Préparer le GR20. Sur le papier, ça sonne comme une simple formalité. Quelques randonnées d’entraînement, un sac bien rempli, une bonne dose de motivation… et en avant l’aventure.
Sauf que la réalité est tout autre.
Le GR20, ce n’est pas “juste” un trek. C’est une expérience qui te met face à toi-même, à ton endurance, à ton mental… et parfois à tes limites. Montées interminables, terrain technique, fatigue qui s’accumule jour après jour… ici, l’improvisation n’a pas vraiment sa place.
Et pourtant, chaque année, beaucoup partent mal préparés. Trop confiants, mal équipés ou simplement pas prêts physiquement. Résultat : galère, abandon… ou un souvenir bien moins magique que prévu.
Alors non, pas besoin d’être un athlète de haut niveau pour réussir le GR20. Mais une chose est sûre : une bonne préparation peut faire toute la différence entre subir ton trek… ou le vivre pleinement.
Dans cet article, je partage avec toi tout ce que j’aurais aimé savoir avant de partir : préparation physique, matériel, organisation… sans filtre, avec du concret, du vécu, et quelques vérités qu’on ne lit pas toujours ailleurs.
Pourquoi préparer le GR20 est indispensable
Quand j’ai décidé de me lancer sur le GR20, ce n’était pas juste pour “partir en randonnée”.
Je sortais de plusieurs mois de voyage en Australie, avec déjà de belles aventures dans les jambes. Mais cette fois, j’avais envie d’autre chose. D’un vrai défi. D’un trek qui me pousserait plus loin, physiquement et mentalement.
Et dans un coin de ma tête, il y avait ce nom.
Le GR20, la traversée de la Corse du nord au sud.
Un itinéraire mythique, réputé autant pour la beauté de ses paysages que pour sa difficulté. Un trek que, quelques mois plus tôt, je n’aurais même pas envisagé. Trop dur, trop engagé… pas pour moi.
Et pourtant.
En creusant un peu, une évidence s’est imposée : ce n’était pas inaccessible. Mais ce n’était clairement pas non plus une randonnée qu’on improvise.
Car le GR20, ce sont environ 180 km, plus de 10 000 mètres de dénivelé positif, et surtout un terrain exigeant, souvent technique, qui met le corps à rude épreuve jour après jour.
Et c’est là que beaucoup se trompent.
Chaque année, de nombreux randonneurs partent en pensant que leur condition physique “classique” suffira. Résultat : fatigue excessive, blessures, perte de plaisir… et parfois abandon dès les premières étapes.
Préparer le GR20, ce n’est donc pas une option. C’est ce qui va déterminer toute ton expérience.
C’est ce qui va faire la différence entre subir chaque journée en comptant les kilomètres… ou profiter pleinement de l’un des plus beaux treks d’Europe.
Dans notre cas, on a même choisi d’ajouter une couche de difficulté : le parcourir en autonomie, avec tente et matériel sur le dos, et en 12 jours au lieu des 16 habituels. Autant dire qu’on n’avait pas vraiment le droit à l’improvisation. Ce GR20 nous voulions le mériter à la sueur de notre front.
En dormant et en mangeant en refuges, je n’aurais jamais eu la même fierté à l’arrivée, un peu comme si j’avais triché.
C’est pour ça que toute la phase de préparation a été essentielle. Et c’est exactement ce que je partage avec toi dans cet article, ce qu’il faut vraiment anticiper, ce qui fait la différence sur le terrain… et ce que j’aurais aimé savoir avant de partir.
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Comment bien se préparer physiquement au GR20 ?
Tu t’en doutes, il n’existe pas UNE seule façon de se préparer au GR20. Tout dépend de ton niveau de départ, de ton expérience en montagne… et de ton objectif sur le trek.
Mais une chose est sûre : partir sans préparation est clairement la meilleure façon de transformer l’aventure en galère.
De notre côté, on partait avec un profil plutôt sportif. On avait déjà l’habitude de randonner sur des terrains techniques, on courait régulièrement (environ 20 km par semaine) et on avait déjà fait un trek en itinérance en Islande… mais jamais en autonomie complète.
