Après 11 jours à arpenter ses crêtes corses, entre passages techniques, paysages à couper le souffle et moments de doute, je partage ici mon avis complet sur le GR20. Pas de topo détaillé étape par étape, mais un retour d’expérience honnête, avec mes impressions, mes conseils et toutes les infos utiles sur les refuges et le bivouac pour t’aider à préparer ton trek.
Le GR20, en bref :
Départ / Arrivée:
Calenzana / Conca
Durée:
11 jours
Difficulté:
Difficile (5/5)
Budget:
€€€ (confort)
Meilleure Saison:
Eté
Bivouac:
Interdit
La difficulté du GR20, mythe ou réalité ?
Mon expérience des étapes du GR20
– étape-1 : arrivée en Corse
– étape 1: Calenzana – Ortu Di i Pobbiu
– étape 2: Ortu Di i Pobbiu – Carrozzu
– étape 3: Carrozzu – Asco
– étapes 4-5: Asco – Tighjettu – Ciuttulu di I Mori
– étape 6: Ciuttulu di I Mori – Manganu
– étape 7-8: Manganu – Petra Piana – Onda
– étapes 9-10: Onda – Vizzavona – Capannelle
– étape 11: Capannelle – Prati
– étapes 12-13: Prati – Usciolu – Crocce
– étapes 14-15: Crocce – Asinau – Paliri
– étape 16: Paliri – Conca
Matériel et logistique
Bilan du GR20
Conseils pratiques
Mon avis sur le GR20 après 11 jours de trek
Après 11 jours passés sur les sentiers corses, mon avis sur le GR20 est assez clair : c’est un trek aussi exigeant que spectaculaire, mais surtout beaucoup plus nuancé que sa réputation ne le laisse penser.
Pour un itinéraire aussi fréquenté, j’ai été agréablement surprise par la propreté globale du sentier. Bien sûr, on croise encore quelques traces de passage peu élégantes, mais sur l’ensemble du parcours, c’est loin d’être la catastrophe que l’on pourrait imaginer. Un vrai bon point quand on sait à quel point ce trek attire du monde chaque année.
Autre excellente surprise : l’accueil dans les refuges. Que ce soit pour bivouaquer ou simplement faire une pause le midi, nous avons toujours été très bien reçus. Et difficile de ne pas mentionner la charcuterie corse et les fromages fermiers… clairement une motivation supplémentaire pour avancer d’étape en étape.
Mais ce qui m’a le plus marquée sur ce trek, c’est l’ambiance. Le GR20, c’est aussi une aventure humaine. Entre les discussions sur le sentier, les conseils échangés, les moments de fatigue partagés et les fous rires, il y a une vraie solidarité qui se crée. Même si, comme partout, on croise parfois des randonneurs moins respectueux, heureusement, largement minoritaires.
Côté terrain, j’ai eu une vraie révélation : j’adore les passages techniques. Dans la partie nord, entre rochers, chaînes et petits défis à franchir, je me suis vraiment éclatée. Un ressenti qui n’était d’ailleurs pas totalement partagé par mon co-randonneur, qui a parfois eu l’impression que certaines portions avaient été conçues uniquement pour compliquer la progression.
Sur le plan des paysages, le contraste est aussi très marqué. Le nord du GR20 est, selon mon avis, absolument époustouflant, avec des panoramas bruts et spectaculaires. Le sud reste très beau, mais avec des décors un peu plus doux et plus familiers.
Enfin, contrairement à ce que je pensais avant de partir, la difficulté du GR20 ne se résume pas à une opposition simple entre nord et sud. Le nord est plus technique, mais les étapes sont souvent plus courtes. Le sud, lui, est (juste) un peu plus roulant… mais aussi plus long et parfois usant. Et entre crêtes, pierriers et terrain irrégulier, il ne faut clairement pas s’attendre à une seconde partie “facile”.
D’après mon expérience, le GR20 se construit autant sur la difficulté du terrain que sur tout ce qui entoure l’expérience : les rencontres, les refuges, et les paysages incroyables qui rendent chaque étape unique.
Au final, le GR20 est un trek exigeant, mais incroyablement riche, qui mérite d’être vécu plus que résumé.
Le GR20 est-il vraiment le trek le plus difficile d’Europe ?
C’est LA question que tout le monde se pose avant de se lancer : le GR20 est-il vraiment le trek le plus difficile d’Europe ? Tu veux mon avis ?
Ma réponse est simple : non, mais…
Le GR20 est indéniablement un trek difficile. Mais, dans sa version “classique”, réalisée en 16 jours avec une étape par jour et sans variantes alpines, il reste accessible à toute personne sportive et correctement préparée. Sa réputation vient en grande partie d’un élément bien spécifique : son terrain.
Car la vraie difficulté du GR20, ce sont ses pierriers omniprésents, ses passages techniques et ses conditions météo parfois imprévisibles. Marcher 180 km devient une toute autre histoire quand 95 % du parcours se fait sur des rochers instables.
La météo joue également un rôle clé. De notre côté, nous avons eu des conditions idéales, ce qui a clairement facilité notre expérience. Mais sous la pluie, avec du vent ou du brouillard, certaines sections peuvent rapidement devenir très engagées, aussi bien physiquement que mentalement.
Autre point souvent oublié : le rythme. Beaucoup de randonneurs choisissent de faire le GR20 en moins de 16 jours. Et forcément, en doublant certaines étapes, la difficulté augmente considérablement. Comparer ces expériences avec un parcours classique n’a donc pas vraiment de sens.
À titre de comparaison, j’ai récemment parcouru le GR54 dans les Alpes, et je l’ai personnellement trouvé plus exigeant. Avec un dénivelé plus important concentré sur moins de jours, à une altitude moyenne plus élevée, l’effort y est encore plus intense, même si le terrain est globalement plus roulant.
D’autres itinéraires comme la Via Alpina ou la Haute Randonnée Pyrénéenne offrent également des niveaux de difficulté comparables, voire supérieurs selon les conditions.
En revanche, là où le GR20 met tout le monde d’accord, c’est sur la beauté de ses paysages. Et sur ce point, la Corse a clairement une longueur d’avance.
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Mon expérience des étapes du GR20 : récit et conseils jour par jour
Itinéraire et trace GPX sur AllTrails
Jours | Etapes | Distance (km) | Durée Estimée | Durée Réelle | Dénivelé + | Dénivelé - | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
1 | 1 : Calenzana – Ortu di u Pobbiu | 11 | 6h30 | 5h | 1480 | 180 | ++ |
2 | 2 : Ortu di u Pobbiu – Carrozzu | 7.5 | 7h | 5h30 | 650 | 920 | +++ |
3 | 3 : Carrozzu – Asco | 8 | 6h10 | 4h30 | 800 | 640 | +++ |
4 | 4+5 : Asco – Tighjettu – Ciuttulu di I Mori | 14.5 | 12h | 9h | 1820 | 1130 | +++ |
5 | 6 : Ciuttulu di I Mori – Manganu | 23 | 8h | 8h | 650 | 1050 | ++ |
6 | 7+8 : Manganu – Petra Piana – Onda (variante alpine) | 18 | 10h | 7h30 | 1700 | 1200 | +++ |
7 | 9+10 : Onda – Vizzavona – Capanelle | 24 | 11h15 | 9h30 | 1750 | 820 | +++ |
8 | 11 : Capanelle – Prati | 18 | 5h45 | 5h30 | 970 | 750 | ++ |
9 | 12+13 : Prati – Usciolu – Crocce | 24 | 12h | 9h | 930 | 1200 | ++ |
10 | 14+15 : Crocce – Asinau – Paliri (par Bavella) | 19 | 7h30 | 8h | 1110 | 1610 | +++ |
11 | 16 : Paliri – Conca | 13 | 4h | 4h | 320 | 1120 | ++ |
Avant de rentrer dans le détail des étapes, il faut comprendre que mon avis sur le GR20 est aussi le résultat de chaque journée vécue sur le terrain, avec ses surprises, ses galères et ses moments forts.
