Vents & Voyages

Tour du Mont Viso en 5 jours

Mis à jour le

17 septembre 2021

Situé dans le Piémont italien à la frontières avec les Hautes-Alpes et le massif du Queyras, du haut de ses 3841 mètres, le Mont Viso est l’un des plus hauts sommets des Alpes italiennes. Et ce n’est donc pas pour rien que cette imposante silhouette pyramidale, reconnaissable de loin, attire chaque été de nombreux alpinistes et randonneurs, soit pour gravir le sommet, soit pour faire le tour du Mont Viso à travers des paysages incroyablement variés.

Pour tout t’avouer, avant que mon co-randonneur ne décide de réaliser un trek en couplant le tour du Mont Viso avec celui du Queyras, je ne connaissais pas ce sommet et encore moins la boucle permettant d’en faire le tour. Mais le co-randonneur étant revenu complètement enchanté de son trek, il a réussi à me motiver pour le refaire avec lui. En même temps, quand on m’appâte à coup de “marmottes, bouquetins, lacs et pierriers”, impossible de dire non 🙂

Nous avons ainsi réalisé une boucle reliant le tour du Queyras et le tour du Mont Viso, en une semaine à la fin du mois d’août et je peux d’or et déjà te dire que la partie autour du Viso reste mon meilleur souvenir de ce trek !

Dans cet article je ne te parlerais que de mon expérience autour du Viso, mais si tu souhaites en savoir plus sur le tour du Queyras, je t’invite à lire mon article sur ce trek.

Voici le sommaire si tu souhaites accéder plus facilement à une étape en particulier.

tour du Viso

Le tour du Mont Viso en résumé

Départ / Arrivée:

L'Echalp

Durée:

5 jours

Difficulté:

Moyen (3/5)

Meilleure Saison:

Eté

Bivouac :

Autorisé

Tu retrouveras dans le tableau suivant le détail des étapes jour par jour en tenant compte des refuges. Il est tout à fait possible de découper cette boucle en plus ou moins d’étapes selon ta forme, ton rythme et surtout tes envies !

Jours

Etapes

Distance (km)

Durée

Dénivelé +

Dénivelé -

Difficulté

1

L'Echalp - Refuge du Viso

13.7

4h

900

130

+

2

Refuge du Viso - Refuge Quintino Sella

13.6

5h

1060

940

++

3

Refuge Quintino Sella – Pontechianale

13.8

5h

370

1370

++

4

Pontechianale - Refuge Agnel

13.8

6h

1280

308

++

Variante 3-4

Refuge Quintino Sella - Refuge Agnel 

27.9

10h

1850

1870

++

5

Refuge Agnel – L'Echalp

9.9

3h

360

1230

+

Jour 1 : L'Echalp - Refuge du Viso

Il est possible de commencer le tour du Mont Viso à plusieurs endroits, que ce soit en France ou en Italie. Pour des questions pratico-pratiques, comme nous voulions combiner les deux treks Queyras-Viso pour ne faire qu’une grande boucle, nous avons donc simplement bifurqué vers le tour du Mont Viso au niveau du hameau de l’Echalp, après Abriès-Ristolas.

Il était environ 12h quand nous sommes arrivés à l’Echalp après déjà plusieurs kilomètres dans les pattes et sous une chaleur étouffante. Le co-randonneur, qui m’avait gentiment délestée de quelques kilos pour ménager mon genou défaillant, en avait fait les frais et commençait à peiner pour avancer avec son gros sac de 23kg, malgré le faible dénivelé sur cette portion.

Comme on est tous les deux d’accord sur le fait que c’est vraiment chiant de ne pas marcher au même rythme et de devoir soit continuellement attendre l’autre, soit avoir l’impression d’être un boulet, je suis finalement partie devant à mon rythme. Je n’étais pas hyper rassurée de laisser le co-randonneur seul derrière, mais le sentier jusqu’au belvédère du Viso étant très fréquenté, il trouverait toujours quelqu’un a qui demander de l’aide au besoin.

Le belvédère du Mont Viso

Le ciel étant bien chargé j’ai zappé le petit belvédère du Viso, me doutant que la vue ne serait pas top avec le Mont Viso sûrement déjà caché par la nebbia, cette brume qui remonte de la vallée du Pô et j’ai mis le cap directement vers le refuge.

Entre nous, j’ai trouvé que la montée jusqu’au belvédère n’était franchement pas hyper agréable sur la route malgré le panorama autour de moi. Pour ne rien arranger, nous étions un samedi et il y avait bien trop de monde, même des familles en poussette pour te donner une idée du “sentier”.

