Vents & Voyages

GR57: Trek d'une semaine autour du Thabor et des Cerces

Mis à jour le

05 août 2022

Il n’y a pas si longtemps de ça, tu m’aurais parlé d’un trek autour des massifs du Thabor et des Cerces, je t’aurais regardé avec des yeux de merlan frit. 

Honte à moi, j’aurais été bien incapable de te situer ces deux massifs. Il faut dire que, “coincés” entre les trois magnifiques parcs de la Vanoise, des Ecrins et du Queyras, ces massifs n’appartenant à aucun parc sont un peu les oubliés du secteur. Enfin, oubliés, oubliés… tout est relatif. Disons qu’ils sont assez peu connus des novices en trek, comme moi il y a quelques années, mais plutôt bien réputés chez les randonneurs expérimentés, ou les habitants de la région. 

Pour ma part, j’ai découvert le Thabor complètement par hasard au gré de mes pérégrinations sur la toile. De magnifiques photos automnales ont attirés mon attention et c’est comme ça que je mettais un nom et une localisation sur ce massif, à cheval entre la Savoie et les Hautes-Alpes. Ayant toujours ces sublimes paysages automnaux dans un coin de mon esprit, je m’étais promis que moi aussi, j’irai un jour faire un trek dans le Thabor, sous ses plus belles couleurs.

Trek autour du Thabor et des Cerces - en résumé

Départ / Arrivée:

Le Lauzet (Monêtier les Bains)

Durée:

7 jours

Difficulté:

Moyen (4/5)

Meilleure Saison:

Automne

Bivouac :

Autorisé

Tu retrouveras dans le tableau suivant le détail des étapes jour par jour en tenant compte des refuges. Ce tour s’inspire largement du tracé officiel du trek autour du Thabor (GR57), mais avec quelques variantes. Compte tenu du nombre de sentiers et d’options possibles, il est tout à fait possible de découper cette boucle différemment, en plus ou moins d’étapes selon ta forme, ton rythme et surtout tes envies !

Jours

Etapes

Distance (km)

Durée

Dénivelé +

Dénivelé -

Difficulté

1

Le Lauzet - Refuge de Buffère

16.8

5h30

1000

630

++

2

Refuge de Buffère - Névache

20.8

6h

800

1270

+

3

Névache – Refuge du Thabor

20.6

8h

1790

900

+++

4

Refuge du Thabor- Refuge de Terre Rouge

13.7

5h

790

1120

++

5

Refuge de Terre Rouge - Valloire

17.3

6h

530

1290

+

6

Valloire – Refuge des Drayères

22.0

7h30

1480

720

++

7

Refuge des Drayères - Le Lauzet

15.5

5h30

780

1240

++

carte tour du thabor GR57

Clique sur l'image pour accéder au GPX

Jour 1 : Le Lauzet - Refuge de Buffère

Une fois n’est pas coutume, c’est toute seule que j’arrive au Lauzet pour commencer ce trek. Je rejoins mon co-randonneur qui, les jours précédents, a rallié à pied Névache depuis le parc de la Vanoise. Nous nous étions donné rendez-vous au refuge de Buffère afin de continuer pour l’un et commencer pour l’autre, ce trek autour du Thabor.

Je réalise donc cette première étape seule, ce qui n’est pas pour me déplaire. 

Depuis le grand parking au lieu-dit du Lauzet, quelques kilomètres avant Le Monêtier les Bains, je commence par gravir quelques mètres jusqu’à une jolie cascade naturelle. 

Bien que nous sommes mi-septembre, la chaleur de cette fin de saison est étouffante. Je viens à peine de commencer, et pourtant je suis déjà en nage. 

Je quitte rapidement le sentier rocailleux pour rejoindre une piste, somme toute assez agréable en pente douce, qui mène jusqu’à l’hameau de l’Alpe du Lauzet, niché dans un cirque rocheux.

alpage du lauzet

De là, je bifurque à droite pour rejoindre le chemin du Roy, un sentier en balcon  avec vue panoramique grandiose sur le massif des Ecrins et la vallée en contrebas. Malgré la chaleur toujours oppressante, un petit air frais en provenance des glaciers, que je devine derrière les nuages, me fait le plus grand bien. 

Je ne sais si c’est à cause de la chaleur, mais cette portion de l’étape sur ce sentier en balcon, m’avait paru durer une éternité. D’autant plus que le paysage était très monotone avec toujours la même vue sur la vallée et le village du Monêtier. Pas vraiment assez sauvage à mon goût.

