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4 jours de trek au cœur du Beaufortain

L’avantage de l’été c’est qu’il y a plein de longs week-ends pour aller randonner. L’inconvénient, c’est qu’on n’est rarement les seuls à avoir la même idée. Alors, quand on a un week-end de 4 jours et qu’on cherche un coin tranquille, sauvage et pas hyper touristique dans les Alpes à cette période c’est quasi mission impossible. Notre botte secrète ? On réfléchit aux fromages dont on aimerait faire quelques provisions ! (#lefromagecestlavie #legrasaussi) C’est donc comme ça que notre gourmandise nous a menés tout droit vers le massif du Beaufortain, zone d’appelation d’origine contrôlée du Beaufort, situé en Savoie et qui ne semblait à première vue pas trop convoité ni des randonneurs ni des touristes. Comme aucun GR existant ne correspondait à nos exigences, ni une, ni deux, nous avons tracé notre propre boucle afin de réaliser un trek de 4 jours au coeur du massif du Beaufortain.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que niveau paysages sauvages et solitude on a été servi ! Un vrai bonheur.

En résumé


Type : Boucle
Distance : 77km
Dénivelé + total: environ 5000m 
Durée : 4 jours
Difficulté: Moyen – Difficile selon les étapes
Départ: Le parking du col du Pré
Le parcours : Beaufortain

Jour 1 – Du col du Pré au lac d’amour


Distance : 17km
Durée : 5h
Dénivelé positif : 1100m

Nous commençons ce trek dans le Beaufortain de façon stratégique au col du Pré afin de pouvoir terminer le dernier jour à Beaufort (et donc faire des provisions en fromage si tu as tout suivi). On aurait aussi pu commencer à Beaufort, mais le dénivelé aurait été trop important pour rejoindre le lac d’Amour. 

Après une rapide ascension en forêt, le sentier débouche sur des champs avec un panorama incroyable sur le lac de Roselend et les sommets blancs du massif voisin, le Mont Blanc. Je crois que c’est la première randonnée qui m’offre une vue aussi impressionnante en si peu d’effort !

lac roselend

Après 15 000 photos, nous continuons sur les crêtes de la roche parstire et, alors que je suis toujours obnubilée par le paysage à ma gauche, un nouveau lac, le lac de Saint Guérin, attire mon attention sur ma droite.

alpes-lac-saint-guerin

On peut déjà dire que ce trek commence bien avec de superbes paysages. C’est tellement beau qu’on en profite pour casser la croûte devant ce panorama avant de poursuivre vers un autre lac, le lac des fées. Nous nous félicitons de nous être arrêtés plus tôt car les berges de ce lac accessible en voiture sont bondées de familles !

beaufortain-montagnes

alpes-lac-des fées

Nous fuyons donc rapidement cette foule et nous suivons la route en plein soleil jusqu’au Cormet d’Arêches d’où nous bifurquons vers la croix du berger. Une montée très rapide pour une très jolie vue sur les massifs environnants et les petits lacs éparses au milieu des alpages.

Le sentier nous mène ensuite au plan de la marmotte où les nuages noirs nous font craindre du pire pour la soirée…

col du coin
alpes-col-de-croix
plan de la marmotte

Nous terminons par le col du Coin avant de rejoindre le lac d’Amour en milieu d’après-midi.

Le lac est sublime !

Entre sa couleur aux reflets émeraudes et son cadre jouant sur les deux tableaux, alpin et minéral, c’est sans aucun doute l’une des très belles surprises de ce trek.

J’aurais volontiers piqué une petite tête si l’eau n’avait pas été si froide (et si je n’avais pas vu les tétards gigotants au fond !). A la place, j’en ai profité pour prendre pleiiiiin de photos du site sous toutes les coutures.

lac d'amour savoie
lac d'amour savoie
lac d'amour beaufortain

Comme nous étions les premiers arrivés, nous avons pu choisir le meilleur spot de bivouac et faire une toilette tranquille. Et nous avons bien fait car les bivouaqueurs sont arrivés en masse en fin d’après-midi. 