Prêt à tout savoir ? C’est parti !
Jour -1: Arrivée à Calenzana, l’avant GR20 entre excitation et premiers imprévus
Dans l’avion qui nous emmène à Calvi, impossible de tenir en place. Cela fait quatre mois que je prépare ce trek, et cette fois, ça y est : demain, le GR20 commence vraiment. Après avoir survolé la Provence et Nice, les reliefs corses apparaissent peu à peu à l’horizon.
Les criques se dévoilent, l’eau s’éclaircie et mon petit cœur est en émoi. Enfin, GR20, nous voilà !
Nous rejoignons le camping communal de Calenzana en taxi (32€ tout de même…). À notre arrivée, l’ambiance est encore calme et nous trouvons facilement un emplacement pour planter la tente. On se dit que la soirée sera tranquille.
C’était sans compter sur l’effet GR20.
Au fil de l’après-midi, les randonneurs arrivent les uns après les autres. Les tentes poussent littéralement autour de nous, et le camping se remplit à vue d’œil. L’excitation est palpable, chacun est à la veille du départ.
De notre côté, on hésite à redescendre au village pour regarder le match de coupe du monde France–Argentine. Mais il est 15h30, il fait chaud. Très chaud. Et la route qui mène au centre-ville est plutôt abrupte. L’air frais de la supérette nous happe et, devant le choix de produits, nous renonçons au bar pour quelques Pietra bien fraîches et du bon fromage Corse en guide d’apéro.
De retour au camping, stupéfaction ! On a été envahis ! Des tentes ont poussées comme des champignons autour de la notre… je sens que la tranquillité ce ne sera pas pour ce soir. En effet, il faudra attendre presque 22h pour que les derniers campeurs arrivent et s’installent, non sans bruit, et que je puisse m’endormir tranquillement jusqu’à 6h, heure de réveil pour notre première journée.
- Recharge appareil électrique possible. Plusieurs prises disponibles et gratuites dans la salle commune et les sanitaires
- Vaisselle disponible
- Ouverture à partir de 15h30
- Camping et dortoir, pas de location de tente
Étape 1 du GR20 : de Calenzana à Ortu di u Piobbu
- Difficulté : 2/3 (soutenue)
- Durée : 5h
- Distance : 11km
- Dénivelé + : 1480
- Mon ressenti : une entrée en matière intense
OU PAS !
Car la nuit a été bien plus courte que prévu.
À peine endormis, nous avons été réveillés vers 4h du matin par l’agitation générale du camping. Bruits de sacs, fermetures éclair, discussions… une bonne partie des randonneurs pliaient déjà bagage.
Alors oui, pour ceux qui prévoient de doubler les étapes, ça se comprend. Mais clairement, tout le monde n’était pas dans ce cas. Difficile de ne pas s’interroger : pourquoi partir si tôt alors que l’étape est annoncée en 6h30 ? Arriver au refuge à midi, vraiment ?
À 5h30, nous étions de toute façon complètement réveillés. Inutile de lutter. À 6h12 précisément, nous quittons Calenzana… pendant que certains lèves-tôt sont encore en train de petit-déjeuner.
Très vite, une première réponse s’impose d’elle-même. Quelques centaines de mètres après le départ, nous dépassons déjà plusieurs randonneurs à bout de souffle. Sans jugement, le constat est là : beaucoup sous-estiment la difficulté du GR20, surtout sur cette première étape.
Le sentier commence tranquillement à travers les hautes herbes avant de s’enfoncer dans une forêt de pins. Puis, progressivement, la montée s’intensifie.
Le soleil se lève juste dans notre dos, embrassant de sa lueur dorée les sommets devant nous.
L’ambiance est magique. Mais il ne faut pas se laisser distraire trop longtemps. La première étape du GR20 donne rapidement le ton : ça grimpe, et ça grimpe fort.
Après un premier belvédère offrant une vue spectaculaire sur la baie de Calvi, les choses sérieuses commencent. Quelques passages techniques apparaissent entre les rochers. Rien d’insurmontable, mais avec le sac sur le dos, chaque effort se fait sentir. Les chaînes présentes sont surtout utiles dans l’autre sens.
Très vite, la fatigue s’installe. Le poids du sac, la chaleur, le manque de sommeil… tout se cumule. Cette montée semble interminable.
Une fois le replat atteint, je me retourne une dernière fois vers la mer avant de poursuivre vers les sommets. Le paysage change, l’ambiance aussi.
Au loin, un point attire mon regard.
Le refuge.
Minuscule, posé au milieu de la roche. Il paraît proche… mais il reste encore plusieurs kilomètres à parcourir.
Heureusement, la suite est plus roulante, un long faux plat qui permet de reprendre un peu de rythme. Il est 10h30, la faim commence sérieusement à se faire sentir. Le repas de la veille était clairement insuffisant, et mon corps n’est pas encore totalement adapté à l’effort. Classique, la première journée est toujours la plus difficile.
Nous atteignons finalement le refuge d’Ortu di u Piobbu vers 11h15.
Pas de bière pour fêter ça, le refuge n’a pas été ravitaillé. Frustration ! Mais au moins, on profite d’un avantage non négligeable : arriver tôt permet d’éviter la foule, de prendre une douche sans attendre et surtout de choisir un emplacement de tente au calme.
Enfin… en théorie. Car si le calme était bien là au départ, il n’a pas duré longtemps.
Allongée tranquillement pour une sieste bien méritée, je vois soudain des buissons bouger. Puis apparaissent… des cornes.
Des vaches.
En plein rodéo autour des tentes.
Et là, clairement, quand tu ne t’y attends pas… tu ne rigoles pas du tout.
