GR20 : mon matériel de randonnée et de camping

Après t’avoir expliqué l’entraînement physique que j’avais mis en place pour me préparer et comment j’avais résolu les différentes questions d’ordre logistique avant notre départ pour le GR20, je vais maintenant t’expliquer et te détailler tout mon matériel de randonnée et de camping.

Autonomie ou refuge?


Tu le sais si tu as lu mon article précédent, nous avons volontairement choisi de partir en autonomie avec notre matériel de camping et un peu de nourriture pour les premiers jours. Je précise cependant qu’il existe d’autres alternatives pour dormir et manger tout au long du parcours.

    • La plus pratique, moins fatigante mais plus onéreuse : dormir en dortoirs où dans les tentes louées par les refuges (gérés par le PNRC) et les bergeries (privées) et manger les repas proposés par ces derniers. A 17€ la location de tente et l’emplacement de bivouac pour une personne (23€ pour 2), 14€ le dortoir et en moyenne 20€ le repas complet par personne, certes tu portes un sac allégé mais je te laisse faire les comptes pour 15 jours…

    • Ou bien, à l’opposé, tu peux décider de prévoir tout ton matériel de camping pour bivouaquer dans les zones autour des refuges et emporter ta propre nourriture. A 7€ l’emplacement de tente et une moyenne de 20€ par jour par personne pour la nourriture, le calcul est vite fait.

Je te rappelle quand même (au cas où tu aurais oublié…) mais le GR20 comporte 16 étapes. Si tu veux partir en totale autonomie, il te faudrait donc prévoir TOUTE ta nourriture pour 16 jours ! Et même si tu es très sportif et que tu comptes le faire en moins de temps, il n’empêche que la nourriture ça pèse lourd même pour quelques jours. Je dis juste chapeau et respect aux premiers randonneurs du GR20 qui n’avaient pas le choix de partir de cette façon puisque les refuges n’étaient pas ravitaillés.

Heureusement pour nous, ce n’est plus le cas. De ce fait, l’option privilégiée par bon nombre de randonneurs dont nous, est celle qui consiste à bivouaquer et prévoir son alimentation pour quelques jours (ou pour les cas d’urgence/imprévus), puis de se ravitailler aux refuges et aux bergeries croisées sur le chemin. Cela permet de ne pas alourdir son sac inutilement et de pouvoir goûter aux bons petits produits régionaux (miam la tomme fermière de Prati !)

Avec ces critères bien établis, tu comprends aisément que nous avons dû choisir avec précaution notre matériel afin d’optimiser le poids et l’espace dans nos sacs, en éliminant le superflu mais en nous assurant d’emporter tout le nécessaire indispensable pour un trek dans des conditions de haute montagne.

Pour info, il est généralement admis que le poids du sac à dos ne doit pas dépasser 15 à 20% de son poids lors de trek de plusieurs jours. Par exemple, pour une femme de 60kg la fourchette de poids se situe entre 9 et 12kg. Certains adeptes de la MUL (Marche Ultra Légère) diront que c’est déjà bien trop lourd et qu’il est possible de partir en trek avec 8kg sur le dos, tente, eau et nourriture inclus. Je réponds juste que, oui c’est possible mais cela demande de bien se connaitre et d’avoir quand même plusieurs randonnées et treks en bivouac à son actif pour se connaitre et savoir ce dont on peut se passer. Ayant déjà investi dans pas mal de matériel ces dernières années, nous comptions bien le réutiliser. Cet article n’a donc pas vocation à parler de matériel ultra-léger, mais juste te donner une idée de ce que tu peux mettre dans ton sac pour atteindre un poids correct.

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Les vêtements


Après de nombreuses soirées à peser l’ensemble de mon dressing ‘sport’ dans mon robot ménager (s’il prend la poussière au fond d’un placard tu sais quoi faire pour le rentabiliser !) voici le récapitulatif de mes vêtements et leur poids.

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Sachant que je portais sur moi environ 900g de matériel (vêtements, chaussures et bâtons), le poids des vêtements et accessoires à porter ne s’élevait plus qu’à 2120g.

Conseils et astuces 

  • La technique des 3 couches, tu utiliseras.

