Vents & Voyages

L’Islande du nord en hiver, entre fjords et volcans

Deuxième journée de mon road-trip islandais en hiver. Après m’être émerveillée des paysages enneigés dans la péninsule de Snaefellsnes la veille, le programme des deux prochains jour n’en est pas moins intéressant. Direction le nord de l’Islande et ses paysages hivernaux, des fjords aux volcans du site géothermique de Mývatn.

Ces deux jours promettaient d’être riche en émotion, et je ne savais pas encore à quel point !

Hunafjordur, Skagafjordur et l’Eyjafjordur

Pour une fois, nul besoin de savoir parler l’islandais pour comprendre que ces 3 charmants noms désignent les 3 principaux fjords du nord de l’île.

C’est donc par une belle matinée ensoleillée et glaciale que je prends la route sur mon fidèle destrier, un 4×4 Duster qui remplit tout à fait son rôle depuis la veille, à savoir me maintenir en vie sur les routes enneigées.

paysage de l'islande du nord en hiver

Les orgues basaltiques de Hofsós

La première étape de la journée consiste à aller découvrir la “chaussée des géants” islandaise à Hofsós.

Mon expérience m’ayant démontrée à de nombreuses reprises que la réalité n’est souvent pas aussi chouette que les photos, je t’avoue que j’avais peur d’être déçue.

Déjà, en arrivant dans le village, à part la jolie église bleue qui égayait un peu ce monde tristounet, je ne trouvais aucune trace de ces fameuses orgues. M’étais-je trompée ?

Puis, alors que j’allais faire demi-tour, je vois un petit sentier qui semble descendre quelque part. Intrépide que je suis, je m’y engage. Avec mes crampons aux pieds, cela va de soi !

Et il faut croire que malgré le froid vif qui piquait mon nez, ce dernier avait eu du flair. Ce petit sentier, mal indiqué, rejoignait bien les fameuses orgues basaltiques quelques mètres en contrebas. Et pour une fois, la réalité était bien plus sympa que les photos !

fjord en islande du nord
orgues basaltique en islande
église en islande
orgues basaltique en islande

Sur une dizaine de mètres de long, des orgues basaltiques avait été sculptées dans les falaises au rythme des marées et des forces de la nature, particulièrement indomptables en Islande. Bien que que ce site soir sans nul doute, moins impressionnant que la vraie Chaussée des Géants en Irlande, il n’empêche qu’il est tout de même fort sympathique.

Parmi les nombreuses orgues basaltiques que j’ai pu voir en Islande, je trouve que ce site est de loin le plus joli.

Même si aucun barrière n’est présente, je me suis bien gardée de m’approcher de trop près, au risque de glisser sur les rochers gelés et de finir dans l’océan. Il y a des souvenirs de vacance dont je me passerais volontiers.

Quelques photos plus tard, les doigts gelés et les cheveux emmêlés par le vent et l’air iodée, je reprends la route 76, direction le port de pêche de Siglufjörður.

De nombreux points de vue me permettent de profiter à ma guise de ces paysages si typiques au nord de l’Islande, sublimés par l’hiver, sa neige et sa luminosité.

fjords en islande du nord
paysage islande du nord en hiver

Le port de pêche de Siglufjörður

Ce village de pêcheur a été la révélation de cette journée. J’avais prévu de m’y arrêter puisqu’il était sur ma route, sans vraiment d’attente particulière. Mais ce fût une très belle surprise !

Dès mon arrivée, je suis restée sans voix devant le panorama en face de moi. Imagine des maisons très colorées et un fjord d’un bleu intense, sur fond de montagnes enneigées.

bateau dans un fjord en islande

La carte postale de l’Islande !

Pour tout te dire, c’est typiquement le genre de paysage que me serais attendu à voir en Norvège, mais pas du tout en Islande. Résultat, au lieu d’y rester quelques minutes, j’ai bien dû passer 1h dans ce décor idyllique, à chercher quel cadrage mettra le mieux en valeur ce joli village.