Aparté : Si toi aussi tu veux bivouaquer près d’un lac ou ailleurs, et que le spot que tu convoitais est déjà pris, fais preuve de courtoisie et trouve un autre endroit un peu plus loin. Pas la peine de monter ta tente à 2 mètres de l’autre (je n’exagère pas !). 

Jour 2 – Du lac d’amour au refuge de la Balme par la Combe de Neuva


Distance : 22km
Durée : 7h
Dénivelé positif : 1230m

Après une très mauvaise nuit à cause de nos voisins très bruyants jusqu’à pas d’heure, le lever a été un peu difficile, surtout sous la brume. 

Mais à peine avions nous entrepris l’ascension du col du passeur de la Mintaz, au pied de l’imposante Pierra Manta, que les rayons du soleil se faufilaient entre les nuages pour illuminer les sommets. Magnifique !

lac d'amour
alpes-lac damour
lac d'amour soleil

Alors que le ciel se dégageait derrière nous, les nuages semblaient s’amonceler juste au dessus de notre tête. La montée jusqu’au col n’est pas compliquée en temps normal, mais là, dans la brume et le vent c’était loin d’être une partie de plaisir. J’étais bien contente d’avoir prévu mon cache cou et mes gants ! Même les chamois posés là ne semblaient pas particulièrement apprécier la météo.

Heureusement que la vue du col était plutôt agréable ! 

passage de la mantaz

La partie suivante pour rejoindre le refuge de Presset est assez raide et escarpée, du moins sur les premiers mètres. Mais nous étions finalement abrités du vent donc nous n’avons pas trop soufferts. Nous pouvions à loisir contempler le paysage minéral qui s’étendait devant nos yeux. 

beaufortain refuge presset
lac refuge presset

Au refuge de Presset, quel accueil ! C’était l’after chez les marmottes et les bouquetins ! Mais j’avais bien trop froid et les doigts bien trop gelés pour prendre des photos … pas étonnant à 2500 mètres, surtout vu les névés encore présents à cette période de l’année. Nous n’avons donc pas traîné et avons continué l’ascension jusqu’au col du Grand Fond pour entrer dans la zone dite de la Combe de Neuva.

Et là, la claque !

Un panorama glaciaire et minéral à l’infini. Malgré le temps toujours brumeux, les roches de multiples couleurs contrastaient avec la neige. A notre droite, un imposant mur de roche et de pierre se dressait, infranchissable. Alors qu’à notre gauche un vaste alpage verdoyant s’étendait.

Je n’ai pas de mots, c’était juste beau. 

beaufortain-combe-neuva
beaufortain-combe-neuva

Plus nous progressions et plus la roche laissait place à un tapis de verdure parsemé de fleurs sauvages au milieu duquel nous pouvions voir les marmottes jouer et s’occuper de leurs petits. C’était adorable ! 

Plus loin nous redescendons de notre promontoire rocheux pour rejoindre une petite rivière cristalline, à point venu pour faire un brin de toilette et se rafraîchir, alimentée par plusieurs cascades sauvages. 

alpes-combe-neuva

Le soleil semblait nous suivre mais devant nous la pluie nous précédait … les gros nuages au dessus du Mont Blanc et surtout vers le prochain col ne me réjouissaient pas.

Au moment où nous avons rejoins la route, on s’est dit que ce serait pas mal de faire une pause déjeuner le temps de laisser les nuages s’éloigner. Juste avant l’ascension jusqu’au col du Bonhomme c’était plutôt pas mal stratégiquement parlant … mais c’était sans compter sur les caprices de dame nature et de la pluie qui nous est littéralement tombée dessus à peine étions nous bien installés, le réchaud en marche … #epicfail.