C’est LA base pour tout randonneur peu importe le terrain et l’altitude. On prévoit une couche respirante dans laquelle on va transpirer mais qui va vite sécher. Exit donc les Tshirts en coton, on privilégie les produits techniques ultra-légers. La deuxième couche doit être chaude pour se réchauffer et garder la chaleur s’il fait froid, notamment lors des pauses en altitude où la température chute vite de quelques degrées dès qu’on ne s’active plus. Parmi les matières les plus utilisées en rando on retrouve la polaire et la softshell. La troisième et dernière couche sert principalement à protéger du vent et de la pluie, hyper pratique sur les crêtes très exposées au vent. Un bon coupe-vent imperméable, ou un simple poncho selon la température extérieure. Ces 2 couches pèsent plus ou moins lourd, à toi de trouver le bon compromis.

  • Les vêtements de trail, tu choisiras.

A ma grande surprise j’ai pu constater que le rayon Trail des magasins regorge de supers produits, adaptés à la randonnée estivale, sous la chaleur. J’y ai découvert des produits techniques plus légers et respirant que ceux classés dans le rayon randonnée. A titre d’exemple, un short de randonnée basique pèse près de 150g alors qu’en trail il en fait la moitiée. D’ailleurs, si tu as des économies de côté, je te recommande la marque X-bionic. Le co-randonneur avait 2 ensembles t-shirt – cuissard et j’avoue que j’étais jalouse de leur rapidité de séchage (même si les miens séchaient aussi très rapidement, mais un peu moins quand même). Et vu le nombre de paire de chaussettes de cette marque que j’ai pu voir sécher aux refuges, je pense ne pas être la seule à l’apprécier.

  • De la qualité à petit prix, tu trouveras.

Pas la peine de te ruiner pour le GR20, (il faut bien garder quelques sous de côté pour la Pietra du soir, non ?), si tu cherches de la bonne qualité à petit prix, ne néglige pas les produits Décathlon. C’est le magasin où je cherche en premier lors de mes virées shopping et la moitié de mon sac était composée de produit Décat. Je ne te garanti pas que les produits tiendront 10 ans, mais pour 15 jours c’est largement suffisant.

  • Les produits à double utilité, tu privilégieras. Ou pas.

Le seul produit que j’ai en tête et que je déconseille, c’est le pantalon transformable en short. Généralement, du fait de la fermeture éclair sur les cuisses ces pantalons sont plus lourds qu’un pantalon seul et un short. Toujours à cause de la fermeture, ils sont souvent peu imperméables. Enfin, ils sont peu agréables à porter (ce dernier point est totalement subjectif j’en conviens). Sinon par exemple, j’ai pris une seule brassière car je pouvais aussi utiliser le haut de mon maillot de bain. Pareil pour ma veste gore-tex qui me réchauffait lors des pauses pendant la rando et que je prenais aussi pour dormir.

Comme tu le vois je n’ai pas prévu de pantalon de pluie. A la place, j’ai préféré imperméabiliser mon pantalon avec un produit spécial. Alors, certes il est certainement moins imperméable qu’un vrai pantalon de pluie, mais j’ai pensé que sous un orage de toute façon le pantalon de pluie ne serait pas non plus très efficace très longtemps.

A la place du pantalon, une autre option est de mettre un caleçon de running sous le short. Et ce caleçon peut aussi servir de pyjama !

  • Le maillot de bain, à toi de voir si tu le porteras.

J’ai pris un maillot de bain au cas où nous nous baignerions. Ce ne fut pas le cas, mais je ne regrette pas de l’avoir pris car il m’a servi à tout autre chose ! J’étais bien contente de l’avoir lorsque j’avais besoin de laver mes habits en plein après-midi au soleil, de quoi allier l’utile à l’agréable. Cul nu avoue, ça aurait fait désordre 🙂

  • Aux affaires chaudes pour la nuit, tu penseras.

Je suis frileuse, d’où la paire de chaussettes en laine et le legging en Lyocell pour la nuit. A la place des tongs j’ai opté pour les chaussures bateau de Décathlon qui se sont avérées être plus légères !

  • A ta paire de chaussures, tu réfléchiras. Beaucoup.