Par contre, s’il a plu récemment, regarde bien autour de toi, tu pourrais y apercevoir les salamandres de Lanza, endémiques de la région du Viso ! (et aussi quelques marmottes bien cachées).

tour du mont viso
tour du mont viso salamandre
tour du mont viso
tour du mont viso

Sur la fin de l’ascension, tu auras le choix entre continuer par la route et ses lacets ou bien par un chemin plus direct mais plus raide. J’ai pris le chemin raide, mais c’est plus dangereux qu’autre chose si d’autres descendent par là car le sentier est très étroit.

Plutôt blasée en arrivant au belvédère, j’étais loin de m’imaginer ce que j’allais y trouver.

Et puis là, la claque !

Comme je le prévoyais, le Viso s’était déjà caché dans la nebbia, mais le décor dans cette ambiance mystérieuse était incroyable. C’est fou de constater que, malgré leur proximité, les massifs du Queyras et du Viso sont aussi différents avec un changement de paysage aussi spectaculaire et brutal dès que l’on passe de l’un à l’autre.

belvédère du viso

Le lac de Lestio

En arrivant au refuge, j’avais encore du jus dans les pattes et je me voyais mal attendre le co-randonneur sans savoir si c’était l’histoire d’une petite demi-heure ou de plusieurs heures avant qu’il arrive. J’ai donc posé mes affaires et continué jusqu’au lac de Lestio situé au pied du col de Vallanta, dont j’avais pu voir de bien belles photos.

Mais pour y accéder, un challenge de taille m’attendait.

Je devais réussir à franchir le troupeau de moutons qui broutait devant le refuge, sans me faire attaquer par le patou qui tenait son rôle très à cœur et m’aboyait dessus alors que j’étais bien loin de lui. Je ne faisais franchement pas la maligne, mais après un grand détour, j’ai finalement pu rejoindre le sentier initial. Seule, entourée de hautes montagnes dont les versants abruptes semblaient s’étirer à l’infini dans le ciel brumeux, j’avais l’impression d’être au bout du monde. Mais un bout du monde étrangement familier avec ces prairies trouées de grandes flaques, qui me rappelaient les pozzines du lac de Nino rencontrées lors du GR20 en Corse.

Après environ 2km j’arrivais à destination au lac de Lestio et aucune des photos que j’avais vu ne rivalisaient avec le décor grandiose devant moi. Un lac niché au cœur d’un cirque montagneux, la brume sur les sommets, le glouglou de la rivière. C’était beau tout simplement.

lac de lestio

Mais c’était froid aussi.

Eh oui, le lac est quand même situé à 2500 mètres d’altitude et en fin d’après midi quand le soleil commence à se cacher derrière les montagnes, on se caille rapidement. Je n’ai donc pas traîné et suis rentrée au refuge par le même sentier qu’à l’aller, les moutons et les patous en moins. Et comme le hasard fait bien les choses, je suis arrivée pile en même temps que le co-randonneur !

Pour finir la journée en beauté, alors que nous nous reposions en terrasse avec une bonne bière bien méritée, la nebbia s’est levée pour laisser passer les derniers rayons du soleil et nous offrir un flamboyant coucher de soleil sur le Mont Viso, pour notre plus grand plaisir.

Les joies simples du trek, savoir profiter de tous ces moments magiques que nous offre la nature.

Tarifs: pour les non adhérents, il faut compter entre 24€ la nuitée seule à 55€ pour la demi-pension. Il est aussi possible de ne prendre que les repas et bivouaquer ailleurs.
Réservations : sur le site du refuge du viso
Commodités: le refuge étant alimenté en électricité par des panneaux solaires, il est possible de se doucher mais l’eau est très tiède. Par contre il n’est pas possible de recharger ses appareils. Le refuge possède entre autre une mezzanine avec quelques bouquins, pratique pour patienter et s’occuper.
Nourriture et confort: bien que les repas soient très copieux, la nourriture reste assez basique. C’est tout à fait correcte pour un refuge mais pas “wahou” comme d’autres refuges que nous avons pu tester. Il est aussi possibilité de réserver un pique-nique pour le lendemain.
Bivouac: quelques spots de bivouac sont possibles à distance raisonnable du refuge.

En résumé, un refuge correct avec un accueil très chaleureux mais surtout une vue incroyable sur le Mont Viso ! La plus belle du tour du Viso si tu veux mon avis.

refuge du viso

Jour 2: Refuge du Viso - Refuge Quintino Sella

Requinqués après cette bonne nuit, une longue journée nous attendait; la première étape de ce tour du Mont Viso dont j’avais entendu tant de louanges de la part du co-randonneur.