Refuge d’Ortu di u Piobbu : infos pratiques et conseils
Vue : absolument magnifique, perchée au-dessus des reliefs corses
Douches : uniquement froides
Toilettes : toilettes sèches
Emplacements bivouac :
– nombreux emplacements bien aménagés et délimités
– très peu d’ombre
– certains spots sont assez éloignés du refuge avec une pente marquée
Conseil important : arriver tôt est clairement un avantage pour choisir un bon emplacement
Animaux : présence de vaches en liberté autour du campement
Recharge électronique : impossible de recharger ses appareils sur place
Étape 2 du GR20 : d’Ortu di u Piobbu à Carrozzu
- Difficulté : 3/3 (exigeant et technique)
- Durée : 5h30
- Distance : 7,5km
- Dénivelé + : 650
- Mon ressenti : une étape très technique et fatiguante malgré un profil accessible
Réveillés par la fraîcheur du matin vers 5h30, nous plions le camp à la frontale. À 6h, nous quittons le refuge d’Ortu di u Piobbu, encore dans le calme du GR20.
Très vite, un scénario familier se répète, nous rattrapons et dépassons les mêmes groupes que la veille. Le “troupeau” reste derrière nous, et nous retrouvons enfin un peu de tranquillité sur le sentier.
Mais l’ambiance change complètement par rapport à l’étape précédente.
Ici, la végétation disparaît progressivement pour laisser place à un univers minéral. Le sentier balisé devient moins évident, et le GR20 prend tout son sens. Ici, il faut parfois chercher son chemin entre les rochers et suivre les fameuses balises rouges et blanches.
J’avoue que cet aspect “recherche de balises” apporte une vraie dynamique à la marche. On pense moins à la fatigue, concentrés sur le prochain repère à trouver. Même si, en réalité, cette étape est bien plus technique que la veille, et finalement tout aussi éprouvante.
Après plusieurs heures d’effort, nous atteignons la Bocca di Pisciaghja. La vue est spectaculaire.
La roche change de couleur, oscillant entre le rose et l’orangé. Une pause s’impose, le temps de reprendre des forces avec une pom’pote et de profiter du panorama.
Mais le GR20 ne laisse jamais vraiment de répit.
La descente commence rapidement, et elle est annoncée comme l’un des passages les plus exigeants de la journée avec plus de 1000 mètres de dénivelé négatif dans les pierriers.
Chaque pas est important, trouver les bons cailloux où poser ses pieds, apprendre à repérer les plus stables. Les chaussures glisses, les genoux flagellent, les jurons s’échappent…
Le paysage est magnifique… mais je n’ai presque pas le temps d’en profiter, les yeux rivés au sol. Avec le recul, ce type de passage que l’on a retrouvé tous les jours a beaucoup influencé mon ressenti global du GR20.
À mi-descente, le refuge de Carrozzu apparaît enfin au milieu des arbres. Le voir en contrebas redonne un vrai coup de motivation… même si la réalité est simple : il reste encore une longue descente dans les cailloux.
Le bruit de la rivière devient progressivement plus présent. Un signal presque réconfortant : le refuge est proche.
Cette fois, la Pietra ne nous échappera pas !
Nous arrivons une nouvelle fois avec de l’avance sur les temps indiqués, ce qui est rassurant pour la suite du GR20 et notre objectif initial de 12 jours.
Après la traditionnelle bière de récupération, reste la question de l’emplacement. Ici, les zones de bivouac sont bien organisées mais très serrées. L’ambiance est plus humide, en pleine forêt. Moins confortable que la veille, mais cela fera l’affaire pour une nuit.
Je profite d’un moment de calme pour aller me baigner dans les piscines naturelles de la rivière… et faire une lessive express. Mais en montagne, rien n’est jamais stable très longtemps.
En quelques minutes, la brume descend sur les sommets et l’air se rafraîchit brutalement. La baignade s’arrête aussi vite qu’elle a commencé.
C’est aussi ça le GR20 : un temps changeant, imprévisible, qui rappelle qu’ici, la montagne décide toujours.
Pendant que les derniers randonneurs sont encore sur les pierriers, nous profitons d’un moment de repos bien mérité avant de repartir le lendemain.
Refuge de Carrozzu : infos pratiques et conseils
Douches : uniquement froides
Toilettes : toilettes sèches
Emplacements bivouac : nombreux emplacements ombragés mais très serrés les uns aux autres
Recharge électronique : impossible de recharger ses appareils sur place
Point fort : le gros avantage du refuge reste l’accès à la rivière en contrebas. On peut s’y baigner dans des piscines naturelles, un vrai moment de récupération après l’étape.
Étape 3 du GR20 : de Carrozzu à Asco
- Difficulté : 3/3 (exigeant et technique)
- Durée : 4h30
- Distance : 8km
- Dénivelé + : 800
- Mon ressenti : une étape spectaculaire, entre déception… et émerveillement total
Bonne surprise au réveil : malgré l’humidité de la nuit et la tente bien trempée par la rosée, la brume s’est totalement dissipée. Le ciel s’éclaircit rapidement, et tout laisse présager une magnifique journée sur le GR20.
Cette fois, nous sommes rodés. Le camp est plié efficacement et nous partons tôt, motivés à profiter de cette étape annoncée comme l’une des plus belles du nord.
Au programme : la fameuse passerelle de Spasimata.
Je t’avoue que j’en attendais beaucoup… peut-être un peu trop. Finalement, la réalité est plus simple : un pont de singe assez classique, comme on peut en trouver en accrobranche ou en via ferrata mais sans être attaché cette fois.
Petite déception sur le moment. Mais le GR20 a toujours une façon bien à lui de se rattraper.
Quelques centaines de mètres plus loin, le décor change radicalement. Le soleil commence à illuminer les parois rocheuses, révélant une grande cascade qui dévale les blocs. L’ambiance devient presque irréelle.
Plus aucun arbre, ou presque. Juste de la roche, des reliefs bruts, et une sensation d’isolement totale.
Un paysage presque lunaire, loin de l’image que je me faisais de la Corse. Mais ici encore, pas le temps de traîner trop longtemps.
L’ascension reprend, longue et exigeante, avec plusieurs passages techniques. Certaines sections sont équipées de chaînes, d’autres non… et demandent un minimum d’aisance. Clairement, si tu es sujet au vertige, cette étape du GR20 peut vite devenir impressionnante.
Nous atteignons finalement le lac de la Muvrella, un endroit idéal pour faire une pause… en théorie. Car à cette heure-là, tout est encore à l’ombre et le froid nous pousse à repartir rapidement.
La dernière montée est raide, dans un pierrier, mais la récompense est immédiate.
Arrivés sur les crêtes, le panorama est à couper le souffle. Le ciel est d’un bleu parfait, les nuages ont disparu, et la sensation d’espace est totale.
Nous avançons plusieurs minutes, ou peut-être bien plus, le long de cette ligne de crête, en plein soleil, avant d’entamer la descente vers Haut Asco.
Et là… retour à la réalité.
Les pierres sont toujours là. Partout. Encore et encore.
À force de les côtoyer toute la journée, j’ai fini par vouloir créer un lien plus… intime.
Et c’est ainsi que j’ai décidé de tomber.
Mais pas n’importe comment.
Pieds coincés entre deux rochers, sac sur le dos, bascule en avant… la totale. Si tu imagines une tortue coincée sur le dos incapable de se relever, tu as une image assez fidèle de la situation.
Aucune blessure, heureusement. Mais un bon fou rire qui m’a accompagnée jusqu’à l’arrivée.
