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L’ouest Australien: le parc de Karijini, un bijou à l’état sauvage

Après notre semaine dans le centre rouge à découvrir les merveilleux sites d’Uluru, Kings Canyon et les MacDonnell ranges, notre périple continuait dans ce qui allait s’avérer être le plus beau souvenir de mon voyage: le parc de Karijini.

Je dois bien t’avouer qu’avant de planifier notre roadtrip, je pensais que l’ouest australien n’était fait que de désert, sans aucun intérêt. Mais après renseignements et de multiples lectures bloguesques, force était de constater que l’ouest s’avérait tout aussi intéressant que le centre en termes de paysages et d’aventure.

C’est d’ailleurs comme ça que j’ai pris connaissance du parc de Karijini. Alors que j’ignorais tout de son existence, j’ai eu ce qu’on peut appeler un coup de foudre visuel en tombant sur des photos lors de mes recherches.

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Il faut dire que cette région d’Australie, aussi grande qu’un département français et vieille de 2,5 milliards d’années, s’illustre par sa terre rouge, ses immenses gorges, ses gouffres et ses cascades. Sans oublier ses superbes piscines naturelles aux teintes émeraude nichées au cœur d’une végétation luxuriante. Une vraie oasis au milieu du désert qui abrite une faune très variée comme des kangourous et autres marsupiaux, des échidnés, des chauve-souris ainsi que plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux et autant d’espèces de reptiles, dont des goannas, des geckos, et des pythons. Des PYTHONS quoi !

Impossible de ne pas aller voir ce petit coin de paradis de mes yeux ! (oui, chez moi il y a des pythons au paradis …)

Allez, boucle ta ceinture, mets ton chapeau, tes lunettes et ton maillot de bain, c’est parti mon kiki !

Seuls sur la route …


En arrivant à Exmouth, nous rejoignons rapidement l’agence de location Wickedcampers pour récupérer notre maison pour les 15 prochains jours. Un 4×4 (RAV4) avec une tente de toit. Nous sommes en avance, la voiture n’est pas prête. Nous prenons notre mal en patience tout en sachant la longue journée de route qui nous attend pour rejoindre le parc. Alors que nous signons la paperasse, j’ai une soudaine illumination et je demande à ce qu’on fasse un test pour monter la tente. On peut dire que j’ai eu du nez car nous avons découvert que l’une des vis soutenant la structure était manquante. En gros, nous n’aurions jamais pu monter la tente … Sachant que le parc est vraiment isolé, on aurait vraiment été dans la mouise.

Le problème enfin réparé, il ne nous restait plus qu’à faire les courses et acheter de nombreux bidons d’eau avant de mettre les gaz direction le parc de Karijini.

Nous avions à peine quitté Exmouth que le dépaysement était total. Le désert tel que je me l’imaginais, celui que je n’avais pas trouvé dans le centre rouge, s’étendait à perte de vue. Seuls quelques petits buissons et des champs de termitières obstruaient épisodiquement l’horizon.

L’air était lourd, les fenêtres grandes ouvertes, la chaleur emplissait l’habitacle. Nous étions bien, seuls sur la route.

De temps en temps, des tornades de sable s’élevaient dans les airs, tournoyaient avant de s’évanouir quelques mètres plus loin.

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En fin de journée, alors que nous n’étions plus très loin de notre objectif, nous avons préféré profiter des derniers rayons de soleil pour monter notre camp sur une grande aire de repos. L’occasion d’étrenner nos jolis filets anti-mouches ! Car oui, à la saison chaude entre novembre et février, le désert est envahi de mouches prêtes à tout pour s’hydrater. Je te jure que c’est impossible de manger tranquillement sans ton filet, sans risque d’avaler 2-3 mouches en même temps. Un scénario digne des pires films de série B.

Il ne devait malheureusement pas faire assez clair pour nous rendre compte que nous étions juste à côté d’une ligne de train desservant la mine de fer géante de Marandoo quelques kilomètres plus loin. Inutile de te dire que nous avons passé une nuit pourrie, réveillés toutes les demi-heures par le sifflement du train. Bref, première tentative de bivouac ratée.

Petit aparté sur la mine de Marandoo. Il s’agit d’une des plus grandes mine de fer au monde contenant environ 80% de la totalité de fer en Australie. Malheureusement, elle traverse le parc de Karijini en son milieu et à terme, si le gouvernement ne fait rien de plus pour protéger le parc, son extension pourrait durablement altérer le paysage et la biodiversité locale. 