HEUREUSEMENT, il y avait un endroit pour se protéger pas très loin. On a donc mangé debout, nos portions froides et en quatrième vitesse pour ne pas geler sur place. Et je te le donne en mille, pile quand on a décidé de repartir, ben l’averse s’est terminée. Dans le genre, pas de bol, on n’aurait pas fait mieux.

col du bonhomme

Si tu te souviens, je t’avais dis qu’on avait choisi ce massif pour sa tranquillité … sauf qu’on n’avait pas capté qu’une portion de ce trek dans le Beaufortain empruntait le même sentier que le célèbre Tour du Mont Blanc (ou TMB pour les intimes).

Bref, l’ascension jusqu’au refuge du Bonhomme n’était déjà pas simple en soi, mais c’est encore pire quand tu croises une petite centaine de personnes (oui, oui j’ai compté) qui n’ont absolument aucun respect ni aucune connaissance des règles simples du randonneur. Désolée de dire ça, je n’aime pas généraliser, mais là on est tombé sur un vrai troupeau de touristes en train de faire le TMB. Du genre qui s’étale sur tout le sentier, qui ne te laisse pas passer, aucun bonjour… Les incivilités type dont je parle dans cet autre article… Bref, si tu comptes faire cette boucle, ces quelques kilomètres ne sont clairement pas les meilleurs du parcours.

Juste le temps de refaire le plein d’eau au refuge du Bonhomme (qui très honnêtement ressemble plus à un hôtel pour randonneurs qu’à un refuge avec son esprit chaleureux et convivial …) et nous repartons.

La descente n’est guère mieux que la montée. Bien trop de monde sur ce sentier. En même temps, difficile de leur en vouloir à ces randonneurs, les paysages sont sublimes, on a tous le droit d’en profiter.

beaufortain
beaufortain

La journée est longue, et nous qui hésitions à bivouaquer aux lacs jovets, on a finalement préféré continuer vers le refuge de la Balme, nous doutant que nous ne serions pas les seuls là haut. La nuit précédente nous avait un peu vaccinés. Et puis, si on peut s’éviter un peu de dénivelé…

L’heure tournait et on espérait trouver rapidement un charmant coin de bivouac. Au pire, on aurait tenté le refuge de Balme. Mais une bonne surprise nous attendait à côté de ce dernier. Un coin de bivouac gratuit, aménagé avec des toilettes et de l’eau potable et dans un cadre magnifique ! Le paradis ! Je ne sais pas qui est à l’initiative de ce site, mais un grand merci. Je pense qu’il en faudrait plus pour éviter que certaines zones ne soient saccagées.

Même si le site de bivouac de la veille était top, celui là était bien un cran au dessus !

refuge balme bivouac

Jour 3 – Du refuge de la Balme au lac noir


Distance : 21km
Durée : 8h
Dénivelé positif : 1290m

Cette troisième journée commence par l’ascension jusqu’au col de la Fenêtre, toujours dans un décor très minéral et alpin, parfaitement mis en valeur par les rayons matinaux du soleil.

col de la fenetre
savoir beaufortain
alpes-col-fenetre

Depuis le col de la Fenêtre nous longeons la crête jusqu’au col de Joly et la station des Contamines-Montjoie. Le Mont Blanc se dresse juste devant nous, c’est magnifique (oui, je n’arrête pas de le répéter …).

Bon, en vrai on s’est planté, on n’aurait pas dû aller jusque là et couper à travers, mais c’était beau donc je ne me suis pas plainte.

savoir-mont-blanc

Par contre, il a ensuite fallu longer toute la route ! Il faisait chaud, j’avais soif, on espérait trouver un snak bar ouvert à la station du Joly. Mais pense-tu … c’est donc en traînant la langue qu’on est remonté jusqu’au lac artificiel de la Girotte en espérant y faire le plein.