Passage par le pertuis de la Traversette

Depuis le refuge du Viso, plusieurs options s’offrent aux randonneurs pour continuer. En effet, il n’existe pas un itinéraire officiel, mais de multiples tours du Mont Viso possibles et réalisables entre généralement 3 et 5 jours. Le Mont Viso étant un sommet relativement accessible pour les alpinistes/grimpeurs, il existe aussi de nombreux sentiers et voies d’escalade. Il convient donc de bien faire attention en préparant son tour que l’itinéraire prévu est bien accessible aux randonneurs et ne nécessite pas de matériel particulier.

C’est pour cela qu’après avoir étudié les différentes possibilités nous avons opté pour la plus sûre, celle passant par le col de la Traversette. Les deux autres (le col du Porc et le col Vitale Giacoletti) étant tous les 2 très, voire trop, techniques surtout chargés comme nous l’étions.

Le col de la Traversette situé à la frontière franco-italienne est un passage singulier de montagne. En effet, il permet de traverser la frontière soit par le col, soit par le tunnel aussi appelé “pertuis du Viso” creusé au 15ème siècle dans la roche, et aujourd’hui considéré comme la première percée alpine.

col traversette bouquetins

Alors que nous réfléchissions toujours à la question existentielle de savoir si nous prenions le tunnel ou le col, le tintement d’un éboulis de rochers nous sorti subitement de nos pensées. En levant la tête, surprise ! A quelques mètres devant nous, toute une famille de bouquetins se prélassait sur les rochers. A mon grand regret, un chien qui n’avait absolument rien à faire sur le sentier de cette réserve protégée les a rapidement fait fuir …

En arrivant au pied du tunnel, nous décidons finalement de passer par là car la nebbia semblait être déjà haute, diminuant nos chances d’une belle vue dégagée au niveau du col. Le pertuis n’est pas très long, mais suffisamment pour allumer la torche et ne pas glisser sur les plaques de roche humides avant de sortir en Italie.

Et là, quelle vue ! Alors que nous évoluions à l’ombre sur le versant français, ici le soleil matinal inondait les montagnes qui nous entouraient. La roche austère laissait place à des sentiers fleuris et colorés. Ce changement franco-italien me plaisait et inaugurait de magnifiques moments sur ce tour du Mont Viso !

Col de la traversette
col de la traversette
tour du mont viso
pertuis de la traversette
tour du mont viso

Grimpette dans les rochers jusqu'au refuge de Giacoletti

Après une descente courte mais appréciée des mollets (moins des genoux) nous bifurquons en direction du refuge de Giacoletti situé au pied de la Punta Udine, une voie d’escalade vers le Mont Viso. Petite info utile aux personnes sujettes au vertige, les deux kilomètres restants jusqu’au refuge sont les plus techniques de ce tour. Quelques passages aériens avec des câbles, des névés persistants fin août et plusieurs sections de grimpettes sont au programme. Si tu penses que la difficulté est trop élevée pour toi, pas de panique, tu peux toujours continuer le tour du Mont Viso par le refuge Pian del Re et rejoindre la boucle un peu plus loin. (Je n’ai jamais testé ce sentier donc je suis bien incapable de te dire sa difficulté, tout ce que je sais c’est que c’est moins difficile que par le refuge Giacoletti).

Ce passage technique me rappelle une fois de plus certaines sections du GR20, mais en moins pire ! (ou alors je me suis habituée à la difficulté 😀 ). Cela dit, c’est à cause de ce passage technique que nous avons choisi de faire le tour dans ce sens. C’est toujours bien plus facile de monter dans un passage technique que de descendre, à prendre en compte si tu souhaites aussi faire le tour du Mont Viso.

La pente est raide, mais je me motive pour arriver au refuge avant que la nebbia ne cache l’immense montagne en face de moi. Mais malgré tous mes efforts, le Viso est déjà englouti dans la brume à mon arrivée. Je me console avec une autre famille de bouquetins qui ne semblent pas le moins du monde importunés par ma présence.

Tour du Viso
refuge giacoletti

Ambiance lunaire au pied du Mont Viso

Un bon casse-croûte dans le ventre, nous reprenons le chemin pour une descente dans les pierriers, sous le vent et la brume qui a désormais recouvert tous les sommets autour de nous. C’est dommage, dégagé ça doit être superbe. Au loin, plusieurs lacs se distinguent. Plus nous nous rapprochons, et plus nous apprécions les reflets tantôt bleu turquoise, tantôt bleu marine de leurs surfaces, au gré des rayons de soleil qui traversent les nuages. C’est tellement beau, cela faisait longtemps qu’un paysage ne m’avait pas émerveillée de la sorte.