Enfin, pour la minute culture, sache que le port n’est pas juste mignon. Le village de pêcheur est initialement réputé pour sa pêche au hareng comme en témoignent certaines vieilles bâtisses ainsi que le musée du Hareng, que tu ne pourras pas rater avec sa façade originale.

village dans un fjord en islande
paysage islande du nord en hiver
fjord en islande
église rouge en islande
bateau dans un fjord en islande
maisons dans un fjord en islande

Hjalteyri, le village des baleines

Situé à une vingtaine de kilomètres au nord d’Akureyri, la capitale du nord de l’Islande, ce mini village de pêche mérite le détour si tu aimes les jolis cabanons colorés et les bateaux de pêche.

Alors qu’en hiver le site est plutôt désertique, l’été c’est plutôt l’inverse grâce au départ de nombreuses excursions pour aller observer les baleines dans le fjord. Il parait même qu’il y a un jacuzzi gratuit sur les quais… que je n’ai pas trouvé.

baleine islande
cabanons colorés en islande

Akureyri, capitale du nord de l’Islande

Akureyri c’est LA grande ville du nord de l’Islande. C’est même la deuxième plus grande ville après Reykjavik et elle possède son propre aéroport.

Même si la ville en soi n’est pas aussi sympathique que Reykjavik, si tu aimes l’architecture, ne manque pas d’aller voir son église Akureyrarkirkja, pour le coup aussi belle que sa sœur à Reykjavik. Il semblerait qu’elle soit mise en valeur par un jeux de lumière la nuit, sûrement le meilleur moment pour la photographier.

Et parce que c’est quand même assez insolite pour ne pas le mentionner, tu feras aussi attention aux feux tricolores…

église Akureyri
église Akureyri
Akureyri

Avec le nombre d’excursions possible dans la région, c’est une une étape idéale pour se poser quelques jours. Mais moi j’ai préféré continuer un peu plus loin jusqu’à une certaine cascade que je rêvais de voir de mes yeux !

Le site volcanique et géothermique de Mývatn

Ce site géothermique est l’un des plus réputés de l’Islande avec celui de Landmannalaugarque j’avais pu découvrir lors de mon précédent séjour dans le sud de l’île. Mais Mývatn ce n’est pas juste ça, c’est aussi et surtout une aire protégée depuis 2004.

Alors que le nom Mývatn englobe dans le langage populaire, l’ensemble des sites de la région, à l’origine ce nom désigne seulement le lac. D’ailleurs Mývatn se traduit par “lac des mouches”. Ca veut bien dire ce que ça veut dire. (quoique mouche pourrait sûrement être remplacée par moustique…).

Bref, tout ça pour te dire qu’à Mývatn on y trouve un grand lac et un site géothermique mais pas que !

La cascade de Goðafoss

En effet, dans la même région se trouve aussi l’une des plus belles cascades d’Islande. Ou du moins l’une des plus fréquentée, compte tenu du nombre de cascades dans ce pays.

Et c’est donc pour aller voir cette jolie cascade tout en profitant de la belle lumière crépusculaire que je ne me suis pas arrêtée très longtemps à Akureyri.

Contrairement à beaucoup de sites, la cascade ne se trouve pas juste à côté de la route. L’été il est sûrement possible de stationner plus près, mais en hiver il faut bien compter une petite dizaine de minutes pour rejoindre la cascade. Là encore, les crampons sont de rigueur pour ne pas glisser sur le sentier tassé de neige.

cascade de godafoss en islande

J’ai eu de la chance ce soir là, car malgré la brume qui commençait à tomber, la luminosité était splendide. Depuis le début de mon séjour j’étais subjuguée par cette lumière rasante à toute heure de la journée, et encore plus à ce moment là.

J’espérais secrètement que le ciel soit plus clément à la nuit tombée pour me laisser la chance de photographier les aurores boréales sur ce site majestueux. Mais mes espoirs s’envolèrent aussi vite que les flocons de neige sur la route qui me menait à mon logement. Ce ne sera pas pour ce soir.

Le lac de Mývatn et ses pseudo-cratères

Des pseudo-cratères ? Comment ça ? Un cratère est, ou n’est pas, l’entre-deux semble difficile à imaginer.