La question qui alimente les débats des randonneurs : faut-il prévoir des chaussures de rando ou de trail ? avec tige haute ou tige basse?

Si tu espères une réponse, raté. Il n’y a pas de solution, il n’y a que des compromis ! Ayant un modèle de chaque, je me suis longtemps posée la question, surtout que j’ai tendance à avoir plus d’ampoules dans les chaussures de rando. Mais avec ma crème anti-friction dont je parle plus bas, cela remettait les compteurs à zéro.

J’ai finalement opté pour la chaussure de rando pour deux raisons principales. La première étant le maintien de la cheville car va savoir pourquoi, mais je ne suis pas très stable sur mes pieds (j’ai dû tomber en moyenne 3 fois par jour pendant le GR …). Sachant que nous allions marcher dans de nombreux pierriers et autres endroits instables, j’ai préféré miser sur la sécurité, surtout avec mon genou qui menace de me lâcher. La deuxième étant la longévité de la chaussure et la solidité de la semelle. J’insiste sur ce dernier point car c’est principalement la semelle qui différencie les chaussures de trail et de rando. Les premières ont une semelle beaucoup plus souple et par conséquent qui s’use beaucoup plus vite. Pour te donner une idée concrète, j’ai pris mes chaussures de rando (Technica de décathlon) qui ont déjà plusieurs années au compteur et le co-randonneur a acheté des chaussures de trail La Sportiva exprès pour l’occasion. Résultat après 11 jours de marche: les chaussures du co-randonneur sont très abîmées, un peu déchirées sur le côté et la semelle bien lisse. La semelle des miennes est aussi bien lisse maintenant, mais comparé à des chaussures de trail neuves qui n’auront tenues qu’un été, je suis contente d’avoir pris mes chaussures de rando. Et je précise que cela n’est pas juste du fait de cette marque La Sportiva car j’ai pu constater la même chose sur mes chaussures de trail Salomon.

Le co-randonneur est parti avec sensiblement la même liste, mais quelques habits plus lourds. Il avait environ 4-5kg de vêtement dans son sac. Y’a des avantages à être une femme, petite de surcroît, j’te le dis !

Concernant ma liste, je ne changerais rien. Mis à part le poncho et la genouillère, j’ai utilisé tous mes vêtements et pas juste une fois.

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La trousse de toilette et trousse de secours


Quand on commence à la préparer on s’imagine que ça ira vite et que ça ne pèsera rien… beh tiens ! Beaucoup de choses ne m’auront pas servi mais je le répète, la sécurité est mère de prudence. Je part du principe que la trousse de secours même si on ne s’en sert pas, il faut l’avoir sur soi. C’est la loi de Murphy, c’est toujours quand tu en as besoin que tu ne l’as pas avec toi…

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Conseils et astuces 

  • Un savon multi-usages tu privilégieras.

Le savon d’Alep se prête très bien au trek. Produit 100% d’origine naturelle à base d’huile d’olive et de laurier, il est parfait pour servir de shampoing, de savon et de lessive. Certains l’utilisent aussi comme dentifrice mais je ne suis pas fan du goût et de la texture dans la bouche…

  • Au gant de toilette, tu te convertiras.

Le gant en microfibre est ma petite révolution du bivouac,  il m’accompagne partout depuis notre voyage en Australie. Quand tu veux prendre une douche mais que tu n’arrives pas à te rincer sous l’eau gelée, ou tout simplement quand tu n’as pas beaucoup d’eau à disposition, c’est LA solution pour une toilette rapide et efficace ! J’ai même converti le co-randonneur, c’est pour te dire.

  • Le papier toilette, tu n’oublieras pas.

Indispensable, le rouleau PQ ! Ne l’oublie surtout pas sinon tu risques de te sentir bien seul.e dans les toilettes sèches des refuges à fixer le distributeur vide de papier jusqu’à te brûler la rétine pour essayer d’en faire apparaître comme par magie.

  • La crème anti-frottement tu découvriras.

J’ai découvert la crème anti-frottement en préparant le GR20 alors que je cherchais comment limiter les ampoules aux pieds et les irritations causées par les élastiques de mes vêtements au contact de la sueur (brassière…). Et bien franchement si tu ne connais pas, je te la recommande à 100% car je n’ai eu AUCUNE ampoule ni irritation pendant nos 11 jours de marche. Un miracle ! Même si la grande référence est la marque NOK, j’ai opté pour la version Décathlon et ça faisait très bien l’affaire !