J’avais hâte de passer de l’autre côté du col en espérant me retrouver entourée de sommets, mon environnement préféré.

vallée de serre chevalier
vallée de serre chevalier

Après ce long faux plat et une petite ascension, mon vœu fut enfin exaucé ! La vue depuis le col de Buffère ravissait mes pupilles ! Telle une invitation pour entrer dans le monde merveilleux du Thabor, l’automne me déroulait son tapis rouge sous mes pieds, . Comme je suis polie et bien éduquée, tu comprendras que je ne pouvais refuser. Ces couleurs semblaient si irréelles et le paysage était si féérique que l’espace d’un instant j’eu l’impression d’entrer dans un univers magique, peuplé de licornes et autres lutins. 

Du col jusqu’au refuge, tout n’était qu’enchantement dans le vallon de Buffère. J’espérais de tout coeur que la beauté de ce paysage n’était qu’un préambule au reste du trek ! Je ne savais pas encore à quel point j’avais raison.

Hasard ultime, alors que j’arrivais tranquillement au refuge, je vois une ombre se détacher sur le sentier en face de moi. Le co-randonneur ! Sans nous être coordonnés, nous débarquons ensemble, chacun de notre côté, au refuge. Ahhhh l’amour ! (ou juste la coincidence, à toi de voir !)

Alors que je ne rêvais que d’une bonne douche, que j’aurais pu prendre à l’intérieur avec de l’eau chaude, ne me demande pas pourquoi mais j’ai préféré la douche solaire en extérieur 🙂 Mon côté exhibitionniste sûrement. 

trek thabor vallon de buffère
trek thabor vallon de buffère
trek thabor vallon de buffère

Pour la petite info, nous avions privilégié les nuits en refuges ou hôtels pour ce trek, car fin septembre la météo peut souvent être capricieuse. Dormir en tente sous la pluie et le froid, non merci. Et ce soir-là, quand nous avons vu l’averse qui nous est tombée dessus, j’peux te dire qu’on était bien content de notre choix. 

Refuge de Buffère

Refuge privé de 30 places réparties en petites chambres avec mezzanines.
Tout confort avec douches chaudes.
(clique sur l'icône pour accéder au site du refuge)

Jour 2 : Refuge de Buffère - Névache

Bien au chaud dans mon duvet, le co-randonneur m’extirpe de ma rêverie pas une exclamation non feinte ” Oh, merde, c’est tout blanc ! “

Hein? Quoi ? Blanc ? Comme de la neige ?

Entre l’excitation de la première neige et l’appréhension de ce que je vaias découvrir, je m’empresse de le rejoindre près de la fenêtre.

Ohhhhhhh ! Ahhhhhh ! Ouf.

Oui c’est tout blanc, mais sur les sommets seulement. C’est beau et ça ne nous empêchera pas de marcher. Le combo parfait. 

Craignant que la neige ne s’évapore dès les premiers rayons du soleil, je me hâte d’aller prendre quelques photos et presse le co-voyageur d’avaler son petit déjeuner pour partir rapidement et ainsi profiter de ce paysage éphémère.  

D’un blanc immaculé, tels des grands voiliers à la conquête de mondes nouveaux, les sommets du Thabor et de la Vanoise voguent sur une mer de nuage. 

Après une première partie, à la fraiche, en sous-bois, nous rejoignons le torrent de l’Oule que nous allons remonter jusqu’au lac du même nom. 

Ces quelques kilomètres d’ascension, dans un décor automnale saupoudré de neige fraîche, reste l’un de mes meilleurs souvenirs de ce trek. 

Baigné de la lumière matinale, les versants éclairés révèlent au grand jour leurs plus belles couleurs. 

L’ascension se termine en apothéose au grand lac de l’Oule. 

Je n’ai rarement vu autant de couleurs présentes dans une même scène. Des reflets turquoises du lac, jusqu’aux sommets blancs, en passant par les bosquets de bruyère déjà rougis par le froid automnal, la palette est splendide. 

trek thabor en automne
trek thabor en automne
lac d'oule dans le thabor
trek thabor en automne
lac d'oule dans le thabor

Plusieurs milliers de photos plus tard (oui, rien que ça), nous passons le col de l’Oule et son panorama grandiose sur… un ciel noir bien menaçant. Gloups.

Bon, ben on va essayer d’arriver à Névache avant l’averse, hein !

