres voyageurs, ca reste incontournable, tout comme la tour Eiffel ou la statue de la Liberté ! Mais comme ces derniers, entre la photo de magazine et la réalité je n’ai pas vu de différence, et je crois que c’est ce qui m’a le plus marqué. J’attendais ce petit plus, le petit truc en plus qui fait toute la différence entre une photo et la réalité.
        Je ne l’ai pas trouvé ici mais heureusement le reste de mon voyage m’a réservé d’autres belles surprises 🙂

  4. Malheureusement, c’est le lot de tous les lieux “authentiques” qui deviennent victimes de leur succès touristique. La solution, c’est de dénicher des endroits peu visités, quitte à passer à côté de l’endroit symbolique. Ou alors d’aller jeter un coup d’oeil à l’endroit symbolique, pour la photo, pour la culture et de passer plus de temps à se perdre, à se reperdre, et avoir la satisfaction d’avoir découvert par soi-même un endroit qui peut-être dans quelques années, sera à son tout victime de son succès. Belles photos, au passage.

  5. Tes photos sont sublimes et si on ne lisait pas l’article on ne devinerait pas que tu as été déçue. J’y suis allée en 2004 et 14 ans plus tard mon plus beau souvenir du red center reste Kings Canyon. Sur le coup j’avais beaucoup aimé Uluru mais ce dont je me souviendrais toute ma vie, c’est la rando dans Kings Canyon. C’est vrai qu’en terme de paysages Uluru n’est pas très varié. Je pense qu’il est plus fascinant/mystérieux que complètement wouah, et c’est ça qui fait sa popularité.
    Ça m’a aussi gêné la relation complexe aborigènes/australiens. J’ai habité un an sur place et j’ai eu la chance d’avoir des aborigènes dans ma famille d’accueil et d’étudier la culture aborigène au lycée. J’ai donc bénéficié d’une très grande ouverture d’esprit dans mon entourage mais en Australie en général le racisme et l’impérialisme envers les aborigènes est fort et c’est choquant de voir que ça existe encore en 2018. C’est LE sujet sociétal complexe de l’Australie. En France c’est autre chose. On ne peut pas être un pays parfait. En tout cas j’ai apprécié lire ton avis sur le sujet.

    1. Merci Estelle 🙂
      Finalement en lisant tous vos commentaires je constate que beaucoup on préféré Kings Canyon… mais pourquoi n’ai-je pas lu tout ça avant ???? ^^
      En effet le racisme en Australie est un problème, comme nous en avons d’autres en France et je suis bien d’accord que chaque pays a ses ‘lacunes’… je le savais avant d’y aller mais d’être confronté aussi durement c’est autre chose…

  6. Super article !! Je trouve ça super important de préciser quand on est déçu. ça m’est déjà arrivée d’être déçue par un endroit parce que j’en attendais trop. Après j’avoue que voir les aborigènes exploités comme ça j’aurais été aussi super mal à l’aise !

    1. Merci Jennifer !
      Alors je voudrais nuancer, je ne pense pas que les aborigènes étaient exploités (du moins j’espère que non !), ils récupérait bien une somme de leur travail, mais combien ?
      la culture aborigène est complexe et l’un des aspects qui crée des problèmes en Australie c’est qu’ils revendiquent le droit de ne pas avoir à travailler. Sauf qu’ils perçoivent aussi des aides de l’état… donc je pense que vendre leur artisanat est un des compromis (au milieu de tout le système très complexe).
      Après sur le fait qu’ils soient par terre, c’est une autre histoire et franchement c’est con mais j’aurais sûrement réagi différemment si ces femmes étaient attablées.

  7. 😆😆😆 LOL ! Cela rassure de voir qu’on n’est pas les seuls à être devenu allergique aux foules 😂 ! Je rejoins effectivement ton analyse sur le fait que pour véritablement apprécier un lieu mieux vaut s’y rendre sans préjugé ni attente particulière. On avait vécu la même chose en Australie mais sur la Great Ocean Road qui nous avait vraiment déçus. Pour autant, c’est cette déception qui nous avait envoyés directement dans l’Outback duquel on est tombé amoureux !

