Vents & Voyages

Randonnée Raquettes au Chasseral

Mis à jour le

08 février 2022

Cette année, à l’occasion de notre week-end hivernal annuel en Suisse, nous avons misé sur une randonnée en raquettes dans une région du Jura que nous ne connaissions pas encore. Situé dans le canton de Berne, juste à la frontière avec celui de Neuchâtel, le Chasseral n’attendait plus que nous !

Culminant à plus de 1600 mètres, il s’agit du 4ème plus haut sommet du Jura Suisse. Plusieurs sentiers de raquettes permettent d’y accéder, soit depuis le lieu-dit des Savagnières, soit depuis Saint Imier. Cette deuxième option est plus sportive que la première mais je peux déjà te dire qu’elle en vaut la peine !

Prends ta cagoule et suis moi dans les paysages nordiques du Jura !

Randonnée raquettes au Chasseral - en résumé

Départ / Arrivée:

Villeret

Durée:

6h30

Distance:

18,3 km

Dénivelé :

1000m

Difficulté:

Difficile (3/5) / T2

L'ascension par la Métairie des Plânes

Nous quittons le parking vers 9h30. Villeret n’étant qu’à 700m d’altitude, le neige n’est pas présente aussi bas. 

Alors que j’accroche mes raquettes à mon sac à dos, le co-randonneur, confiant, mise sur les températures négatives des derniers jours pour espérer marcher sur de la neige gelée. 

J’avais pris de soin de repérer le tracé à l’avance sur le site du Club Alpin Suisse. Je prévoyais ainsi de passer par la Combe Grède afin d’éviter de faire une trop grande boucle.

Ce que je n’avais pas prévu, c’est que ce sentier, bien que décrit en tant que rando raquettes sur le site du CAS, est fermé l’hiver ! En même temps, avec un nom pareil j’aurais pu m’en douter… 

En effet, cette combe n’est rien d’autre qu’une grande faille rocheuse, ou un ravin si c’est plus parlant. Je n’avais pas vérifié les photos du site avant car j’aime me laisser la surprise, mais il s’avère que ce sentier classé en blanc-rouge-blanc comprends quelques portions avec main courante sur les parois de la falaise et des échelles. L’hiver avec la roche verglacée et glissante c’est clairement pas le meilleur plan, en effet.

Comme nous n’avons pas envie de jouer avec nos vies, tant pis, nous prenons le grand détour par la Métairie des Plânes. 

La première partie en sous-bois, à l’ombre et plutôt pentue, n’est franchement pas la plus agréable. Il fait froid, il n’y aucune vue et mes fesses qui ont privilégiées (contre mon accord, que ce soit bien clair!) le développement de leur masse graisseuse ces derniers mois, me tirent vers le parking plutôt que vers le sommet. Plus que 15km, ça promet !

randonnée raquettes au chasseral
paysage hivernal en forêt

Après une bonne suée, nous arrivons enfin à découvert. La neige est bien présente et même si pour l’instant elle semble assez solide pour y marcher sans les raquettes je préfère ne pas prendre le risque. Je me souviens trop bien de ces fois ou ton pied se dérobe dans un trou jusqu’au genou, et crois moi ce n’est pas le genre d’expérience que je souhaite retenter !

Nous continuons ainsi l’ascension dans un cadre bien plus sympathique jusqu’au lieu-dit de la Métairie des Plânes. 

Autour des nous, dans le froid polaire, les arbres givrés scintillent sous les doux rayons lumineux de l’hiver. 

Je ne résiste pas à tous ces jeux d’ombre et ces rayons de soleil qui jouent à cache-cache entre les arbres ! 

randonnée raquettes au chasseral
randonnée raquettes au chasseral
randonnée raquettes au chasseral

Nous rejoignons le sentier de la Combe Grède et quand je vois à quoi il ressemble depuis le belvédère, je suis bien contente de ne pas avoir tenté le coup ! 

Nous redescendons ensuite un petite centaine de mètres le long d’un dévers très étroit (et glissant à cause de la neige molle) jusqu’au Pré aux Auges. De cette clairière nous jouissons d’une magnifique vue sur l’Egasse, une petite montagne juste derrière nous. 

randonnée raquettes au chasseral

A partir de là nous avons plusieurs choix pour réaliser la boucle de la randonnée en raquettes qui mène au Chasseral. Soit à droite, soit à gauche ! 

Ne voyant aucune trace à droite nous optons pour le sentier le long de la combe sur notre gauche, déjà emprunté par plusieurs randonneurs et skieurs avant nous. 

A savoir, le sentier à gauche est plus long mais avec une pente plus douce que celui vers la droite…

Cela fait déjà plus de 2h que nous randonnons et nous n’avons réalisé que la moitié de l’ascension et pourtant je suis déjà claquée ! Le régime fondue-raclette de ces derniers mois n’est clairement pas mon ami ce jour là !

Nous profitons de quelques rochers au soleil pour nous octroyer une petite pause régénérante dans un cadre ma foi fort sympathique, entourés de sapins encore givrés.

randonnée raquettes au chasseral

C’est avec un peu plus d’énergie que nous reprenons la route. Jusqu’à présent le pari du co-randonneur s’avère payant puisqu’il n’a pas eu de problème à marcher sur la neige bien tassée et bien gelée. 