  • Sur le petit conditionnement, tu miseras.

Inutile de t’encombrer d’un grand tube de crème anti-frottements. Je te conseille d’en reconditionner la moitié dans un petit pot cosmétique en plastique par exemple pour gagner un peu de poids et de place. Du même style, j’ai opté pour une crème solaire en stick, format mini. Hyper pratique (mais pas écolo ni respectueuse de l’écosystème marin, je précise) elle permet d’étaler de la crème facilement et sans se graisser les mains. Là encore c’est à Décathlon que j’ai trouvé mon bonheur. Pareil pour le dentifrice où j’ai opté pour des pastilles (écolo de surcroît!) à la place d’un tube de pâte.

  • La trousse de secours, tu ne négligeras pas.

Pour les médicaments à toi de voir, mais personnellement avec mon genou instable avant le départ j’ai préféré miser sur la prudence en prenant quelques anti-inflammatoires avec moi (avec les recommandations de mon médecin, il va sans dire). Et ce n’est pas mon genou qui m’a embêté mais une tendinite au poignet à force de tomber de serrer mes bâtons de marche ! J’ai aussi prévu des somnifères pour m’assurer de dormir tranquillement car j’ai le sommeil léger. Et bien sûr, pour moi, la couverture de survie est indispensable. On ne sait jamais ce qui peut se passer sur les montagnes avec le temps qui peut changer très rapidement. Et puis cette dernière peut te servir à ajouter un isolant entre ton matelas et le sol si jamais tu avais trop froid la nuit … (multi-usage, je t’ai dit !)

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Dans cette liste, il n’y a que le savon qui avait été prévu en trop grosse quantité. Pour une prochaine fois, je miserai sur du savon en feuille pour gagner du poids quitte à moins laver mes fringues. Et j’ai déjà acheté une nouvelle serviette, plus petite et plus légère. Pas la peine de se trimbaler la maxi serviette de plage Mickey, un mini format suffit amplement d’autant plus si tu te laves avec un gant. A moins que tu ne préfère t’essuyer avec ton deuxième T-shirt ? A toi de voir.

Le matériel de camping


Indéniablement, c’est le choix de nos accessoires de camping qui nous aura créé le plus de cheveux blancs. Comme nous avions déjà investi dans du bon matériel pour de précédents voyages, on n’avait pas vraiment envie de vendre un rein pour racheter du matos, plus léger ou plus compacte soit-il. On a dû faire avec et trouver des solutions. Il n’y a que pour la tente où, après notre test peu concluant, nous n’avions pas le choix d’en acheter une nouvelle plus légère et plus compacte.

L’avantage de partir à deux c’est qu’on peut répartir le poids entre les sacs, ou bien l’un en porte plus que l’autre. C’est ce qu’on a fait. Je portais la trousse de toilette et le co-randonneur portait la tente et le réchaud. Question de poids mais surtout de place dans mon sac de 38L.

Voici le récapitulatif de notre matériel et la répartition dans nos sacs.

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Comme tu peux le constater, c’est notre matériel de camping qui pèse le plus lourd dans le sac. En logeant en refuge, j’aurais pu gagner 1kg et emporter 3 paquets de Haribo ! Mais ce poids aurait pu être bien plus important si nous n’avions pas changé de tente, ou choisi un réchaud à essence. Finalement, on s’en sort plutôt bien !

Conseils et astuces 

  • La qualité de ton sommeil, tu chouchouteras.

Aaaaah le sommeil. Je fais partie de ceux qui ont besoin de dormir beaucoup, profondément et confortablement pour bien récupérer #monlitmavie. Du sommeil en moins et mon moral est au plus bas. Le choix du matériel pour dormir a donc été crucial pour moi. Nos duvets nous suivent depuis la Laponie, la raison pour laquelle nous avions tout de suite choisi une température confort de 5°C. Parfait pour le co-randonneur, mais un peu juste pour moi, très frileuse. C’est pour cela qu’en plus de mon duvet j’ai emporté un sac à viande en polaire afin de gagner de 3 à 5°C. Rapport confort / prix c’est top, même si ça ajoute du poids.