Depuis le début de cette journée, à défaut d’avoir une forme olympique, niveau paysage nous étions gâtés.

Et ce n’était pas terminé !

En passant le col suivant, des fenêtres dans les nuages noirs laissaient entrapercevoir le Mont Viso sublimé par de fugaces raies de lumières. Vision mystique et dramatique à la fois.

Comme un monstre tapis dans l’obscurité et prêt à surgir au moindre relâchement du vent, le Viso nous surveillait.

Mont Viso
tour du mont viso
tour du mont viso
tour du mont viso

Hypnotisée par l’impressionnante silhouette du Viso, j’en oubliais de contempler le paysage autour de nous. Après les lago Superior et Lausetto, le lago Chiaretto complétait la série des lacs turquoises. A voir le nombre de personnes à se prélasser sur les bords du lac, je ne devais sûrement pas être la seule à trouver le coin particulièrement sympathique. Ce qui l’était moins, c’est que le sentier normal était fermé à cause d’un éboulis qui le rendait instable et qu’il fallait donc faire un détour pour retrouver le sentier. On s’en serait bien passé !

Lentement mais sûrement nous avons grimpé les quelques kilomètres jusqu’au col du Viso dans un décor complètement surréaliste, et une ambiance mystérieuse. Autour de nous, un paysage lunaire où d’énormes rochers noirs jonchaient le sol à perte de vue . Devant, un énorme mur minéral semblait dégueuler des blocs de roche régulièrement dans un vacarme étourdissant. Caché dans la brume, le Viso semblait finalement se réveiller.

Fort heureusement, le sentier évoluait sur le versant opposé au Viso. Mon brushing n’aurait pas apprécié de se faire défriser par quelques cailloux. Ce qui m’a particulièrement marqué ici c’est que le silence est régulièrement coupé par ces éboulements, mais, noyés dans la brume, nous n’avons jamais vu les éboulements en question. De quoi rendre cette portion du parcours particulièrement stressante…

Au col du Viso, nous quittons finalement les terres noires du Mordor pour celles plus chaleureuses de la Comté ! Juste à nos pieds nous contemplons le grand lac du Viso et le refuge Quintino Sella qui le surplombe depuis la berge.

tour du viso
Tour du Viso
Lac Quintino Sella

Comme anticipé, il est déjà 18h quand nous arrivons au refuge. Le co-randonneur a sans nul doute vécu la pire journée de rando de sa vie et souhaite juste se poser rapidement. Bien qu’accueillant, nous n’avons aucune envie de rester au refuge et décidons de repartir à la recherche d’un spot de bivouac dans le coin.

Nous n’aurons pas eu à aller loin.

A peine quelques centaines de mètres plus loin, plusieurs lacs nous invitaient à poser nos affaires. Inutile de te dire que nous ne nous sommes pas fait prier, on aurait difficilement pu imaginer mieux comme spot pour terminer cette journée compliquée.

De part la diversité des paysages traversés cette journée, cette étape gagne haut la main la palme de “plus belle étape du trek”.

Si tu cherches un endroit assez insolite où dormir, le co-randonneur te suggère de continuer encore quelques kilomètres jusqu’au Bivacco Bertoglio où il avait dormi l’année passée. Ce “bivacco” est en fait une cabane de bivouac pour 6 personnes mise à disposition des randonneurs et des alpinistes gratuitement. Elle se trouve dans un cadre hyper sympa sur les bords d’un lac et il n’est pas rare d’y voir des bouquetins …

GR58-Queyras

Jour 3: Refuge Quintino Sella - Pontechianale

Franchement, des bivouacs j’en ai fait quelques uns, mais jusqu’à présent aucun ne rivalise avec notre réveil ce matin là. Le ciel était clair, dégagé, sans l’ombre d’un nuage et, magie, le Viso qui jouait à cache cache avec nous depuis le début se dressait majestueusement devant nous.

Illuminé par le soleil matinal, le Viso flamboyait.

Prendre son petit-déjeuner en face d’un tel spectacle, je n’aurais rêvé mieux !

Mont viso bivouac

Au milieu des pierriers...

Désormais experts en la matière, nous repaquons nos affaires rapidement pour continuer ce tour du Mont Viso.

Aux lacs, succède un énorme pierrier. Un désert minéral, d’autant plus impressionnant sans la nebbia.

Après deux cols, nous arrivons dans un cirque complètement minéral. J’adore évoluer dans la roche, et ce paysage lunaire et monochrome me ravit. Alors, quand j’aperçois devant moi un joli lac aux reflets bleus, c’est le pompon de le pomponnette !