Malgré la fatigue, dès les premières lueurs nous quittions notre parking d’une nuit pour rejoindre l’entrée du parc, afin de profiter de ce dernier avant les grosses chaleurs de l’après-midi. Il est à peine 5h et le thermomètre affiche déjà 25°C, la journée va être longue et chaude !

Le parc étant quadrillé en plusieurs secteurs assez disparates, nous décidons de commencer par le plus proche dans la zone de Weano au nord ouest.

Les gorges d’Hancock et Weano


Dès l’entrée, le premier spot photo nous en met déjà plein la vue. D’après la brochure du parc, il s’agit de la plus belle vue du Karijini National Park et je comprends tout de suite pourquoi.

  • Oxer Lookout

Le point de vue d’Oxer Lookout offre une vue plongeante spectaculaire sur les gorges de Red, Waeno, Joffre et Hancock. Même si début décembre la saison chaude a déjà commencé, nous apercevons quelques cascades et leurs bassins dont les eaux turquoise n’attendent que nous !  De quoi nous motiver à randonner malgré la chaleur !

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  • Hancock Gorge

Parmi toutes les randonnées proposées, celle permettant de descendre dans la gorge de Hancock pour atteindre le bassin naturel de Kermit Pool nous fait de l’œil. Or elle est classée niveau 5, le plus compliqué malgré sa courte distance d’à peine 2km. J’avoue que j’hésite beaucoup car dans les gorges on sait bien qu’une averse non prévue et c’est vite la catastrophe, et surtout niveau 5 en Australie je ne sais pas trop à quoi m’attendre.

Mais ma curiosité et mon goût de l’aventure auront eu raison de moi. Et pas que ça d’ailleurs. Alors que nous descendons dans le canyon quelques centaines de mètres plus bas, mon nez se met à saigner assez abondamment. Le truc qui ne m’était pas arrivé depuis mes 10 ans ! Aaaaah, les joies de l’Australie, sa chaleur et les limites de notre corps peu habitué à ces conditions un peu plus extrêmes …

Heureusement, il en faut plus pour m’empêcher de profiter de la balade et des paysages grandioses qui s’offrent à nous ! Je comprends rapidement pourquoi la randonnée est de niveau 5. Elle n’est pas compliquée, mais au fur et à mesure que nous nous enfonçons, la terre laisse place à des plaques de roche très glissantes. Certains passages sont très acrobatiques et nécessitent même d’enlever nos chaussures pour traverser les bassins. Pour le coup, heureusement que nous ne sommes pas en période de cru, car l’exercice s’apparenterait alors sûrement plus à du canyoning !

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L’avantage c’est qu’au fond des gorges, grâce à l’ombre des parois et la fraîcheur de la roche il fait très bon. Par contre, l’eau des bassins est un chouilla fraîche, et puis sait-on jamais, il y a peut-être des serpents au fond … brrrr.

Comme nous avions déjà pu le constater vers Uluru, les durées indiquées pour les randonnées sont très (très très) large. Ayant terminés la randonnée en 1h au lieu des 1h20 indiqués, nous en profitons pour enchaîner sur une deuxième rando, dans la gorge de Weano cette fois.

  • Weano Gorge

Le décor est très similaire à la gorge de Hancock mais ici, la descente jusqu’à la grande piscine naturelle dite Handrail Pool est très sportive ! Alors qu’on progresse dans un couloir très étroit sans trop savoir où l’on va, d’un seul coup le couloir s’arrête net avec en dessous le vide et la piscine géante. Pour cette randonnée, c’est surtout l’arrivée au bassin qui est très impressionnante car on descend quasi en rappel le long de la paroi sur quelques centaines de mètres. Heureusement, il y a des rampes pour s’aider, mais il vaut mieux avoir le pied sûr.

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Si tu as envie de faire trempette c’est clairement LE bassin où aller. Tu ne seras sûrement pas seul.e mais le bassin est grand, donc peu de risque de se marcher dessus. Malgré notre réveil matinal, il est encore un peu tôt pour nous poser et nous préférons continuer notre visite du parc.

Knox Gorge


Contrairement aux précédentes gorges de Hancock et Weano, très minérales, ici la végétation est omniprésente. Difficile de penser que toutes ces gorges ne sont distances que de quelques centaines de mètres tellement les paysages sont différents !