Refuge de Haut Asco : infos pratiques et conseils
Haut Asco n’est pas un refuge classique du GR20, mais une petite station accessible en voiture. On y retrouve donc beaucoup plus de confort et de services que dans d’autres refuges.
Douches : douches chaudes gratuites !
Emplacements bivouac : nombreux emplacements, mais mal délimités
Recharge électronique : prises gratuites à disposition dans la cuisine
Ravitaillement :
– Présence d’une petite supérette, bien mieux fournie que dans les refuges classiques (et avec du pain !).
– Bar / glacier sur place
Étapes 4 et 5 du GR20 : de Haut Asco à Ciuttulu di i Mori par la pointe des Eboulis
- Difficulté : 3/3 (exigeant et technique)
- Durée : 9h
- Distance : 14,5km
- Dénivelé + : 1800
- Mon ressenti : une étape mythique, physique et mentale… mais incroyablement gratifiante
Le terrain en pente de notre bivouac aura eu raison de notre sommeil. C’est encore plus tôt que d’habitude que nous quittons Haut Asco.
Et quelle journée nous attend.
Réputée comme l’une des étapes les plus difficiles du GR20, c’est celle que tout le monde redoute. Historiquement, elle passait par le Cirque de la Solitude, aujourd’hui fermé suite à un accident tragique. Le tracé actuel passe par la Pointe des Éboulis qui est moins dangereux techniquement, mais plus exigeant physiquement avec un dénivelé plus important.
Autant dire que je l’attendais de pied ferme.
A peine avions nous quitté le refuge que le soleil se levait, nous offrant un de ces spectacles dont lui seul à le secret. Le genre à te donner la pêche et la motivation pour le reste de la journée.
Car ici, il n’y a aucun répit.
Cette étape du GR20 est considérée difficile pour une raison simple : elle n’est jamais roulante. On alterne en permanence entre escalade de blocs rocheux et progression dans les pierriers. Les bras travaillent presque autant que les jambes.
L’ascension semble interminable. Sur le moment c’est dur, mais c’est aussi ce qui rend l’expérience du GR20 unique. Tu viens pour en ch*, tu ne seras pas déçu !
À chaque fois que tu penses atteindre le sommet… il reste encore une montée. Puis une autre. Et encore une. Même quelques névés viennent pimenter la progression.
Mais étrangement, c’est aussi là que j’ai compris qu’on pouvait “se reposer” en continuant à avancer. Le corps s’adapte, le mental suit.
La vue à la pointe des éboulis n’est pas la plus fantastique, mais c’est la plus symbolique.
C’est un cap.
Une fierté.
À ce moment-là, je sais au fond de moi que nous étions bien lancés et que rien ne pourrait nous arrêter.
La descente se fait ensuite sous un grand soleil, toujours dans les pierriers, mais avec une vue cette fois magnifique. Après le lac du Cinto, nous rejoignons progressivement le refuge de Tighjettu en longeant la rivière. Le contraste entre les versants est saisissant.
Il est à peine 11h lorsque nous arrivons.
Initialement, nous devions nous arrêter plus loin, aux bergeries de Ballone. Mais comme souvent sur le GR20, les plans évoluent. Une rencontre, une discussion, un conseil… et nous décidons finalement de pousser jusqu’au refuge de Ciuttulu di i Mori.
La première partie de cette seconde étape est agréable, à l’ombre et en forêt. Mais la fin… est beaucoup moins clémente.
Une nouvelle ascension nous attend, en plein soleil, avec déjà plusieurs heures de marche dans les jambes.
Et là, erreur classique : nous tombons à court d’eau.
Heureusement, en cette saison, quelques sources permettent de se ravitailler. Sans ça, les derniers mètres auraient été bien plus compliqués.
L’arrivée au refuge de Ciuttulu di i Mori est une véritable délivrance.
1900 mètres de dénivelé positif dans la journée.
Une double étape.
Et surtout, une immense fierté.
Perché à 2000 mètres d’altitude, c’est le refuge le plus haut du GR20. L’ambiance y est plus rustique, plus brute… mais la vue est tout simplement incroyable.
Refuge de Ciuttollu di i Mori : infos pratiques et conseils
Petit refuge plus rustique que la moyenne sur le GR20, avec une atmosphère plus calme et moins fréquentée que d’autres étapes. Situé à environ 2000 mètres, c’est le refuge le plus haut du GR20. On est ici clairement en pleine montagne.
Douches : douches froides uniquement
Emplacements bivouac : emplacements limités, calme garanti !
Recharge électronique : Aucune possibilité de recharger ses appareils électroniques
Point fort : la vue
Un cadre exceptionnel, avec une vue dégagée sur les montagnes environnantes. Clairement l’un des plus beaux spots pour passer la nuit sur le GR20.
Étape 6 du GR20 : de Ciuttulu di i Mori à Manganu
- Difficulté : 2/3 (longue)
- Durée : 8h
- Distance : 23km
- Dénivelé + : 650
- Mon ressenti : l’étape la plus variée et l’une des plus belles du GR20
Cette étape du GR20 n’est pas la plus technique… mais elle est longue. Et surtout, elle m’a complètement émerveillée du début à la fin.
Ça faisait déjà 4 jours que je me prenais claque sur claque, mais là j’ai failli perdre mes rétines, c’est pour te dire.
La première partie se fait en descente, en longeant une rivière ponctuée de bassins aux couleurs turquoise. Des spots parfaits pour une baignade… mais à cette heure matinale, il fait encore bien frais. Ce ne sera pas pour cette fois.
Le sentier s’enfonce ensuite dans la forêt jusqu’au col de Vergio, un point clé sur le GR20.
On y trouve une petite supérette bien achalandée, avec des produits frais, du pain… et même des pains au chocolat (oui, ça compte énormément à ce stade du trek). C’est aussi l’un des rares endroits où tu peux recharger gratuitement tes appareils, un vrai luxe sur le GR20.
Après une pause bien méritée, nous attaquons la seconde partie de l’étape en direction du célèbre lac de Nino.
Et là, le décor change à nouveau.
Les pozzines apparaissent, avec leurs pelouses vertes et leurs petits trous d’eau, entourées de chevaux en liberté. Un paysage totalement différent de ce que l’on a vu jusque-là, presque irréel.
Mais il y a un revers à la médaille.
Cette zone est très touristique, surtout le week-end. Et pour le coup, l’ambiance tranche complètement avec le reste du GR20. Beaucoup de monde, du bruit… difficile de retrouver le calme habituel.
Impossible pour moi de profiter pleinement du lieu comme je l’aurais voulu, et c’est clairement une petite déception sur cette étape.
La dernière partie du parcours est, elle aussi, assez atypique pour le GR20.
Une longue portion plate… sur un chemin roulant !
Oui, ça existe ! Et ça fait du bien. Mais évidemment, il y a un “mais”.
Cette section est totalement exposée au soleil. En pleine après-midi, la chaleur peut vite devenir difficile à gérer.
Deux options : prévoir suffisamment d’eau ou faire une pause baignade dans la rivière avant de repartir plus tard.
Nous arrivons finalement au refuge de Manganu après cette longue journée.