En continuant, nous traversons une zone très étrange, surnommée le “champ de pierres” par le co-randonneur. De chaque côté du sentier, une multitude de cairns sont dressés. Mais pas des cairns comme nous avons l’habitude de voir, là des blocs de rocher sont posés à la verticale. Je suspecte l’œuvre des randonneurs, mais dans quel but ? Le mystère reste entier …

Un peu plus loin nous longeons un autre lac, tout aussi beau que le précédent. En même temps, tout est beau ici, même sous la brume.

Sur les hauteurs du lac, une cabane toute jaune attire mon attention. C’est le bivacco Bertoglio. Je comprends que le co-randonneur ait eu envie de m’emmener dormir là-bas, le réveil doit être fort sympathique, surtout entouré de quelques copains. Mais comme il faut faire un détour pour y accéder, tant pis, je me contenterais des photos du co-randonneur pour imaginer la vue.

tour du viso
GR58-Queyras
bivacco bertoglio
bivacco bertoglio
bivacco bertoglio
bivacco bertoglio

S’ensuit une longue, très longue, descente dans les pierriers avant de choisir entre deux itinéraires pour terminer ce tour du Mont Viso:

  • Le sentier “normal”, où du moins celui le plus suivi par les randonneurs qui réalisent cette boucle, remonte jusqu’au refuge de Vallanta, passe par le col de Losseta puis rejoint le tour du Queyras au niveau du col Agnel. De là, une dernière étape permet de rejoindre le hameau de l’Echalp en quelques kilomètres.
  • La deuxième option consiste à redescendre à la ville de Pontechianale et de rejoindre le refuge Agnel par la vallée en passant soit directement par le col Agnel ou bien ou faisant un détour par celui de Saint Véran, plus sauvage et pittoresque avant de rejoindre le tracé du GR58 pour rejoindre l’Echalp.
Lors de son trek, le co-randonneur avait choisi l’option par Vallanta et selon son ressentit, il ne garde pas un souvenir impérissable de l’ascension jusqu’au refuge. Il est plutôt d’accord avec moi pour dire que les plus beaux paysages de ce tour du Mont Viso se rencontrent lors des précédentes étapes. Il ne pourra pas non plus te donner son avis sur la vue depuis le col de Losetta puisqu’il était dans le brouillard à ce moment là … Finalement, la partie de cette étape qu’il avait préféré c’est l’ascension finale par le col de Saint Véran et sa nuitée au refuge de la Blanche. Comme tu peux le constater cette étape est très longue, mais tu peux aussi la couper en deux en passant une nuitée au refuge de Vallanta.
Tour mont viso

Pause ratée à Pontechianale

Compte tenu de nos états respectifs, et le co-randonneur connaissant le difficulté de l’ascension vers Vallanta, nous nous sommes vite mis d’accord pour rejoindre Pontechianale. En plus d’être moins fatiguant pour le co-randonneur, nous espérions pouvoir y trouver une supérette pour refaire le plein de bonnes choses et un camping pour nous octroyer une vraie bonne sieste et être de nouveau d’attaque le lendemain pour continuer le tour du Queyras tel que prévu.

Mais parce qu’il faut croire que le destin aime s’acharner sur nous, notre plan allait être quelque peu chamboulé…

Déjà, en arrivant au pied du grand lac artificiel, nous nous apercevons qu’il n’existe pas de sentier pour rejoindre la ville. Enfin, si, mais de l’autre côté du lac … On s’est donc résignés à marcher sur la route pendant plusieurs kilomètres en plein cagnard. Bon, ok. On pourra toujours se réconforter avec la bonne victuaille que nous prévoyons d’acheter.

Raté, la supérette est fermée et ne rouvre qu’en fin d’après-midi. Bon, c’était pas prévu mais on trouve un petit restau en ville dont l’excellente assiette de charcut’ fromage à le mérite de redonner le sourire au co-randonneur. Pour ma part, je pensais me régaler avec un bon plat de pâtes, mais ne parlant pas l’italien, ce que je pensais être un gratin se révèle être des lasagnes … Ce ne sera sûrement pas la dernière fois que je ferais une entorse à mon régime végétarien (et en plus elles étaient très bonnes !).

Rassasiés, nous n’avons désormais qu’une hâte, planter notre tente et faire une bonne petite sieste à l’ombre.