Et pourtant…

Les nombreux cratères présents sur les bords du lac ont en fait été créé indirectement par les explosions de vapeur ayant lieu lors du contact de la lave avec l’eau du lac. On parle de pseudo-cratères car ils n’ont que l’apparence des cratères sans en avoir leurs propriétés géologiques. #tutecoucherasmoinsbetecesoir

Maintenant que tu peux t’enorgueillir de tes nouvelles connaissances (et en faire profiter tes proches à Noël !) revenons-en à nos moutons islandais.

Alors que les précipitations neigeuses de la veille avaient déposés une fine pellicule de neige, le vent s’était levé et la brume persistait. Tout ce petit monde réunit rendait l’ambiance très mystérieuse.

Le soleil ne parvenait pas à percer l’épaisse couche de brume, se contenant de diffuser ses rayons matinaux dans une douce atmosphère rosée.

lac de myvatn en islande
lac de myvatn en islande

A l’approche du lac, je distinguais vaguement les cônes des pseudo-cratères. Je ne pouvais que deviner le lac endormi sous l’immense entendu enneigée et glacée qui se dessinait devant moi.

Dans la neige fraîche, seuls des petits piquets de bois semblaient indiquer un sentier pour rejoindre le sommet de l’un de ces faux cratères. Un pas de côté et je me retrouvais sur les bords du lac. Pas très rassurant tout ça.

Tout en tâtonnant la neige devant moi pour éviter une tragédie, la brume semblait se disperser doucement, révélant en même temps les couleurs du lac gelé. Je me serais cru dans une peinture.

lac de myvatn en islande
lac de myvatn en islande
lac de myvatn en islande
lac de myvatn en islande

Un peu plus loin sur le bord de la route, des formations de lave émergeaient du lac, prises au piège, figées dans le temps. Le champ de lave se poursuivait en dehors du lac tel un labyrinthe sans issue.

Une boucle permet de s’engouffrer dans ce labyrinthe, au milieu de ces immenses rochers volcaniques. Autant je pense que c’est très impressionnant l’été, autant l’hiver il y a trop de neige pour vraiment apprécier la grandeur de la nature.

lave islande myvatn
lave islande myvatn

Non loin de là se trouve le volcan Hverfjall avec son cratère, un vrai. Selon la période à laquelle tu y vas, tu pourras y monter et profiter de la vue depuis l’arrête du cratère. Je me suis contentée de le photographier de loin, n’étant pas certaine de l’intérêt de l’ascension compte tenu du voile nuageux.

volcan en islande

Le site géothermique de Hverir

Je quitte les abords du lac Mývatn pour rejoindre à quelques kilomètres de là un site très différent. Et très artificiel.

Le lac bleu turquoise de Mývatn. Tu l’as peut-être déjà vu en photo, ou tu as peut-être entendu parlé du Blue Lagoon près de Reykjavik. C’est un peu la même chose. La couleur de ce lac, aussi belle soit-elle n’est pas vraiment naturelle. Elle provient de l’exploitation de la centrale thermique qui sert à alimenter en eau chaude et en électricité les communes avoisinantes.

site geothermique de Myvatn

“Mais Jamie, dis-moi, ce bleu, comment est-il créé ? ” #cestpassorcier

Le principe de la centrale thermique est assez simple. Elle pompe un mélange d’eau douce et d’eau salée pour alimenter plusieurs turbines à vapeur. L’eau est ensuite rejetée directement sur le champ de lave adjacent à la station. Comme cette eau est très riche en silice, ces minéraux se dépose sur la terre en créant un lit minéral imperméable. Le lac artificiel apparait.

La couleur provient ainsi de la réflexion des rayons du soleil sur les cristaux de silicate contenus dans l’eau (à cause de la sicilice, si tu suis). Pour t’en rendre compte, il suffirait de prélever un peu d’eau dans un bocal, où tu ne verrais qu’une eau d’un blanc laiteux. *

Tout ça pour dire que même s’il n’y a aucun composé chimique dans cette eau, ces jolies piscines ne sont en rien naturelles.

Si tu recherche un vrai site géothermique 100% naturel, il faut pousser la voiture quelques kilomètres plus loin au site de Hverir.