    Il faut dire que les réseaux sociaux ont tendance à standardiser à mort les émotions/expériences à ressentir dans un lieu alors que le contexte peut rendre les choses totalement différentes. On garde un bon souvenir d’Uluru car la première nuit on avait dormi en plein cœur du bush à l’extérieur du parc du côté des monts Olgas. Se retrouver seul et isolé en plein cœur du désert était à la fois effrayant et excitant. On a surtout été marqué par notre découverte de la culture aborigène dans le petit centre culturel et de son approche philosophique de la vie. Cela aura guidé une grande partie de notre voyage dans l’Ouest australien.

    Si tu étais tombé sur notre blog à l’époque 😉 😉 , tu aurais entendu parlé de la Rainbow valley. On ne sait pas vraiment expliquer pourquoi mais on a adoré aussi les devils marbles qui étaient dans ce coin. Le parc n’a rien de spectaculaire mais on avait été envouté par l’ambiance. Êtes-vous allé aussi dans ce petit parc ?

    1. Haha, non notre allergie à la foule est venue progressivement ces dernières années et nous espérions bien être tranquilles en Australie. Raté ! ^^
      On a aussi fait la GOR, et j’en retire un sentiment plus mitigé car au contraire, après 3 semaines quasi seuls, j’étais contente de retrouver un peu la civilisation 🙂 (oui je ne suis jamais contente en fait … )
      Eh bien, vous êtes les premiers à me parler de la Rainbow Valley ! en effet, j’ai raté votre blog et pourtant c’est pas faute de na pas avoir ratissé tout le web lol par contre non, nous n’avons pas poussé plus loin mais je retiens le nom si, sait-on jamais, nous étions amenés à y retourner 🙂

  8. Mouais, ça semble beaucoup plus achalandé que lors de mon passage. :/

    D’un point de vue « décors », j’avais trouvé le tout joli, mais ce n’est pas ce qui m’avait renversée de l’outback. C’est plutôt le « tout », la traversée complète, avec tous ses éléments (dont Uluru, mais pas que), le vide, le long, le silence, le rien… qui m’avaient subjugée. Vivant en Australie à ce moment-là et ayant de la famille australienne, tout cela avait forcément une signification différente que si j’y avais été dans un autre contexte. Et puis, petite « chance », nous n’avons jamais été « dans la foule »; j’en avais d’ailleurs été surprise, car Uluru et ses environs m’amenaient cette petite crainte… et puis, finalement, on était souvent seuls au monde. Même aux deux points de vue (pas de belvédère pour nous par contre), on ne devait pas dépasser la trentaine de badauds venus observer le lever et le coucher (de l’autre côté) du soleil (et on représentait 20 % de la foule à nous seuls).

    D’une part, je me retrouve à m’émerveiller facilement devant un arbuste au coin de la rue, je ne cherche donc que rarement le « wow » et n’ai pas tendance à être capable de dire que tel endroit était plus beau que tel autre. C’est mon ressenti à chaque endroit qui détermine mes impressions finales. C’est peut-être pour ça que je me suis autant émerveillée devant l’étendue d’une route sans crochets des jours durant. Et comme mon ressenti a été plus positif (alors que de mon côté, je m’attendais à moins que ça), et bien, ça a aidé pour Uluru, j’imagine.

    D’autre part, je comprends tout à fait ta réticence face à cette exploitation de la culture aborigène. Sur place, à la longue, j’ai pu en apprendre beaucoup sur tout ça et, ma foi, c’est d’une complexité incroyable tout en étant d’une évidence terrible. Tout un contexte autour, mais qui ne rend pas la chose plus acceptable.