Encore raté. Les deux campings sont loin de ce que nous imaginions. Aucun arbre, mais vraiment aucun, et les emplacements sont tous alignés (ou entassés, c’est selon) les uns à côté des autres. Et je t’ai parlé de la fête foraine avec la sono à fond juste à côté du camping ? Nous qui espérions profiter de cette demi-journée de répit pour nous reposer, c’est raté de chez raté. Et c’est sans mentionner le peu d’équipement du camping. En France je t’avoue que je ne suis même pas sûre qu’un camping sans étoile oserait cela. Comme nous étions claqués et que nous n’avions ni la force ni la motivation de chercher un endroit de bivouac, au risque de ne pas en trouver, on s’est posé complètement dépités au camping. On en avait tellement un coup au moral qu’on a passé notre après-midi à chercher si un taxi pouvait nous déposer à la frontière… sans succès.

Inutile de te préciser que nous avons passé un nuit de m**** avec la fête foraine et les jeunes alcoolisés qui criaient à côté de notre tente…

Pontechianale
Pontechianale

Jour 4: Pontechianale - Refuge Agnel

Cette journée marquait pour nous la fin de notre tour du Mont Viso. En effet, les deux boucles du Viso et du Queyras empruntant la même portion entre le refuge Agnel et l’Echalp, nous n’avions pas le choix de zapper cette section pour continuer directement sur le tour du Queyras.

La logique aurait voulu que nous rejoignions le tour du Queyras au niveau du col Agnel, l’embranchement idéal avec le tour du Mont Viso, mais ayant pu lire les très bons retour sur le refuge de la Blanche, nous avons donc fait l’impasse sur le col Agnel, très (trop?) touristique pour privilégier le col de Saint Véran tout aussi splendide et bien plus sauvage. Mais dans ton cas, si tu ne fais que le tour du Mont Viso, tu as donc le choix entre rejoindre le col Agnel directement ou bien passer d’abord par le col de Saint Véran. Si tu as du temps devant toi, je t’encourage à passer par le col de Saint Véran.

Le joli village pittoresque de Chianale

En nous levant le lendemain, notre seule motivation c’était de savoir qu’on allait être reçus comme des rois le soir même au refuge de la Blanche. Enfin… si on arrivait à monter jusqu’au col de St Véran ! L’étape du jour était courte, environ 10km, mais la montée ardue. Entre mon genou et notre fatigue qui s’était empirée, on n’en menait pas large.

Je suis pourtant assez optimiste en général, mais quand après à peine 1km l’un de mes bâtons s’est cassé net en deux, je me suis vraiment dit qu’on n’allait jamais terminer ce trek vivant !

En plus, pour ne rien arranger, on avait déjà vu plusieurs super bons spots de bivouac depuis notre départ… si on avait su … J’avais le moral dans les chaussettes en arrivant dans le village de Chianale.

Mais tel un ascenseur émotionnel, mon sourire est vite revenu à la vue de ce charmant petit village où les maisons en pierre longent les 2 berges de la rivière, traversée par plusieurs ponts en pierre. Le tout joliment fleuri. Entre nous, même les plus mignons et pittoresques villages du Queyras ne m’ont pas autant séduite que ce charmant hameau!

Chianale est aussi pittoresque que sa voisine Pontechianale est bruyante et touristique.

Deux villages mais deux ambiances. Ce n’est pas pour rien s’il est classé parmi les plus beaux villages d’Italie. Clairement, si tu optes pour cette variante, ne fait pas comme nous, ne t’arrêtes pas à Pontechianale et poursuis quelques kilomètres jusqu’à Chianale, tu ne le regretteras pas !

Chianale
Chianale
chianale
chianale
chianale

Le col de Saint Véran

Nous quittons le village non sans un pointe de déception de ne pouvoir en profiter plus longtemps et empruntons le sentier vers le col de Saint Véran.

Quelle ne fût notre stupeur en constatant le nombre de véhicules stationnés au parking du départ de la randonnée ! Mais nos craintes furent vite dissipées en constatant que la grande majorité ne prenaient pas la même direction que nous. Ouf !

C’est donc complètement seuls que nous entamons la longue ascension vers le col de Saint Véran pour rejoindre le tour du Queyras que nous avions quitté des semaines plus tôt, me semblait-il. Après les déserts minéral et les pierriers du Viso, nous retrouvions les alpages sauvages et verdoyants au milieu desquels se prélassaient des marmottes et les nombreuses cascades d’où jaillissait avec force une eau cristalline, même en cette fin d’été. Nous avancions doucement, en prenant le temps de contempler la nature et ces jolis paysages ensoleillés avant que les gros nuages ne s’immiscent à la fête.

col saint véran
col saint véran

Au milieu de l’ascension nous rejoignons l’embranchement qui permet soit de monter au col Agnel ou d’aller à Vallanta et nous continuons sur le sentier jusqu’au col. La dernière centaine de mètres est la plus ardue, sans être ultra difficile non plus.