Et fort heureusement on y a trouvé un abreuvoir ! Comme quoi les vaches ne servent pas qu’à faire du fromage, elles permettent aux randonneurs de trouver des points d’eau sur le sentier ! (oui parce qu’à chaque fois en rando en France on finit par se ravitailler dans un abreuvoir. De là à dire qu’il y a un sacré problème pour les randonneurs et les touristes pour trouver de l’eau gratuite en montagne … #nocomment ).

lac de la girotte

Ré-hydraté, nous profitons du cadre agréable pour notre pause déjeuner avant de poursuivre jusqu’au petit lac noir ou nous avions prévu de passer la nuit. Maintenant que je n’avais plu ni faim ni soif, je pouvais enfin profiter du paysage majestueux.

Ces alpages fleuris et cette vue sur le Mont Blanc je n’en revenais pas !

beaufortain
Alpes-beaufortain

En arrivant au lac, force fût de constater que malgré la beauté du site,  le terrain n’était pas du tout propice au bivouac. Aucune zone plate, sans rochers, sans trous dans l’herbe. Et en plus il y avait des moustiques.

Bon, bon, bon. Ça ne nous enchantait pas, mais il a bien fallu admettre qu’on ne pouvait rester là.

alpes-lac-noir-beaufortain

Il est encore tôt alors tant pis, on repart sans savoir où on va se poser, l’aventure, la vraie !

(En vrai, le gros stress !)

Finalement, à peine quelques kilomètres plus loin, nous trouvons le spot parfait. Il y a de l’eau mais surtout un grand tapis de verdure toute douce avec une vue impériale sur les sommets au loin. 

bivouac beaufortain

Jour 4 – Du lac noir au col du Pré


Distance : 18km
Durée : 6h
Dénivelé positif : 1170m

Pour ce dernier jour, nous repartons du campement à la première heure, direction la ville de Beaufort pour le ravitaillement en fromage.

Nous profitons de la belle luminosité matinale pour admirer le magnifique panorama sur les montagnes depuis le pas d’Outray puis nous redescendons tranquillement par la forêt.

pas d'outray
pas d'outray

Après une bonne grosse pause à Beaufort (ben oui, on n’allait pas acheter du fromage sans le goûter, tu comprends bien … ) les derniers kilomètres d’ascension auront presque eu raison de nous !

Note à nous même : ne JAMAIS terminer un trek par une ascension de 1000 mètres. Et encore moins en pleine digestion ! 

beaufortain savoie

En résumé, ces quatre jours nous aurons permi de découvrir des paysages alpins et sauvages différents de ce que l’on connaissait, et surtout pas encore trop fréquentés. Une bonne adresse à retenir pour nos prochains étés …

Informations complémentaires


  • Comment venir ?

Pour rejoindre le départ de la randonnée, tu as plusieurs options:

    • en voiture où tu pourras te stationner sur le parking gratuit au niveau du col.
    • en train / TGV jusqu’à Albertville puis transfer en bus jusqu’à Beaufort.
    • en avion, l’aéroport le plus près est celui de Genève à 105km ou Lyon à 155km.
  • Où loger et se ravitailler ? 

De nombreux refuges jalonnent ce parcours, où tu pourras te ravitailler ou dormir. Ce trek dans le Beaufortain ne traversant aucune réserve naturelle, aucune restriction particulière n’existe quand au bivouac dans ce massif si ce n’est de respecter les même règles qu’ailleurs concernant le bivouac, les déchets et l’installation du campement. 

Je te conseille de visiter ce très bon site pour voir les logements disponibles sur le parcours ainsi que les points d’eau.

  • Quelle est la meilleure période ?

La saison idéale pour réaliser ce trek se situe entre mi-juillet et fin septembre quand les cols sont déneigés et praticables. Cela ne veut pas pour autant dire qu’il ne neige jamais l’été ! Renseigne donc toi bien sur la météo en montagne avant de partir.

Par contre, même si il y a de très belles journées, les nuits sont fraîches même en été si tu bivouaques, donc n’oublie pas le cache tête et les gants !

Alors, un trek dans le Beaufortain, ça te dirait ?

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Tags : Auvergne-Rhône-AlpesRandonnéesSavoie

Commentaires

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