Refuge de Manganu : infos pratiques et conseils
Refuge très fréquenté, avec beaucoup de randonneurs, surtout en pleine saison. L’ambiance peut vite devenir dense.
Douches : douches chaudes payantes
Emplacements bivouac : nombreux emplacements mais peu de plat, peu d’ombre
Recharge électronique : recharge payante possible
Étapes 7 et 8 du GR20 : de Manganu à Onda via la variante alpine de Petra Piana
- Difficulté : 3/3 (exigeante et longue)
- Durée : 7h30
- Distance : 18km
- Dénivelé + : 1700
- Mon ressenti : une étape contrastée, entre déception et vraie mise à l’épreuve
Avec le monde présent au refuge de Manganu, nous décidons de partir très tôt pour éviter la foule.
Très tôt.
Réveil à 4h30 pour profiter du lever du soleil… et surtout prendre de l’avance avec l’objectif de doubler l’étape jusqu’à Onda.
Sur le papier, la première partie jusqu’au refuge de Petra Piana est réputée comme l’une des plus belles du GR20 nord, notamment pour la vue sur les lacs de Capitello et de Melo.
En réalité… j’ai été un peu déçue.
Malgré un beau lever de soleil, le départ à la frontale ne permet pas de profiter pleinement des paysages. Et, une fois le jour levé, les conditions météos se gâtent rapidement avec du vent, de la brume sur les crêtes et plusieurs névés à traverser. L’ambiance est plus rude que contemplative.
Je pense sincèrement que cette étape du GR20 doit être magnifique… mais probablement à un autre moment de la journée, lorsque la lumière met davantage les paysages en valeur.
Nous arrivons au refuge de Petra Piana en milieu de matinée, dans une ambiance météo très incertaine. Vent fort, nuages accrochés aux sommets… difficile de savoir si les conditions vont s’améliorer ou empirer.
Notre plan initial : rejoindre Onda par la variante alpine des crêtes.
Nous hésitons.
On attend un peu, on grignote, on recharge les batteries (surtout avec du sucre)… puis on se décide. La brume semble se lever, on y va.
Mauvaise idée.
Très mauvaise idée.
Si la visibilité est correcte, le vent, lui, est extrêmement violent. Sur les crêtes, l’exposition est totale. Certaines rafales sont si fortes qu’elles déséquilibrent complètement.
Et comme si ça ne suffisait pas, la variante alpine comporte plusieurs passages techniques.
Dans ces conditions, chaque mouvement devient une prise de risque.
À ce moment-là, clairement, tu ne profites plus du paysage. Tu avances en mode survie.
Et pendant que tu luttes contre le vent, un troupeau de chèvres traverse tranquillement devant toi… en quelques secondes.
Humilité.
Au final, cette variante alpine du GR20, pourtant censée faire gagner du temps, s’est révélée plus lente, plus difficile… et franchement pas adaptée aux conditions du jour.
Conseil important : éviter la variante alpine par mauvais temps ou en cas de vent fort.
La fin de l’étape jusqu’au refuge de l’Onda se fait avec soulagement.
Après une telle journée, l’arrivée est une vraie récompense !
Refuge d'Onda : infos pratiques et conseils
Douches : douches chaudes payantes
Emplacements bivouac : grand terrain plat avec de l’herbe, ce qui est assez rare sur le GR20. Les emplacements sont donc plus confortables que dans beaucoup d’autres refuges.
Recharge électronique : recharge payante possible
Restauration : bonne surprise avec plusieurs choix de bières et surtout… des lasagnes au menu (apparemment les seules du GR20 !)
Étapes 9 et 10 du GR20 : d’Onda à Capannelle via Vizzavona
- Difficulté : 3/3 (exigeante et longue)
- Durée : 9h30
- Distance : 24km
- Dénivelé + : 1750
- Mon ressenti : une étape éprouvante… mais symbolique avec la fin du GR20 nord
Déjà une semaine que nous marchons sur le mythique GR20.
Les souvenirs s’accumulent, les paysages aussi… et cette journée marque une étape importante : l’arrivée à Vizzavona, point de séparation entre le nord et le sud du GR20.
Dans nos têtes, c’était clair : après la difficulté du nord, le sud allait être plus roulant, plus “facile”.
Spoiler : pas vraiment !
Mais avant ça, il faut rejoindre Vizzavona.
Et avec le recul, cette étape entre Onda et Vizzavona est sans doute celle que j’ai le moins appréciée sur tout le GR20.
Dès le départ, le ton est donné avec une montée raide jusqu’à la crête de Muratello. Rien d’insurmontable, mais suffisant pour bien entamer les jambes.
Puis vient la descente.
1200 mètres de dénivelé négatif.
Sur des dalles lisses, parfois raides, et en plein soleil.
Et honnêtement… j’ai trouvé ça pire que les pierriers.
Une descente interminable, monotone, exigeante pour les jambes, où chaque pas demande de la concentration.
À tel point que nous avons complètement “raté” la Cascade des Anglais, pourtant réputée très jolie. Mais entre la fatigue et l’affluence touristique, je n’avais qu’une seule envie : arriver.
Et enfin… Vizzavona.
Un vrai retour à la civilisation après plusieurs jours en montagne.
Nous faisons une pause bien méritée chez Chez Rosy, une petite épicerie située près de la voie ferrée. L’accueil est chaleureux, la nourriture fait un bien fou… exactement ce qu’il fallait à ce moment-là du GR20.
Après cette pause, nous reprenons la route en direction du sud, vers Capannelle.
Le changement est immédiat.
Le sentier devient plus roulant, plus agréable sous les pieds. Marcher sans enchaîner les rochers est presque déroutant après plusieurs jours dans le nord.
Mais la fatigue, elle, est bien présente.
La matinée nous a clairement entamés, et c’est sur les rotules que nous arrivons en fin de journée à Capannelle.
Et là… petit bonheur simple.
Douches chaudes gratuites, boissons, restaurant… après une telle journée, ça ressemble presque au luxe.
Refuge de Capanelle : infos pratiques et conseils
Capannelle marque une vraie transition sur le GR20, avec un niveau de confort bien supérieur aux refuges du nord.
Douches : douches chaudes gratuites
Emplacements bivouac : plusieurs zones pour planter la tente, avec différents niveaux d’éloignement du refuge
Recharge électronique : recharge gratuite possible
Restauration : bar–restaurant sur place avec plusieurs choix de bières
Étape 11 du GR20 : Capannelle - Prati
- Difficulté : 2/3 (modérée)
- Durée : 5h30
- Distance : 18km
- Dénivelé + : 970
- Mon ressenti : une étape plus mentale que physique, marquée par la fatigue accumulée
Initialement, nous avions prévu de passer par la variante du Monte Renoso pour rejoindre le col de Verde puis Prati. Mais la fatigue accumulée au fil des jours nous a rapidement fait changer d’avis.
Depuis la veille, une douleur persistante dans mon avant-bras s’est installée. Après plusieurs jours à utiliser les bâtons en descente et à compenser mes appuis dans les pierriers, en ménageant notamment mon genou gauche, mon corps a fini par tirer la sonnette d’alarme.