Ici, changement de décor radical. Après la plaine et ses lacs, on a l’impression d’avoir atterrit sur mars.

site géothermique islande

Entourées de montagnes aux teintes rouges-orangées, des fumerolles dansent ici et là, les eaux bouillonnent sous nos pieds et surtout l’air sulfuré me piquent le nez. Pas d’erreur, je suis bien dans l’un des paysages les plus impressionnants dans le nord de l’Islande, encore plus en hiver.

Grâce à la chaleur dégagée par les fumerolles, le sentier n’est pas gelé, plutôt boueux en fait et les différentes couleurs des minéraux qui composent la terre à cet endroit sont bien visibles sous mes pieds.

Le contraste avec la neige rend le site encore plus impressionnant.

site géothermique islande
site géothermique islande

Avant de prolonger mon chemin jusqu’à mon hébergement du jour à quelques heures de là, je décide de tenter la piste qui mène jusqu’au Krafla. Un volcan surtout réputé pour le lac établit au sein de son cratère ainsi que pour sa coulée de lave et ses sources chaudes. Malheureusement, la piste est en très mauvais état, mal déneigée, et malgré le mode 4×4 de ma voiture je ne suis pas sereine.

Finalement, en arrivant aux abords de la centrale géothermique, deux vans bloquent la route devant moi. Je comprends très rapidement que l’un d’eux est bloqué dans la neige et que la deuxième équipe essaie tant bien que mal de le remettre en piste. Et surtout je m’aperçois que la piste devant moi n’est pas du tout déneigée. J’en déduit que ce sont ces deux vans qui avaient créés la trace devant moi… je ne sais toujours pas comment ils ont réussit à arriver jusque là dans ces conditions !

route enneigée en islande

Toujours est-il qu’après leur avoir donné un rapide coup de main, j’ai moi aussi fait demi-tour. Si je reste coincée dans la neige, seule, plus loin, je n’aurais peut-être pas leur chance pour trouver du monde qui viendra m’aider à me sortir de ce mauvais pas.

En plus le ciel blanchissait à vue d’œil, signe annonciateur d’une belle averse de neige à venir. Mon hébergement se situant à une petite centaine de kilomètres de là, je n’avais pas trop envie de tarder.

Mais alors que je rejoignais la route principale, la neige commençait à tomber, ainsi que le brouillard. En moins de 5 minutes je ne voyais plus rien à 10 mètres devant moi.

Une tempête était en train de s’abattre sur moi.

La route était complètement blanche, le bas côté aussi. Seuls quelques piquets plantés de chaque côté de la route guidaient ma conduite. La raison m’aurait peut-être dicté de m’arrêter le temps que ça passe. Si ça passait rapidement. Et sinon ?

Ayant l’habitude des grosses averses de neige chez moi, je sais très bien la quantité qui peut s’entasser sur la route en peu de temps. Et moi, je n’avais absolument pas envie de rester bloquée dans la neige, loin de tout. Alors j’avançais, à 10km/h, lentement, mais sûrement, en suivant miraculeusement les phares d’une voiture devant moi. Nous étions au moins deux, et ça me rassurait.

route enneigée islande
Là, c’est quand je trouvais ça encore “marrant”

Le trajet qui aurait dû me prendre 1h30 a duré le double. Heureusement, la tempête se calmait alors que j’arrivais à mon logement. Je n’ai jamais autant remercié le co-voyageur de m’avoir incité à prendre un 4×4 que ce jour-là. Sans ça, je ne sais pas si je serais en train de te raconter mon épopée en ce moment même.

C’est donc exténuée que j’ai terminée ma soirée, sans me poser une seule seconde la question des aurores boréales ce soir-là. Il y a un moment pour tout, et clairement je devais me remettre de mes émotions de la journée avant de repartir le lendemain vers le sud de l’île.

Tu as déjà visité l’Islande du nord en hiver ? Il t’est aussi arrivé des aventures incroyables en voyage ? Raconte-moi !

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4 réflexions sur “L’Islande Du Nord en hiver, Entre Fjords Et Volcans”

  1. Wow ! Je suis sincèrement épatée de ces paysages. Avec tout ce que j’ai lu sur l’Islande on pourrait croire que j’aurais compris maintenant, mais non, j’ai l’impression de les redécouvrir à chaque fois avec des étoiles dans les yeux.

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