J’espère secrètement voir un python, mais j’ai beau scruter toutes les branches des figuiers que nous croisons, pas un seul serpent à l’horizon. Zut. Ou pas. Question de point de vue.

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Au fur et à mesure de notre progression, alors que la gorge se rétrécit de plus en plus, les eaux de la petite rivière se font plus profondes, nous forçant à grimper le long des parois. Au milieu de ces falaises abruptes vieilles comme le monde, je me sens bien petite. Encore une fois, je suis émerveillée par ce paysage. Je ne regrette absolument pas d’avoir forcé convaincu mon co-voyageur de faire ce détour, et lui non plus d’ailleurs.

Cette zone étant bien moins fréquentée que les autres, nous décidons de nous poser près d’un bassin pour l’après-midi afin de profiter de la fraîcheur ambiante et s’adonner à quelques brasses.

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Puis, quand la chaleur extérieure est devenue un peu plus supportable, nous avons rejoins le camping situé dans la zone des gorges de Dales à l’est du parc. Ne t’attends pas à du grand luxe, à part une place de camping (à l’ombre si tu as de la chance) et des toilettes sèches, ici il n’y a absolument rien. Ni douche, ni eau (même pas potable), et encore moins de quoi trouver à manger. C’est clairement le trou du cul de l’Australie.

Mais c’est exactement ce qu’on recherchait en venant ici.

Donc, même si je saigne de nez en intermittence depuis le matin, et même si toute notre réserve d’eau est à température ambiante et même si je doute de la provenance de ma nouvelle couleur de peau, entre bronzage express ou couche de crasse poussière, eh bien je suis heureuse. Enfin, sauf quand tu avales 3 mouches alors que tu tentes de boire de l’eau à 30°C pour te désaltérer quand il fait 45°C à l’ombre (et 50°C dans la voiture), faut pas pousser mémé dans les orties acacias 🙂

Non sérieusement, lors de ces 3 jours nous vivons dans des conditions extrêmes. La ville la plus proche est à 100km, il serait mal venu de tomber en panne ou d’avoir un accident. Mais au fond de moi, je me sens bien ici loin de tout. Et même aujourd’hui, en écrivant cet article et en me remémorant tous ces souvenirs je sens cette pointe de nostalgie refaire surface et je me verrais bien retourner là-bas un jour… De mon point de vue très subjectif, ce parc fait clairement partie des plus beaux paysages qu’il m’ait été donné de voir jusqu’à présent.

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Notre emplacement de camping avec de l’ombre, le grand luxe !

Les gorges de Dales et ses cascades


Une chose qui m’a marquée en Australie et que l’on ne peut se figurer en France, c’est d’être réveillée tous les matins par les mélodies totalement exotiques des oiseaux. C’est plutôt surprenant les premiers jours quand tu ne sais pas d’où vient le bruit, s’il s’agit d’un oiseau, d’un reptile ou autre surtout quand certains ‘chants’ ressemblent plus à des bruits de macaque qu’au piaillement de nos petits moineaux.

C’est donc grâce à ces chants que ce matin là, emmitouflée au chaud dans mon duvet, j’ai pu contempler à ma guise le lever du soleil du haut de mon promontoire. Oui, tu as bien lu. Emmitouflée. Parce que dans le désert, si les températures peuvent atteindre les 45°C en journée, elles peuvent aussi descendre à 10°C la nuit. Soit une différence de 35°C … Frileuse un jour, frileuse toujours, j’ai réussi à choper un gros rhume à cause de ça, cela dit en passant.

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Pour cette dernière matinée dans le parc nous partons donc aux aurores afin de nous éviter la cohue (tout est relatif, hein) des visiteurs dans la gorge la plus prisée du site. Au programme, une jolie boucle d’environ 2h nous menant de cascades en cascades.

  • Fern Pool

Le premier bassin est rapidement atteint. La cascade n’est pas impressionnante mais le cadre est magnifique, surtout avec la luminosité matinale. Le long du sentier, à défaut d’avoir pu voir des pythons, nous sommes tombés quasi nez à nez avec des chauves souris ! Je n’en avais jamais vu autant, d’aussi près. Tu vas me trouver bizarre… mais qu’est ce que c’est mignon comme animal !!!

Je n’ai pas pris de photos de tous les animaux que nous avons croisés lors de notre séjour dans ce parc car je n’ai pas toujours été assez rapide, mais je confirme que la vie sauvage est bien présente, pour peu que tu sois un minimum silencieux et que tu prennes le temps de regarder autour de toi …

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  • Fortescue fall

Nous revenons ensuite sur nos pas pour rejoindre la plus célèbre des cascades du parc, celle que tu vois sûrement sur toutes les photos, celle qui m’a donné envie de découvrir ce parc à mon tour. Franchement, c’est pas sublime ça ?