Autrement dit : une bonne base, mais encore pas mal d’inconnues.
S’entraîner pour les vraies difficultés du GR20
Très vite, on a identifié nos points faibles :
- l’endurance sur plusieurs jours consécutifs
- le port du sac chargé
- l’enchaînement du dénivelé
On a donc construit une préparation simple mais efficace sur 4 mois, avec une priorité : se rapprocher le plus possible des conditions réelles.
Concrètement, ça s’est traduit par :
- des randonnées (très) longues (20 à 40 km)
- du dénivelé régulier (jusqu’à 1500 m D+)
- et surtout, des sorties avec sac chargé
Parce que oui, marcher avec 10 kg sur le dos change absolument tout.
Tester en conditions réelles (et éviter les mauvaises surprises)
Un point qu’on sous-estime souvent : tester son matériel… et son corps.
On a par exemple fait plusieurs sorties sur deux jours avec nuit en tente pour :
- valider notre équipement
- tester notre résistance à la fatigue
- ajuster notre confort (surtout pour dormir… team frileuse ici)
Spoiler : ça nous a évité pas mal d’erreurs !
On a aussi profité d’un séjour à Majorque pour enchaîner les randonnées en conditions plus chaudes et plus exigeantes. Résultat : une meilleure gestion de l’effort, mais aussi de l’hydratation.
Est-ce que cette préparation a suffi ?
Honnêtement ? Oui.
Le GR20 reste difficile, surtout à cause du terrain très technique (les fameux pierriers… tu verras). Mais à aucun moment je ne me suis dit que c’était “trop dur” ou que je n’y arriverais pas.
Et c’est exactement ça, le but d’une bonne préparation:
– Ne pas rendre le trek facile
– Mais le rendre accessible
D’ailleurs, petite fierté : on a finalement terminé le GR20 en 11 jours au lieu des 12 prévus.
Ce que je ferais différemment
Avec le recul, j’ajouterais quand même une chose : du renforcement musculaire, notamment pour le haut du corps.
Je ne m’y attendais pas, mais certaines sections demandent pas mal de “grimpette”, et j’ai ressenti des douleurs aux cervicales après quelques jours.
Si tu veux optimiser ta préparation, pense donc à intégrer :
- du renforcement du dos et des épaules
- ou même de la natation
Et petit bonus auquel on ne pense pas forcément : l’accrobranche.
Pas pour “s’entraîner” à proprement parler, mais pour tester ton aisance en hauteur, ton équilibre et ton rapport au vide. Ça peut vraiment t’aider à anticiper certaines portions un peu techniques du GR20.
Es-tu prêt.e pour le GR20 ?
Avant de te lancer, fais un check rapide. Si tu coches la majorité de ces cases, tu es sur la bonne voie :
- Je suis capable d’enchaîner plusieurs jours de randonnée (au moins 4 à 5 jours consécutifs)
- Je peux faire 15 à 20 km avec du dénivelé sans être épuisé(e)
- J’ai déjà marché avec un sac de 10 à 15 kg
- Je récupère correctement d’un effort d’une journée à l’autre
- J’ai déjà randonné sur des terrains techniques (rochers, pierriers, passages escarpés)
- Je suis à l’aise avec le dénivelé (montées ET descentes)
- Je n’ai pas de vertige bloquant
- J’ai testé mon matériel en conditions réelles (au moins une fois)
- Je sais gérer mon eau et mon alimentation en rando
- Mon sac est optimisé (ni trop lourd, ni rempli d’inutile)
- Je suis prêt(e) à sortir de ma zone de confort
- Je sais que certaines journées seront difficiles
- Je suis motivé(e) même quand ça devient inconfortable
- J'ai prévu de partir avec quelqu'un en qui j'ai 100% confiance pour m'aider et me soutenir
Si tu coches tout : fonce, tu es prêt(e). Si tu hésites sur plusieurs points : rien de grave, mais ajuste ta préparation.
Parce qu’au final, le GR20 ne pardonne pas vraiment l’improvisation… mais il récompense toujours ceux qui s’y préparent sérieusement.