    Comme je l’ai déjà dit dans une conversation Twitter, pour ma part, c’est Bali qui m’a laissé « neutre ». Je ne suis jamais déçue réellement d’un endroit, mais je trouve que certains sont surestimés ou déformés par l’image carte postale qu’on veut bien en faire, alors que quand on s’y attarde et qu’on met le pied à côté de la carte postale, on vit une réalité différente qui détonne avec l’aspect glamour d’une destination. J’ai adoré mon passage sur l’île, je n’avais aucune attente à la base, mais je persiste à croire qu’on met l’endroit sur un piédestal et qu’à force de le faire, on le déforme (propre et figuré). Ça reste un endroit magnifique, mais qui est un peu victime de l’image que le voyageur a eu envie d’en faire.

    Bon moi qui ne trouvais pas les mots, me voilà en train d’écrire un roman. Je m’arrête ici.

    Dans tous les cas, tes photos sont exquises. Dommage que l’expérience n’ait pas été à la hauteur de tes attentes. Ça fait partie de la vie et du voyage et je trouve très bien que tu aies pris la peine d’en parler. Un peu de « vrai », de contextuel et de personnel, ça fait du bien!

    1. Merci Bianca pour ton commentaire ! C’est toujours très intéressant d’avoir les retours et avis d’autres voyageurs.
      En effet le contexte du voyage, et nos attentes jouent énormément lors de la découverte du lieu. Même l’ambiance que tu décris, je ne l’ai pas ressenti comme ça. C’était vide… mais pas assez.
      En tout cas, ces déceptions font aussi partie des risques du voyage, risque de plus en plus présent au fur et à mesure que l’on découvre de nouveaux pays car on ne peut s’empêcher de comparer et les instants ‘wahou’ se font de plus en plus rares …
      Et depuis l’Australie nous avons visité quelques coins de France où pour le coup, j’ai été totalement subjuguée. Comme quoi, selon nos attentes, pas la peine de partir très loin 😉

  9. Moi qui t’ai vanté Kata Tjuta, je suis navrée que l’expérience que vous en ayez eu n’ait pas été à la hauteur ! Mais j’y étais en 2002… et je me souviens déjà d’une certaine foule pour le lever de soleil. Comme je ne crois pas avoir visité Kings Canyon, Kata Tjuta reste LE site ultime en Australie à mes yeux (avec le Flander Ranges, un immense cratère boisé rempli d’eucalyptus et de wallabies).

    Quant à Uluru, j’avais trouvé qu’il dégageait une belle aura mystique, mais peut-être est-ce que parce qu’à l’époque, j’avais pu faire une rando seule autour du rocher. Et comment ça, on peut encore grimper dessus ? Ça n’a pas été interdit il y a des années ?!

    J’ai eu mon lot de désillusions en voyage, le dernier étant Kyoto. Certes, tout était mignon… mais comme s’imprégner d’une ambiance quand on avance au pas de l’escargot, coincée derrière des centaines de touristes ?
    Au fil des voyages, je me rends compte qu’un beau voyage à mes yeux comporte une certaine dose de solitude et de respect des lieux traversés, impossible avec le tourisme de masse. On n’arrête pas d’en parler, mais cette année, je fais une grosse remise à plat de mes attentes vis-à-vis du voyage et je vois que toi aussi – et ça passe malheureusement par ce genre d’expérience.

    En tout cas, tes photos sont sublimes comme toujours, même si l’émotion n’était pas au rendez-vous.

    1. Tu n’as pas à être navrée, chacun ses expériences 🙂
      Je vois que la foule et le tourisme de masse rebute de plus en plus de monde … maintenant c’est clairement le critère numéro 1 pour mes vacances. Du calme et peu de gens. Ou des gens respectueux. Mais pour le moment j’avoue que ce dernier point est difficile à trouver 😉
      Finalement, le trek c’est ce qui concilie le plus mes envies …

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