Derrière nous, la nappe de brouillard avale goulûment le paysage ensoleillé du matin.

Le lac de Pontechianale et les sommets ne sont plus que de lointains souvenirs, noyés dans cette purée de pois.

Abandonnant une nouvelle fois le co-randonneur, je me presse jusqu’au sommet avant que le panorama ne soit englouti à son tour par les nuages. Après nos déboires des derniers jours, je me raccrochais à ce panorama tant vanté par mon acolyte pour garder mon optimisme pour les derniers jours et continuer d’avancer sans trop râler. Mais les nuages sont plus rapides et en moins de temps qu’il n’en faut pour te le conter, alors que je donnais tout ce qu’il me restait de force pour avancer, le col à porté du seul bâton qui me restait s’effaçait dans le brouillard, sans même une excuse ni un regard pour tous les randonneurs dépités.

Pouf, disparu.

Tristesse.

col saint Véran
col saint Véran

C’était oublier à quel point la nature peut se révéler farceuse et facétieuse.

Mieux que le “caché-coucou” de mon enfance, d’un coup de vent magique, le brouillard se retirait telle une vague qui retourne à l’océan.

Mes efforts n’avaient pas été vains, je pouvais désormais contempler le panorama, grandiose, qui s’étendait devant mes yeux. Alors que par un phénomène scientifique, que je serais bien incapable d’expliquer, la brume restait bloquée derrière moi et le ciel était clair et dégagé devant. A ma gauche, la Rocca Bianca se dressait toute fière sur la ligne de crête. Au fond, je pouvais très clairement distinguer la Meije et ses copines des Ecrins. A ma droite, je devinais le col de Chamoussière au milieu de la ligne de crête. Et au milieu de tout ça, le bonheur.

Débout sur la crête, rougie par le froid et l’effort, un sourire illuminait mon visage. J’étais en joie. 

Joie d’avoir atteint non sans mal ce col. Joie de savoir qu’une bière et une pause salvatrice nous attendais quelques mètres plus bas. Joie de profiter de ce décor encore préservé.

C’est sur cette magnifique vision que nous avons terminé notre tour du Mont Viso, de merveilleux souvenirs plein la tête en rejoignant le refuge de la Blanche d’où nous avons continué notre tour du Queyras les jours suivants.

De ton côté, pour terminer cette étape, il te faudra longer la crête jusqu’au col de Chamoussière et descendre ensuite jusqu’au refuge Agnel un peu plus loin. 

Quelque soit le chemin emprunté, je te conseille de rejoindre le col Agnel soit en tout début de matinée quand la nebbia n’est pas encore levé, pour avoir une chance d’apercevoir le Mont Viso, ou au contraire en soirée pour profiter du coucher de soleil qui illumine les sommets de sa lumière dorée. 

refuge de la blanche

Jour 5 : Refuge Agnel - L'Echalp

Mon retour sur cette étape va être très bref, voire inexistant puisque ni le co-randonneur ni moi n’avons eu l’occasion de marcher sur cette portion.

Tout ce que je peux te dire, c’est que tu as plusieurs variantes possibles pour rejoindre l’Echalp:

  • L’itinéraire du tour du Queyras (GR58) passe par le col Vieux avant de redescendre sur les lac Foréant et Egorgéou et de rejoindre la vallée et l’Echalp
  • Un autre sentier, plus sportif, te permet de rejoindre les lacs en contournant la crête de l’Eychassier en passant par le col du même nom
  • Enfin, si tu as le temps et l’envie, tu peux aussi en profiter pour monter au Pain de Sucre depuis le col Vieux

Informations Pratiques

Je t’invite à regarder la liste de mon matériel dans mon article sur mon matériel de Trek pour te faire une idée de ce que j’ai l’habitude d’emporter avec moi. Partis mi-août, nous avons eu de belles journées très chaudes mais aussi quelques nuits bien fraîches. Je ne regrette donc absolument pas d’avoir troqué mon ancien duvet pour le Sea to Summit Spark II et sa température confort de +2°C.

Nous avons alterné entre bivouac et refuges, et même si cela t’oblige à porter ta tente, je trouve que c’est une bonne option qui laisse plus de flexibilité. La plupart des refuges présents le long de ce tour proposent aussi l’option “pique-nique” ce qui est très pratique. C’est certes un peu plus lourd qu’un simple lyophilisé, mais la quantité est telle que pour ma part cela me permettait de faire le déjeuner et le diner. Un très bon compromis quand on ne veut / peut pas partir avec un stock de nourriture suffisante pour toute la durée du trek, et surtout c’est bien meilleur que les lyophilisés !