Quel matériel prévoir pour réaliser le GR20 ?
S’il y a bien un point qui peut faire basculer ton expérience du tout au tout sur le GR20, c’est ton matériel.
Un sac trop lourd, des chaussures mal adaptées, un équipement mal pensé… et ce qui devait être une aventure incroyable peut vite devenir un vrai calvaire.
De notre côté, on avait fait un choix clair dès le départ : partir en autonomie, avec tente, matelas, duvet, réchaud… bref, toute notre petite maison sur le dos.
Résultat ? Une liberté totale sur le trek… mais aussi une exigence encore plus forte sur l’optimisation du sac.
Parce que sur le GR20, chaque kilo compte. Vraiment.
Les indispensables à ne pas négliger
Sans rentrer dans tous les détails (je te les partage juste après), voici les grandes catégories à anticiper :
- un sac à dos adapté et bien réglé
- des chaussures déjà testées (et approuvées !)
- un équipement pour dormir (si tu pars en autonomie)
- des vêtements techniques adaptés aux variations météo
- de quoi gérer ton alimentation et ton eau
Dit comme ça, ça paraît basique. Mais dans la réalité, chaque choix a un impact direct sur ton confort… et sur ta capacité à enchaîner les étapes.
L’erreur classique : vouloir trop en prendre
C’est probablement le piège numéro 1.
On veut “prévoir au cas où”, on rajoute une couche, un accessoire, un petit confort… et on se retrouve avec un sac trop lourd dès le premier jour.
Spoiler : tu le regretteras dans la première montée.
Avec le recul, l’équilibre est assez simple :
– prendre le nécessaire
– mais éliminer tout le superflu
Et ça, ça demande un vrai travail de réflexion en amont.
Mon équipement complet pour le GR20
Pour t’aider concrètement, j’ai détaillé tout mon matériel dans un article dédié : sac à dos, tente, couchage, vêtements, accessoires… avec mon retour d’expérience après le trek.
Tu y trouveras :
- ce que j’ai pris
- ce que je referais à l’identique
- et ce que je changerais aujourd’hui
Parce qu’au final, le bon matériel ne rend pas le GR20 facile… mais il peut clairement t’éviter beaucoup de galères.
L’organisation du GR20 : logistique et planification
Préparer le GR20, ce n’est pas seulement être prêt physiquement. C’est aussi toute une organisation en amont, souvent sous-estimée… mais essentielle pour que ton trek se déroule sans stress.
Période, transport, réservation des refuges, choix des étapes : chaque décision a un impact sur ton expérience.
Quelle est la meilleure période pour faire le GR20 ?
C’est LA grande question.
Tu verras souvent revenir les mêmes recommandations :
– fin juin et début septembre sont idéales
– juillet et août sont plus chauds et plus fréquentés
Dans les faits, c’est un peu plus nuancé.
De notre côté, on est partis début juillet. Un choix pas forcément “parfait” sur le papier… mais qui s’est révélé très favorable cette année-là : peu de pluie, des températures correctes et finalement moins de monde que prévu.
La vraie clé, ce n’est pas tant la période que ton organisation :
- partir tôt le matin (vers 5h30)
- adapter ton rythme
- anticiper la chaleur
Réservation des refuges : une étape incontournable
Aujourd’hui, impossible d’improviser.
Face à l’affluence, la réservation des bivouacs et refuges est devenue obligatoire, même si tu voyages avec ta propre tente.
– Les réservations ouvrent généralement dès janvier
– Certaines dates partent très vite
Un conseil, réserve au plus vite directement en ligne sur la centrale de réservation gérée par le PNR Corse !
Comment rejoindre le GR20 ?
Peu importe comment tu arrives en Corse (avion ou ferry), tu devras ensuite rejoindre :
- Calenzana (départ au nord)
- Conca (départ au sud)
L’avion reste souvent le plus simple, avec :
- arrivée à Calvi (proche de Calenzana)
- départ depuis Figari (proche de Conca)
Le ferry est une alternative intéressante, notamment depuis Nice ou Toulon, avec des arrivées possibles à Bastia, Ajaccio ou Porto-Vecchio. Tu trouveras plus d’infos sur le site de Corsica Ferries
Dans tous les cas, prévois un transfert (bus, taxi…). Et évite de rejoindre le départ à pied : routes étroites, peu sécurisées.