De la même façon, le choix du matelas ne doit pas se faire à la légère. Un matelas qui isole mal du froid ou qui n’est pas assez épais ça peut vite poser problème. C’est pour cela que j’avais privilégié le matelas gonflable au tapis de sol lors mon achat, même s’il est plus lourd. La qualité de mon sommeil vaut plus que quelques grammes.

  • Une tente légère et compacte, tu sélectionneras.

LA fameuse tente ! Dans nos critères nous voulions: une tente légère et compacte, avec un minimum d’espace dans l’habitat, assez longue pour mon géant de co-randonneur, 2 entrées et des auvents protégés pour laisser nos sacs. Et dans un coloris vert. Et qui ne coûte pas trop (trop) cher. Nous compliqués? Si peu …

Finalement, c’est la tente MSR Hubba Hubba NX qui ressortait largement du lot par rapport à nos critères et qui plus est, est plébiscitée par de nombreux randonneurs pour son rapport qualité-prix. Après l’avoir utilisée, je te la conseille si tu cherches une tente. En plus de répondre à nos critères, elle présente l’avantage de pouvoir être utilisée en mode ultra-léger, en tarp seul.

  • A l’utilité d’un réchaud, tu réfléchiras.

Sache que dans tous les refuges tu as accès gratuitement à des réchauds à gaz et parfois même on peut te prêter des casseroles. Si chaque gramme compte dans ton sac alors n’emporte pas de réchaud. Mais si comme moi tu aimes bien pouvoir parer à toute éventualité, manger n’importe quoi n’importe où et à n’importe quelle heure, alors oui je te recommande de prendre un réchaud. Mais pas n’importe lequel ! Si tu optes pour un réchaud un gaz, tu ne pourras acheter ta cartouche qu’en Corse puisque interdite dans les avions. Mais ce n’est pas la solution que je te recommande vu le poids du réchaud et du gaz… à la place il existe des tous petits minuscules réchauds alimentés par un combustible solide à base d’essence (marque Esbit). Tu peux donc prévoir le nombre de combustibles à emporter et forcément, plus tu en utilises et plus tu t’allèges !

L’inconvénient, car il y en a aussi, c’est que ça chauffe lentement et que ça consomme beaucoup. C’est très pratique pour boire un café ou manger des lyophilisés mais ce n’est pas du tout adapté si tu comptes faire chauffer beaucoup d’eau pour plusieurs personnes.

  • Au poids de ton sac, attention tu feras.

Quand on achète un sac pour randonner à la journée, généralement on ne prête pas trop attention au poids du sac à vide. Par contre, si comme dans le cas du GR tu randonnes plusieurs jours, le poids du sac devient important. Cela peut-être très tentant de prendre un sac ultra léger, mais à condition que le confort soit là. Un sac avec un mauvais maintien ou qui s’ajuste mal sur ton dos peut te provoquer des douleurs lombaires et crois-moi, il n’y a rien de pire que de supporter un sac quand on a mal au dos. Donc oui pour le sac léger, mais assure-toi que le confort soit là.

  • De ton téléphone, tu te déconnecteras !

Nous avions prévu un chargeur solaire car nous ne savions pas si nous aurions la possibilité de recharger nos téléphones aux refuges. Comme tu le vois, la bête fait son poids ! Clairement c’est un accessoire que nous n’emmènerions pas si c’était à refaire puisque quasiment tous les refuges proposent la charge soit gratuitement soit moyennant 1 à 2 €.  (gratuit au refuge d’Asco, à l’épicerie du col de Vergio, au refuge de Capanelle, dans le village de Bavella).  En mode avion et avec une trentaine de photos par jour, mon téléphone tient 3 jours. Soit 5 à 6 charges. Pour le coup je préfère me délester de maximum 12€ que d’avoir un chargeur sur moi.

Quand à la question du réseau, je ne pourrais pas vraiment t’aider car il était continuellement en mode avion. Mais d’après certains randonneurs, tu auras le plus de chance de capter sur les crêtes en laissant ton téléphone sélectionner le réseau qui émet le plus. Mais bon, es-tu venu randonner en Corse pour poster des stories Instagram de tes exploits ou pour profiter de la nature ?