Probablement un début de tendinite.
Et avec le recul, une chose est sûre : sur le GR20, il faut écouter son corps. Forcer à ce stade aurait été inutile, voire risqué, surtout à quelques jours de la fin.
Nous décidons donc de lever le pied.
Cette étape devient volontairement courte, et nous rejoignons le refuge de Prati en début d’après-midi.
Une décision qui s’avère finalement parfaite, puisque nous passons l’après-midi à nous reposer sous une pluie fine, la seule véritable averse du séjour.
Comme souvent sur le GR20, les choses simples deviennent précieuses : une sieste, un abri, et un moment de pause bien mérité.
Et puis vient un petit moment de bonheur inattendu : la dégustation de la tome fermière du refuge.
Clairement, l’un des meilleurs fromages que j’ai mangé sur le GR20. Tellement bon qu’on en a repris une deuxième portion !
En fin de journée, les nuages se dissipent enfin et dévoilent une vue inattendue : la côte de Porto-Vecchio au loin.
Un moment assez fort, car c’est la première fois que l’on devine clairement la mer depuis plusieurs jours. Le sentiment de fin de trek commence vraiment à s’installer.
Nous terminons cette journée reposés, prêts pour les derniers kilomètres du GR20.
Mais la nuit suivante ne sera pas de tout repos.
Je dors profondément quand, selon mon co-randonneur, un animal tente de s’introduire dans la tente. Probablement un renard ou un sanglier attiré par les odeurs de nourriture.
Petit réflexe de survie, coup sur le museau… et l’animal disparaît.
Sauf que cette fois, le sommeil ne revient pas vraiment.
En nous levant le lendemain matin, nous constatons avec effroi que d’autres campeurs n’ont pas eu la même chance que nous avec des sacs éventrés, des camelbaks attaqués…
Moralité : pendant le GR20, ne dors pas avec un saucisson sous ton oreiller. JAMAIS. (Je te jure, je n’aurais jamais cru que j’écrirais ce genre de conseils sur mon blog 😀 )
Refuge de Capanelle : infos pratiques et conseils
Refuge très agréable avec une superbe vue dégagée sur la côte corse au loin. Un vrai sentiment de “fin de trek qui approche”.
Douches : douches chaudes gratuites (solaire), si tu arrives assez tôt pour en profiter
Emplacements bivouac : très agréables sur l’herbe avec une vue panoramique incroyable
Restauration : la tome fermière du refuge est particulièrement savoureuse, souvent cité comme l’une des meilleures du GR20.
Étapes 12 et 13 du GR20 : de Prati à Crocce
- Difficulté : 2/3 (modérée)
- Durée : 9h
- Distance : 24km
- Dénivelé + : 930
- Mon ressenti : une étape d’adaptation, marquée par la fatigue et les ajustements de parcours
Après la nuit agitée à Prati, le co-randonneur ne se sent clairement pas au mieux.
Même un superbe lever de soleil ne suffit pas à relancer la machine.
Sur le GR20, la volonté ne fait pas tout : parfois, le corps dit simplement stop.
Initialement, nous avions prévu de rejoindre Asinau via le Monte Incudine, avec l’objectif ambitieux de terminer le GR20 en 10 jours. Mais nous devons revoir nos plans.
Encore une fois, l’expérience nous rappelle une règle essentielle : sur le GR20, rien ne se déroule jamais exactement comme prévu.
Et surtout… nous qui croyions sottement que la section sud serait plus facile que celle du nord, nous nous étions fourrés le doigt bien profond dans l’œil. Nous découvrons lors de cette étape que la partie sud du GR20 n’est pas si facile qu’on l’imagine.
Les gros blocs rocheux qui ne nous manquaient pas sont toujours là, tout comme les passages techniques en crête. L’idée d’un “GR20 plus simple” s’effondre assez vite. Le co-randonneur était joie.
Malgré un bon repas et un apport en glucides dans la matinée, la fatigue persiste en début d’après-midi.
Nous décidons donc de modifier l’itinéraire et de rejoindre la bergerie de Crocce, en évitant les crêtes jusqu’à Asinau.
Un choix probablement plus raisonnable, même si le parcours s’allonge légèrement.
Après coup, difficile de dire si c’était la meilleure option… mais après notre expérience précédente dans des conditions compliquées sur les crêtes, nous préférons éviter de prendre des risques inutiles.
Cette variante nous permet aussi de découvrir un autre visage du GR20, à travers la vallée du Golo, plus douce et plus verdoyante.
Un changement de décor bienvenu après plusieurs jours de terrain minéral.
Et surprise du jour, nous croisons enfin les fameux cochongliers Corse. Et je peux t’affirmer que non, ce n’est pas une légende du GR20 !
Nous arrivons finalement à la bergerie totalement épuisés.
Mais comme souvent sur le GR20… tout va mieux une fois installé, avec une Pietra à la main et les chaussons aux pieds.
Bergerie de Crocce : infos pratiques et conseils
La bergerie de Crocce est une étape très appréciée sur le GR20 pour son accueil et son ambiance authentique.
Douches : douches chaudes gratuites
Recharge électronique : possible et payante
Emplacements bivouac : très agréables
A savoir : possible aboiement des chiens la nuit pour éloigner les cochongliers
Étapes 14 et 15 du GR20 : de Crocce à Paliri par les Aiguilles de Bavella
- Difficulté : 3/3 (technique)
- Durée : 8h
- Distance : 19km
- Dénivelé + : 1110
- Mon ressenti : une étape magnifique, exigeante et pleine d’émotion
Malgré les aboiements des chiens et l’agitation nocturne des cochongliers autour des tentes, nous avons dormi comme des bébés, épuisés par les jours précédents.
Cette dernière grande étape du GR20 nous attend, avec en ligne de mire une récompense simple mais motivante : une soirée devant la demi-finale de la Coupe du Monde France–Belgique !
Au petit matin, le sentier traverse une vallée encore plongée dans la lumière dorée du lever du soleil. Au loin, nous apercevons une dernière fois les sommets du nord du GR20, que j’ai presque l’impression d’avoir quittés depuis des semaines.
Le temps semble complètement dilaté sur ce trek.
Après une montée progressive, nous atteignons le Monte Incudine, offrant une vue superbe sur notre prochaine étape : les Aiguilles de Bavella.
Pendant cette pause, de petits lézards viennent littéralement jouer autour de nous. Plus gros, plus colorés et étonnamment peu farouches, ils donnent une touche vivante à ce décor déjà impressionnant.
La descente vers Bavella est ensuite longue et soutenue, mais la progression reste magnifique malgré quelques passages techniques.
Les Aiguilles de Bavella sont spectaculaires, mais comme pour le lac de Nino, leur renommée attire énormément de monde. En pleine journée, l’ambiance est plus touristique que sauvage, ce qui contraste avec le reste du GR20.
L’ascension et la traversée restent néanmoins superbes, même si certains passages techniques demandent de l’attention, notamment pour les personnes sujettes au vertige.
Mais la descente vers Bavella s’éternise.