Le tour du Mont Viso, traversant la France et le Piémont en Italie, est marqué par des réglementations différentes selon les pays.

Ainsi, du côté français, il est strictement interdit de bivouaquer dans la réserve du Mont Viso. Les chiens sont par ailleurs, aussi interdits. Voici le lien de la réglementation si tu veux en savoir plus.

Néanmoins, il y a plusieurs emplacements disponibles autour du refuge du Mont Viso. Je te conseille de les contacter à l’avance si tu souhaites en bénéficier.

Par contre, le bivouac est autorisé pour 48h dans le parc italien du Mont Viso, tel que décrit dans la réglementation du parc.

Voilà pour la réglementation, concernant les refuges, le Mont Viso étant bien connu des grimpeurs, de nombreux refuges et “bivacco” jalonnent les étapes. Si tu choisis cette option, par contre, prépare toi à être réveillé.e de très bonne heure car les alpinistes partent généralement avant même le lever du soleil …

Les bivacco étant gratuits et les places limitées, il est fortement conseillé d’y arriver de bonne heure pour être certain d’y trouver une place.

Dernier conseil qui va te paraitre logique si tu bivouaques (mais si tu savais ce qu’on voit …), ne pose pas ta tente dans une zone exposée aux éboulis ! Même si l’endroit est plat, et que c’est hyper joli, ta sécurité avant tout ! Quand je dis qu’on entendait les pierres tomber, c’était pas exagéré.

En haute saison (juillet-août), je te recommande tout de même fortement de réserver ta nuitée et tes repas à l’avance sur les sites internet. Sur ce site, tu trouveras la liste de tous les refuges présents autour du Viso.

La meilleure saison pour réaliser ce trek s’étend de début juillet à fin septembre, quand les sentiers et les cols sont tous accessibles sans neige, notamment la Traversette où il peut rester des névés tardif même en juillet. Si tu n’es pas contraint par les vacances scolaires, je te recommence de privilégier les quelques semaines fin août- début septembre pour réaliser ce tour, puisque moins fréquenté et des chaleurs moins importantes à cette époque. Par contre certaines nuits peuvent déjà être fraîches.

Le Tour du Mont Viso est une boucle sportive, pas toujours très roulante.

De nombreuses portions dans les pierriers m’ont fait penser au GR20, certaines descentes sont bien raides et la montée au refuge de Giacoletti est bien technique. Et encore, je n’ai pas testé la section par Vallanta. Néanmoins, l’avantage c’est qu’il existe tellement de sentiers que tu peux te créer une boucle moins sportive, comme en passant par Chianale au lieu de Vallanta. A l’inverse, tu peux aussi ajouter de la difficulté en passant par d’autres cols (mais assure-toi d’avoir le niveau !).

Nous avions choisi de faire ce tour dans le sens horaire, principalement à cause de la portion technique au refuge de Giacoletti que je ne conseillerais pas de descendre. Et je ne me souviens pas avoir croisé beaucoup de monde venant du sens inverse.

Dernier point, si tu comptes faire comme nous et coupler Queyras et Viso, je te recommande de prévoir la boucle du Viso dans les premiers jours quand tu es encore frais 🙂

En conclusion, ce Tour du Mont Viso dont je n’avais jamais entendu parlé s’est avéré être une très bonne surprise. Entre les paysages hyper diversifiés, les petites portions un peu techniques, les pierriers, les lacs, le village pittoresque de Chianale et la possibilité de voir des bouquetins et des marmottes, ce trek contient à lui seul tout ce que j’adore quand je randonne.

Je n’ai vraiment pas regretté de l’avoir inclus dans les premières étapes de notre tour du Queyras !

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tour du mont viso
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8 réflexions sur “Tour du Mont Viso en 5 jours”

  1. Bonjour,
    Merci pour ce super article qui nous a convaincus mon fiancé et moi de faire ce tour pour notre “voyage de noces” 🙂 Est-ce que tu recommandes un guide en particulier pour avoir les cartes topographiques de la région? Merci d’avance!

  2. Wow wow wow wow wow ! Les randos itinérantes et bivouac me font super envie mais j’ai du mal quitter le confort de la rando à la journée, et je ne suis pas certaine que ma binôme soit aussi enthousiaste que moi sur la question. Les photos m’ont fait rêver, c’est magnifique !

  3. Sur ma bucket list 2021 j’ai : faire une randonnée itinérante avec arrêt en refuges ! tu m’as clairement donné en plus envie 🙂

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