Je suis presque déçue de ne pas avoir inversé l’ordre de nos randonnées car je me serais bien vu passer mon après-midi ici…

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  • Dales Gorge et Circular Pool

Pour rejoindre le dernier bassin, Circular Pool, deux options s’offrent à nous. La randonnée dans le gorge, la plus difficile mais la plus jolie, ou la randonnée le long de la gorge sur les falaises. Je ne peux te dire à quoi ressemble celle sur les falaises, mais la randonnée dans la gorge est vraiment à faire de mon point de vue. Je crois que j’ai épuisé tous les qualificatifs et adjectifs pour décrire la beauté de ce parc donc plutôt que de me répéter, je te laisse en juger par toi même avec ces photos.

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C’est sur ces magnifiques paysages que nous quittons le parc, direction Exmouth et le Ningaloo Reef où nous poursuivons la suite de notre roadtrip dans l’ouest de l’Australie.

Informations pratiques


Tarif et horaires du parc

Comme pour la majorité des parcs de l’ouest australien, l’entrée est payante et le prix dépend du type de véhicule et du nombre de passagers.

Typiquement, pour un véhicule contenant jusqu’à 12 personnes l’entrée est de 13$ par jour par véhicule.

Cependant, si tu comptes visiter plusieurs parcs durant ton séjour dans l’ouest, il peut être avantageux d’acheter le Holiday Pass à 46$ qui permet un acccès illimité à la plupart des parcs de l’ouest.

Bien que le parc soit ouvert toute l’année, le visitor center ferme pendant la saison estivale (décembre-février).

Logements

Il existe plusieurs types de logement dans le parc.

  • Camping dans la zone de Dales : il s’agit du camping géré par le parc. Il comprends de nombreuses places de camping, la plupart avec un peu d’ombre ainsi que plusieurs toilettes sèches. Le prix est de 8$ par personne.
  • Camping EcoRetreat dans la zone de Weano: il s’agit d’un camping privée proposant de simple emplacements de campings pour la modique somme de 20$ par personne, ou des logements plus luxueux avec toutes les commodités (douches …) à partir de 179$ pour deux personnes.

Tu peux aussi loger à la ville la plus proche, Tom Price, située à 1h30 du parc.

Meilleure période

Avec un climat semi-tropical, la meilleure saison pour visiter le parc s’étend de mai à fin septembre quand les températures sont les plus clémentes, que la lande est en fleurs et que les animaux sont plus facilement observables. C’est donc forcément aussi la saison la plus touristique …

En été (hiver en France), les températures peuvent facilement atteindre les 45°C en journée alors que les nuits peuvent être très fraîches (je confirme…). De plus, c’est aussi la saison des cyclones et des orages pouvant rendre certaines zones du parc inaccessibles. Le visitor center est aussi fermé à cette période.

Accès

Le parc étant très isolé, la meilleure solution consiste à y aller en voiture. A titre d’exemple, depuis Exmouth, il y a 630km, soit environ 8h de route et depuis Broome 960km, soit presque 12h de route.

De part son isolement, il convient d’être bien équipé avec énormément d’eau, de la nourriture, des protections solaires mais aussi des vêtements chauds pour le soir. Si tu visites le parc en été (décembre-février), n’oublie pas ton filet à mouche !

Liens utiles

Tu avais déjà entendu parler de Karijini ? C’est comme ça que tu te représente l’Australie ?

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Tags : Récits de voyageRoad-tripWestern Australia

4 commentaires

  1. Merci pour toutes ces informations. Ça va nous aider à organiser notre voyage 🙂 Ça donne envie d’y aller !

  2. L’Australie est tellement magnifique..Je rêve d’acheter un van et de vadrouiller pendant au moins 1 an à travers ces différentes régions…

    1. Je te souhaites de pouvoir le faire un jour ! Perso, 6 semaines à la suite pour moi c’était laaaaargement suffisant. Au final, par rapport à la surface du pays, il n’y a pas tant de jolis coins. disons qu’il faut faire beaucoup de route pour visiter les parcs et certains se ressemblent beaucoup. Mais quand tu as un an tu voyages aussi différemment, une autre expérience 🙂

Commentaires

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