Et une surprise nous attend.
Contrairement à ce que nous pensions, il n’y a ni refuge ni camping à Bavella : uniquement des hôtels. Le GR20 continue en réalité encore plus loin, jusqu’au refuge de Paliri.
Encore 5 km et 200 m de dénivelé.
Sur le papier, ce n’est rien.
Dans les jambes… c’est une autre histoire.
La fatigue, la tendinite au bras, et la lassitude rendent cette dernière portion particulièrement longue. Mais comme toujours sur le GR20, il n’y a pas vraiment le choix.
Alors on avance.
À pas lents.
Et puis, enfin, apparaît le refuge de Paliri au milieu des pins.
Un vrai soulagement.
Et surtout… un cadre absolument splendide avec très peu de monde. Une belle surprise pour cette dernière soirée sur le GR20.
Alors que nous pensions faire une croix sur la soirée foot-bières, nous découvrons une télévision installée au refuge pour le match France – Belgique.
Noël avant l’heure !
L’ambiance est incroyable : autour de la table, des randonneurs venus du monde entier, Français, Corses, Suisses, Allemands, Américains, Belges…
C’est aussi ça, la magie du GR20 : des rencontres improbables et des moments simples partagés après l’effort.
Refuge de Paliri : infos pratiques et conseils
Le refuge de Paliri marque l’une des dernières étapes du GR20 sud. Le site est vraiment superbe, niché au cœur des montagnes corses, dans un environnement calme et préservé.
Douches : douche très froide, située dans un petit cabanon un peu éloigné du refuge principal.
Emplacements bivouac : les emplacements de tente sont particulièrement agréables, bien situés et offrant un très beau cadre pour cette dernière nuit sur le GR20.
Étape 16 du GR20 : de Paliri à Conca, l'arrivée tant attendue
- Difficulté : 2/3 (forte descente)
- Durée : 4h
- Distance : 13km
- Dénivelé + : 320
- Mon ressenti : une étape surprenante, loin d’être anodine, mais profondément émouvante
Sachant qu’il ne nous restait plus que quelques heures avant l’arrivée, nous décidons de décaler légèrement le réveil.
6h30.
Pas trop tard non plus… il ne faudrait pas rater l’apéro de midi pour célébrer la fin de notre GR20 !
Contrairement à ce que j’avais imaginé pour cette dernière étape du GR20, le début n’a rien d’une promenade tranquille.
Le dénivelé annoncé (environ 200 m) est en réalité plus proche des 300 à 350 m, ce qui peut surprendre après plusieurs jours de fatigue accumulée.
Psychologiquement, même si cela reste modeste comparé aux étapes du nord, cela se ressent.
Surtout que l’ensemble du parcours se fait en plein soleil, avec des descentes parfois raides et peu ombragées.
Bref… on pensait finir tranquillement. Raté.
Mais le paysage, lui, est magnifique.
Et au détour du sentier, la baie de Porto-Vecchio apparaît enfin au loin, quelques centaines de mètres sous nos pieds.
À ce moment-là, je fais une pause.
Un instant suspendu.
Je repense à toute notre préparation ces derniers mois, aux dix derniers jours sur le GR20, à tout ce que nous avons traversé, aux paysages, à la fatigue, aux rencontres.
Et je réalise quelque chose d’assez simple… mais puissant : nous sommes en train de terminer le GR20.
Je réalise que je suis en train de réaliser mon dernier rêve, je n’en reviens pas de l’avoir fait.
L’émotion prend doucement le dessus, mêlée à une forme d’irréalité.
Je sais déjà qu’il me faudra du temps pour redescendre de cette aventure.
Puis vient la dernière descente vers Conca.
Le corps est fatigué, mon bras me fait souffrir, mais honnêtement… je n’y prête plus attention.
Il ne reste qu’une chose : avancer jusqu’au bout.
Et être fière.
Préparer son GR20 : matériel et logistique
Même si cet article retrace mon expérience du GR20, il serait difficile de ne pas mentionner deux aspects essentiels à sa réussite : le matériel et l’organisation.
Pour ne pas alourdir ce récit déjà très détaillé, j’ai rédigé deux articles complets dédiés à ces sujets :
- un guide complet sur le matériel indispensable pour le GR20
- un article détaillé sur la préparation, la logistique, les refuges et les réservations
Tu y trouveras tout le détail de mon équipement, mes choix concrets sur le terrain, ainsi que toutes les informations pratiques pour organiser ton trek sereinement (réservations, bivouac, ravitaillement, etc.).
Bilan du GR20 après 11 jours de trek
Après 11 jours sur le GR20, il est difficile de donner un avis et résumer cette expérience en quelques lignes tant ce trek est riche, exigeant et contrasté. Mais avec un peu de recul, certains enseignements ressortent clairement, que ce soit sur la difficulté, l’organisation ou le plaisir global du parcours.
Ce que je retiens du GR20
Le GR20 est avant tout une expérience complète, bien au-delà d’un simple itinéraire de randonnée.
Ce qui m’a le plus marquée, c’est la diversité constante des paysages : on passe des crêtes minérales aux forêts, en passant par les lacs, les pierriers évidemment et des vallées plus douces. On a l’impression de changer de décor presque chaque jour.
À cela s’ajoute une vraie intensité physique et mentale. Le GR20 demande de l’endurance, de l’adaptation et une capacité à encaisser la répétition des efforts jour après jour.
Mais paradoxalement, c’est aussi un trek très vivant. L’ambiance sur le sentier, les rencontres et la simplicité des échanges font partie intégrante de l’expérience. On n’est jamais vraiment seul sur le GR20, même dans les passages les plus isolés.
Le GR20 est-il vraiment aussi difficile qu’on le dit ?
La réputation du GR20 comme “trek le plus difficile d’Europe” mérite d’être nuancée.
C’est souvent cette réputation qui influence l’avis sur le GR20 avant même de partir… mais la réalité sur le terrain est bien plus nuancée.
Oui, il est exigeant. Le terrain est technique, souvent cassant, et les journées peuvent être longues et usantes, surtout sous la chaleur ou avec un sac chargé.
Mais sa difficulté dépend énormément de la façon dont on le parcourt.
Fait en 16 jours avec une étape par jour, sans variantes alpines, le GR20 reste accessible à des randonneurs sportifs et bien préparés. En revanche, en cherchant à doubler certaines étapes ou à accélérer le rythme, la difficulté augmente très rapidement.
La météo joue aussi un rôle majeur : entre soleil et pluie, le même itinéraire peut devenir totalement différent en termes d’effort et de sécurité.
Ce que j’ai sous-estimé avant de partir
Avant de commencer le GR20, j’avais surtout en tête la technicité du nord et les pierriers.
Mais avec l’expérience, j’ai réalisé que d’autres éléments sont tout aussi importants.
La chaleur et l’exposition au soleil, par exemple, peuvent être très éprouvantes sur certaines sections, notamment dans le sud. La répétition des efforts jour après jour joue également beaucoup sur la fatigue globale, bien plus que ce que j’avais imaginé.