Planifier ses étapes (et rester flexible)
Le GR20 se fait généralement en 16 étapes. Mais certains choisissent de les adapter :
- en les regroupant
- ou au contraire en les raccourcissant
De notre côté, on avait prévu 12 jours… et on a finalement terminé en 11.
Mais attention : prévoir un planning, c’est bien. Savoir l’adapter sur le terrain, c’est mieux !
Fatigue, météo, imprévus… le GR20 demande de rester flexible.
Mon conseil : prépare un itinéraire, mais garde toujours une marge d’ajustement.
Préparer le GR20 : les réponses à tes questions
Avant de te lancer, il y a souvent mille questions qui te passent par la tête. Certaines très pratiques, d’autres un peu plus existentielles… et c’est bien normal.
Je regroupe ici les réponses aux questions les plus fréquentes que je me suis posées (et que beaucoup se posent aussi) avant de partir sur le GR20. De quoi t’aider à y voir plus clair… et à partir un peu plus serein(e).
Quel sens choisir pour le GR20 ?
Le sens Nord-Sud est le plus courant, et pour cause :
- les paysages les plus spectaculaires sont au début
- c’est l’itinéraire “historique”
- et l’arrivée à Conca est plus symbolique
Mais c’est avant tout une question de préférence. Et enfin, contrairement à une idée répandu, sache que non, tu n’auras pas le soleil dans les yeux dans le sens nord-sud !
Faut-il craindre la chaleur en été ?
Oui… mais elle se gère très bien avec une bonne organisation :
- départ tôt le matin
- étapes adaptées
- bonne hydratation
Dans notre cas, en partant vers 5h30, nous arrivions souvent avant les grosses chaleurs (et les potentiels orages).
Que faire en cas d’abandon ?
C’est une question qu’on n’aime pas se poser… mais elle est essentielle.
Avant de partir, réfléchis à :
- ce que tu feras en cas de blessure
- si tu continues seul(e) ou non
- comment gérer ton retour
Anticiper ces situations permet d’éviter des décisions difficiles sur le moment.
Quel guide choisir pour préparer le GR20 ?
Deux références principales existent :
- le topoguide du GR20. Ce guide édité par la fédération française est très complet avec de nombreuses explications sur la faune et la flore. Il inclut aussi les différentes variantes possibles ainsi que les sommets annexes.
- le guide Rother sur le GR20. Plus petit et donc plus compact que le topoguide, ce guide se « limite » à ne décrire que les étapes et les variantes du GR20.
Personnellement, j’ai préféré le format Rother, plus pratique à utiliser sur le terrain.
Peut-on adapter son planning pendant le trek ?
Oui, et c’est même conseillé.
Entre la fatigue, la météo et les imprévus, il est rare de suivre son plan à la lettre. L’important est de rester à l’écoute de ton corps et de t’adapter.
Conclusion : bien préparer le GR20, c’est surtout savoir s’adapter
Ce serait trop simple de dire que tout s’est déroulé exactement comme prévu.
Oui, on avait un plan. Oui, on s’était préparés sérieusement. Et oui… on a même réussi à gagner un jour sur notre itinéraire initial.
Mais sur le GR20, rien n’est jamais totalement figé.
Entre la fatigue, le terrain, la météo et les imprévus du quotidien, c’est surtout ta capacité à t’adapter qui fait la différence. Pas ton plan parfait sur papier.
De notre côté, on a simplement ajusté notre rythme au fil des étapes, en fonction de notre forme et des conditions du moment.
Et c’est probablement ça, la vraie clé d’une bonne préparation : anticiper… sans rigidité.
Si tu veux aller plus loin, je partage dans un autre article notre expérience complète du GR20, étape par étape, avec nos ressentis, les refuges, et tous les conseils terrain issus du trek.