Si tu calcules le poids total de mon sac, je suis à 8.220kg ! Pile dans les clous. J’ai donc “utilisé” les 2 kg restants pour la nourriture.

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Lever de soleil sur la zone de bivouac de l’Onda

L’alimentation


Qu’on se le dise, manger en refuge matin, midi et soir ça revient très cher. Environ 50€ par jour pour manger principalement des pâtes. Soit 500€ pour 10 jours et 750€ pour 15 jours ! Bref, même sans parler de budget, comme je suis végétarienne je voulais aussi juste être sûre de pouvoir manger, accessoirement …

Dans mon sac j’avais donc prévu:

  • du muesli maison pour le matin (flocons d’avoine, graines de chia, raisins secs, morceaux de d’amandes et de noix de cajou, lait en poudre, fruits déshydratés)
  • 6 plats lyophilisés pour le soir, principalement des pâtes avec différents accompagnements
  • des gels énergétiques à prendre lors de l’effort, environ 2 à 3 par jour
  • quelques sachets de thé et des sticks de poudre chocolatée
  • et de la poudre isotonique pour la récupération

Le co-randonneur avait de son côté prévu:

  • des sachets de semoule épicée
  • des sachets de purée au potimarron
  • quelques sachets de thé et des sticks de café
  • de la poudre isotonique

Conseils et astuces 

  • A la poudre isotonique, tu penseras.

Je la mélangeais le matin dans une gourde avec de l’eau et j’en buvais régulièrement sur le trajet pour m’hydrater certes, mais surtout pour m’apporter tous les sels minéraux perdus avec la transpiration. Et puis, info non négligeable, comme la solution isotonique réhydrate mieux que de l’eau seule, j’avais par conséquent besoin de boire moins d’eau. J’avais prévu pour 1.5L d’eau et 50cL d’eau isotonique et finalement je ne buvais réellement que 1.5L au total sur le sentier. Par contre je te rassure, je buvais au minimum 1L le soir au refuge. Peut-être est ce un effet placebo, peut-être pas, mais j’ai eu l’impression que cette poudre a vraiment joué en grande partie sur ma forme. Je ne peux donc que te conseiller d’en prévoir avec toi. 

  • Les gels énergétiques, dans tes poches tu auras.

Alors que la solution isotonique hydrate et apporte les minéraux, les gels eux t’apporte les nutriment et les sucres rapides nécessaires à l’effort. Ces gels, existants sous déférentes formes (pâte de fruit, gel, barre solide…) se trouvent facilement au rayon diététique de ton supermarché. J’en utilise depuis que je cours et je les trouve vraiment ultra pratiques. Ils sont petits et légers et se glissent donc facilement n’importe où. Parfait pour combler les trous dans ton sac 🙂

  • De sucres (plus ou moins lents), tu te goinfreras.

Après l’effort, le réconfort ! C’est important pour le moral le réconfort. Pendant le GR, on oublie les problèmes de poids et on en profite pour manger ! Beaucoup ! Dis toi qu’au bas mot tu vas brûler deux fois plus de calories que d’habitude. Il faut donc manger en conséquence si tu ne veux pas avoir un gros coup de pompe comme ce fut le cas pour le co-randonneur qui n’a pas misé assez sur les sucres lents. Je crois bien que je n’ai jamais mangé autant de pom-potes et de Snickers !

  • Aux produits locaux, tu goûteras !

Pour notre repas du midi, nous avions décidé que nous achèterions pain et fromages fermiers dans les refuges et du saucisson pour monsieur pour quand même goûter à tous les bons produits typiquement Corse. Autant pour la charcuterie, nous savions à quoi nous attendre, autant le fromage c’était un mystère. Et ma foi, les fromages fermiers sont des tueries ! Mention spécial à la tomme fermière du refuge de Prati, on a tellement aimé qu’on en a acheté 2 autres pour le lendemain. Une chacun, oui, oui. Jt’ai bien dit qu’il faut manger !

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Mon muesli, les tommes fermières et les panneaux qui nous motivent à presser le pas !