J’en suis presque à regretter de les avoir prises, mais je les ai, je les garde !

Quelques kilomètres plus tard alors que nous sortons de la Combe, les sapins se font plus rares et le paysage bien plus désertique. 

De la neige à perte de vue, rien que de la neige ! Je crois bien n’avoir jamais vu de paysage si immaculé ! C’est tellement beau, je n’en reviens pas !

Il est déjà 13h et nous savons qu’il nous reste une dernière grosse ascension pour rejoindre le Chasseral.

Quelques minutes plus tôt nous hésitions à faire demi-tour compte tenu de ma petite forme et de l’heure déjà bien avancée, mais là en voyant ce paysage No Way !

J’allais en chier, clairement, mais je me doutais que le plus beau restait à venir.

randonnée raquettes au chasseral
randonnée raquettes au chasseral
randonnée raquettes au chasseral

Après une première montée au milieu d’énormes congères gelées nous arrivons sur un grand plateau tout blanc, où la neige s’est figée au contact du vent glacial. 

J’adore l’hiver et l’ambiance féérique de la neige et cette randonnée raquettes au Chasseral confirme mon engouement pour ces paysages éphémères !

Au bord du plateau nous découvrons (enfin!) l’endroit de notre salut quelques mètres plus haut. Lentement mais sûrement, j’avance vers la délivrance. 

paysage hivernal au chasseral
paysage hivernal au chasseral
paysage hivernal au chasseral

Descente par l'hôtel du Chasseral

Enfin ! 10 km et 900m de dénivelé plus tard, nous y sommes ! 

Depuis le sommet du Chasseral nous profitons de la vue panoramique à 360° autour de nous. 

Nous avons de la chance, avec ce grand ciel bleu, le panorama est bien dégagé. nous pouvons ainsi contempler la région dite des 3 lacs avec le lac de Bienne à gauche, le grand lac de Neuchâtel qui s’étend vers la droite et le plus petit (mais non moins joli) lac de Morat au fond. Le tout sur fond de pré-Alpes dont on devine les sommets derrière la couche de nuage.

De l’autre côté, l’on distingue la chaîne du Jura qui se confond avec l’horizon. 

Il parait que l’on peut aussi voir les Vosges, mais je serais bien incapable de te dire si c’était le cas ce jour là.

Toujours est-il que c’était beau. Et venteux !

Mais beau.

Mais venteux. Donc on n’a pas trainé avant de repartir. Surtout qu’il était 14h et que les panneaux nous indiquaient 2h30 pour rentrer. On n’avait pas de temps à perdre !

vue depuis le chasseral
vue depuis le chasseral
vue depuis le chasseral

Nous entamons donc notre descente en direction de l’hôtel du Chasseral et son parking (blindé !) en cette belle journée ensoleillée.

Et alors que tout allait pour le mieux de mon côté, le co-randonneur a quant à lui, sacrément galéré pour descendre une pente relativement raide, en devers et glacée. 

Au moins, pendant qu’il galérait, cela me laissait le temps d’admirer ces sapins tous blancs figés dans la neige. A défaut d’aller en Laponie, c’est la Laponie qui s’est invitée dans le Jura ce jour-là ! 

paysage enneigé au chasseral
paysage enneigé au chasseral
paysage enneigé au chasseral
paysage enneigé au chasseral

Nous rejoignons ensuite rapidement les sous-bois jusqu’au Pré aux Auges. De là, au lieu de reprendre le chemin du matin, nous prenons un chemin un peu plus direct vers Villeret, à l’est de la Combe Grède.

Moi qui pensais en avoir terminé avec les montées… cette dernière centaine de mètre m’aura achevée ! Surtout que contrairement au matin, en milieu d’après-midi la neige était bien plus molle et donc bien plus glissante. Ce n’était tellement pas pratique que j’ai préféré dé-raquetter. 

A la sortie du sous-bois nous suivons aveuglément les traces d’un autre randonneur jusqu’à la route menant à Villeret car la signalétique est soit inexistante, soit cachée par la neige. 

Finalement nous arrivons à 16h tout pile, acclamés par les cloches du village ! 

En conclusion cette randonnée raquettes au Chasseral a été une très belle découverte. Nous avons pu apprécier des paysages hivernaux très différents de ceux par chez nous ! 

le chasseral en suisse
le chasseral en suisse
randonnée raquettes au chasseral
le chasseral en suisse

Informations pratiques

Il existe plusieurs points de départ pour cette randonnée. Soit au parking du domaine skiable des Savagnières, soit à Saint Imier, soit à Villeret.

La randonnée depuis les Savagnières permet de monter au Chasseral mais est plus courte et moins compliquée.

Les parkings sont gratuits.

L’hôtel du Chasseral situé à quelques mètres du sommet (avec un parking) permet de se ravitailler.

Il s’agit d’une randonnée de relativement difficile. En hiver la difficulté est subjective selon le type de neige. Clairement si la neige avait été plus fraiche sans aucune trace nous aurions encore bien plus galéré ! 

Prévoir raquettes ou a défaut des crampons pour certains passages glacés.

Nous avons réalisé cette boucle sportive depuis Villeret mais il est possible de réaliser une boucle plus petite et plus simple depuis Les Savagnières.

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pinterest chasseral
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3 réflexions sur “Randonnée hivernale en raquettes au Chasseral”

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