Enfin, la récupération est limitée sur ce type de trek. Même en dormant en refuge ou en bivouac confortable, le corps reste constamment sollicité.
Ce que je referais différemment
Je peux d’ors et déjà te dire que j’ai déjà envie de refaire ce GR20. Ce type d’expérience fait clairement partie de celles qu’on a envie de revivre, sous une forme différente.
Si je devais repartir, j’envisagerais deux approches très différentes : soit un GR20 sur une quinzaine de jours, avec davantage de variantes et de sommets pour profiter encore plus du massif corse, soit une version plus rapide, en mode fast-hiking, pour tester mes limites physiques sur un rythme plus soutenu.
Sur le choix du sens, je referais sans doute le parcours du nord vers le sud. Commencer par la partie la plus technique permet de l’aborder avec plus de fraîcheur physique et mentale.
Je ne planifierais pas non plus les étapes de manière trop rigide. Sur le GR20, la réalité du terrain, la fatigue ou les conditions météo peuvent facilement changer les plans. L’expérience m’a montré qu’il est souvent plus pertinent de décider au jour le jour, et de saisir les opportunités de doubler une étape quand les conditions s’y prêtent.
Enfin, si je devais améliorer quelque chose, ce serait probablement la préparation physique. Elle était déjà solide, mais pour un objectif plus rapide ou plus engagé, je pense qu’un niveau encore supérieur serait nécessaire pour mieux encaisser l’enchaînement des journées.
À qui je recommande le GR20
Le GR20 est un trek qui s’adresse clairement à des randonneurs déjà à l’aise en montagne et habitués aux terrains techniques.
Avec une bonne préparation physique et mentale, il peut être réalisé par des profils variés, mais ce n’est pas une randonnée “découverte”.
C’est un itinéraire exigeant, qui demande de l’engagement sur la durée, mais qui offre en retour une expérience exceptionnelle.
Mon verdict final
Le GR20 est un trek à part. Exigeant, parfois rude, mais profondément marquant.
Ce n’est pas seulement une traversée de la Corse, c’est une succession d’efforts, de paysages et de moments vécus intensément, qui restent longtemps en mémoire une fois le sentier terminé.
Les questions fréquentes sur le GR20
Le GR20 est-il difficile ?
Oui, le GR20 est un trek exigeant. Sa difficulté vient surtout du terrain très technique (pierriers, chaînes, passages escarpés), de la durée du trek et de l’enchaînement des journées. En revanche, il reste accessible à des randonneurs sportifs et bien préparés, surtout en 16 jours sans variantes alpines.
Le GR20 est-il accessible aux débutants ?
Non. Le GR20 demande une bonne condition physique, de l’endurance et une expérience de la randonnée en montagne sur plusieurs jours. Ce n’est pas une randonnée de découverte.
Quel est ton avis final sur le GR20 ?
Mon avis sur le GR20 est très positif. C’est un trek exigeant mais accessible avec une bonne préparation. La difficulté est réelle, surtout sur la partie nord, mais l’expérience globale, entre paysages, ambiance et rencontres, en fait un des plus beaux treks que j’ai eu l’occasion de faire.
Combien de jours faut-il pour faire le GR20 ?
Le GR20 se fait généralement en 12 à 16 jours.
– 16 jours : rythme classique et plus confortable
– 12 jours ou moins : version sportive avec étapes doublées
– Plus de 16 jours : version plus tranquille avec variantes et pauses
Quel est le meilleur sens pour faire le GR20 ?
Le sens Nord → Sud est souvent recommandé, notamment pour commencer par la partie la plus technique du parcours tant que l’on est encore en forme.
Une idée reçue fréquente est que ce sens expose davantage au soleil le matin. En réalité, si l’on démarre tôt (ce qui est généralement le cas sur le GR20), cette contrainte est largement limitée, et la progression se fait souvent dans des conditions plus fraîches et agréables.
Autre avantage souvent sous-estimé : en partant tôt et en avançant à un rythme classique, on évite une grande partie des flux de randonneurs dans les passages techniques. Cela peut faire une vraie différence sur certains secteurs étroits ou engagés, où les dépassements et croisements peuvent rapidement devenir compliqués.
Peut-on faire le GR20 en bivouac ?
Non. Il n’est pas possible de planter sa tente librement sur l’ensemble du parcours. Le bivouac est autorisé uniquement dans les zones prévues autour des refuges. Les emplacements sont payants et parfois très demandés en haute saison.
Quel budget prévoir pour le GR20 ?
Le budget dépend du mode de trek, mais en moyenne :
– Bivouac + refuges : environ 15 à 20 € par nuit
– Nourriture + ravitaillement : variable selon l’autonomie
– Budget total estimé : entre 500 et 900 € pour deux semaines
Quelle est la meilleure période pour faire le GR20 ?
La meilleure période pour réaliser le GR20 s’étend globalement de mi-juin à fin septembre, lorsque l’ensemble des sentiers et des cols sont accessibles sans neige.
On lit souvent qu’il vaut mieux privilégier la fin juin pour éviter les fortes chaleurs de juillet, les orages d’août et les éventuelles sources taries de septembre. En réalité, cela correspond aussi à la période la plus fréquentée sur le sentier.
De notre côté, nous avons réalisé le GR20 sur la première quinzaine de juillet et l’expérience a été très positive. Contrairement à ce que nous imaginions, nous n’avons pas eu l’impression de croiser une foule importante sur les sentiers. À titre de comparaison, certains itinéraires de randonnée dans les Alpes nous ont même semblé plus fréquentés à la même période.
Un autre élément à prendre en compte est le fonctionnement des refuges : ils ne sont généralement gardés que de mi-juin à mi-septembre. En dehors de cette période, il est encore possible d’y dormir, mais sans ravitaillement, et l’accès aux services (comme les douches) n’est pas garanti.
Peut-on faire le GR20 avec un chien ?
D’un point de vue réglementaire, le Parc naturel régional de Corse n’interdit pas la présence des chiens sur le GR20, à condition qu’ils soient tenus en laisse, comme dans la plupart des espaces naturels protégés. Cependant, sur le terrain, plusieurs éléments doivent être sérieusement pris en compte avant d’envisager ce type de trek avec un animal.
Tout d’abord, certaines portions du GR20 sont très techniques et peuvent être difficiles, voire dangereuses pour un chien. Nous avons par exemple croisé des randonneurs contraints de porter leur chien dans des passages rocheux particulièrement abrupts.
Ensuite, le terrain lui-même est souvent abrasif, avec des blocs de pierre et des pierriers qui peuvent fragiliser les coussinets sur la durée du trek.
Enfin, la gestion de l’eau est un point essentiel. En fonction de la période, les sources peuvent être suffisamment présentes en début de saison, mais devenir plus rares en fin d’été. La chaleur et l’effort rendent donc l’hydratation du chien plus complexe à assurer sur certaines étapes.
En conclusion, si tu hésites encore à te lancer, j’espère que cet avis complet sur le GR20 basé sur mon expérience t’aidera à y voir plus clair… et peut-être à franchir le pas.





