Optimisation et imperméabilisation du sac


C’est bon, j’ai un sac d’à peu près 10kg d’après la liste et le poids de chaque accessoire… maintenant il faut réussir à tout faire rentrer dans mon sac à dos de 38L ! En vrai, je n’ai pas attendu de tout avoir reçu pour m’assurer que ça passerait, mais j’ai dû me creuser un peu le ciboulot pour réussir à tout caser de façon ergonomique. En effet, pour éviter de se faire mal au dos, on doit respecter quelques règles pour ranger les affaires dans son sac. En gros, les affaires les plus lourdes doivent être au milieu du sac, contre ton dos. C’est pas pour rien que la poche à eau est située à cet endroit …

L’organisation du sac est clé quand tu veux pouvoir te préparer rapidement le matin. Hors de question de passer 1h à chercher mes affaires et à essayer de les ranger convenablement, il fallait que ce soit pratique, que je puisse tout trouver rapidement, et tout ranger tout aussi rapidement.

Pour cela, j’ai “compartimenté” mes affaires en les rangeant dans des sacs plastiques zippés. Un sac pour mes vêtements de nuit, un sac pour les vêtements de rando, un sac pour la trousse de toilette … tu vois l’idée. J’ai choisi des sacs zippés pour plusieurs raisons: c’est ultra léger, c’est imperméable, c’est résistant et grâce au zip on peut facilement faire le vide d’air pour optimiser l’espace dans le sac !

Et je ne me suis pas limitée à mes vêtements. J’ai remplacé les housses du duvet et autres affaires de camping par ces sacs zippés et j’ai reconditionné mes lyophilisés de la même manière. Car oui, les lyophilisés c’est bien, mais leur emballage en carton n’est pas vraiment des plus léger…

Résultat : tout est rentré. Ou presque. Un irréductible k-way résiste encore et toujours à l’envahisseur. Oui, ma veste imperméable, trop volumineuse ne rentrait pas dans mon sac. Qu’à cela ne tienne ! De toute façon j’ai besoin qu’elle soit accessible facilement pour la mettre rapidement si une averse nous tombe dessus sans prévenir. Un tendeur fixé sur mon sac, et hop, le tour est joué ! C’est bien pratique d’avoir un sac avec plein de fixations possibles 🙂

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Mon sac F-Stop avec ouverture dorsale, hyper pratique en trek !

Je tiens à préciser que je ne détiens pas la vérité (dommage…) et que tous mes conseils sont personnels, basés sur mon expérience pendant le GR20 et au cours de mes autres randonnées. Si tu as d’autres idées ou conseils sur le matériel à prévoir pour le GR20 où pour la randonnée en général, n’hésite pas à m’en faire part dans les commentaires.

Si tu as eu le courage de lire tout mon article alors déjà bravo ! J’en déduis que tu es hyper motivé.e pour faire le GR20. J’espère que mes conseils te serons précieux et je te souhaite un très beau GR sur les sentiers Corse !

7 commentaires sur “GR20 : mon matériel de randonnée et de camping

  1. Bonjour très utile est détaillé ton article , perso je suis plus chargé surtout en eau (3.5 l) et sac de couchage (mais je campe bien plus haut mdr) , par contre aucun réchaut et plat lophilisés 🙂 , bon trek à toi où que tu soit en ce moment , la corse ça fait un peu long pour y allez , je préfére les Alpes , bonne journée , amitié d’Auvergne

    1. merci 🙂 on y va crescendo niveau trek, notre terrain de prédilection c’est le Jura en temps normal mais on migre peu à peu dans d’autres montagnes 😉 Pourquoi pas l’Auvergne un de ces jours !

  2. Bravo pour ce très bon blog super intéressant…beaucoup d’infos et de conseils à prendre moi qui prépare le gr20 pour juin 2019…felicitations !!

  3. Super intéressant comme article, c’est toujours dur de savoir quoi prendre en rando pour plusieurs jours !!

    1. Merci 🙂 c’est clair qu’avec tout le matériel disponible et tout ce qu’on essaie de nous vendre qui n’est pas si utile que ça c’est compliqué de faire le tri. J’ai bien galéré de mon côté alors si ça peut aider …

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