Mais au lieu de suivre l’itinéraire du GR57, nous réalisons un petit crochet assorti de son joli dénivelé, jusqu’aux anciens forts de Lenlon et de l’Olive.

Ce blockhaus de la ligne Maginot a été construit fin 19ème afin de défendre la frontière avec l’Italie, et a notamment été utilisé par l’infanterie lors de la 2nd guerre mondiale.

Alors que le co-randonneur était bien plus intéressé par le côté historique du site, de mon côté c’est le panorama depuis ce belvédère qui m’intéressait. Chacun ses priorités 🙂 

Je n’aurais malheureusement pas eu le temps de m’extasier longtemps avant que l’averse ne nous tombe dessus. Dès lors, nous avons rejoins aussi rapidement que nous le pouvions notre logement à Névache.

trek thabor en automne
arc en ciel dans le thabor

De nombreux logements (hôtels, campings, gites...) sont disponibles à Névache.

trek thabor en automne
trek thabor en automne
trek thabor en automne

Jour 3 : Névache - Refuge du Thabor

Le co-randonneur ayant emprunté la portion du GR57 par le vallon des Thures quelques jours plus tôt, nous décidons de passer cette fois par l’itinéraire du GRP dans la vallée étroite pour continuer notre trek dans le Thabor.

Quelle bonne idée ! Je ne connais pas le vallon des Thures, mais je peux définitivement te conseiller la vallée étroite si tu passes dans le coin !

Pour y accéder tu as plusieurs choix. Soit le “facile” en remontant la rivière depuis la chapelle de Saint Benoit à Névache, soit en passant par le col du Creux des Souches. Cette dernière option est un peu plus sportive avec plus de dénivelé, mais la vue en arrivant au Creux des Souches est grandiose sur la vallée bien nommée étroite.

vallée étroite dans le thabor
vallée étroite dans le thabor

Les deux chemins se rejoignent ensuite à la rivière d’où continue la longue ascension jusqu’au col du Vallon. 

Devant ma mine fatiguée, les marmottes ne manquent pas d’encouragement ! A moins que ce ne soit mon postérieur bien moulé qui ne leur fasse cet effet, qui sait ? 😉 

trek thabor
marmotte dans le thabor
vallée étroite dans le thabor

Malgré le vent assez glacial à 2600m, nous essayons de trouver un petit coin protégé au niveau du col pour notre pause pique-nique. Il faut dire que la vue est sublime sur les pics dentelés du massif du Thabor.

Les premières gouttes de pluie nous suggèrent de ne pas trop trainer. C’est bien noté.

Et alors que nous rejoignons l’embranchement avec le sentier du GR57, le déluge nous tombe dessus !

Je ne le dirais jamais assez, mais en cas de forte pluie, le poncho c’est la vie. Même avec une veste goretex ! Fort heureusement, nous trouvons de quoi nous abriter sommairement sous les arbres en attendant que l’arche de Noé passe nous prendre. 

Sa ponctualité laissant à désirer, nous profitons d’une petite accalmie pour reprendre le sentier désormais tout boueux. 

Je ne le dirais jamais assez (bis), mais en cas de forte pluie et de terrain boueux, la chaussure en cuir c’est la vie ! 

trek thabor
trek thabor
le thabor sous la pluie
trek thabor
le thabor sous la pluie

Je ne pourrais pas vraiment te décrire la dernière portion du sentier menant au refuge du Thabor car la brume s’est invitée dans cette magnifique journée 🙂 

Nous arrivons donc sous la pluie, la brume et transits de froid au refuge du Thabor. Etant déjà fin septembre, le refuge n’est plus gardé et seule sa partie “hiver” est ouverte aux randonneurs de passage. Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre et nous nous inquiétons un peu de savoir comment faire sécher nos vêtements…

Finalement, nous découvrons avec grande surprise que tout un étage du refuge est ouvert, avec plusieurs grands dortoirs (non chauffés), des toilettes sèches ainsi qu’une cuisine et une grande pièce de vie avec un grand poêle à bois que d’autres randonneurs arrivés avant nous ont déjà eu le temps d’allumer ! Alléluia !

Nous étions ainsi une vingtaine de personnes à partager ce lieu ce soir là, dans une très bonne ambiance.

le thabor sous la pluie

Refuge du Mont Thabor

Refuge appartenant à la FFCAM, de 46 couchages en saison, répartis en plusieurs dortoirs.
Douches et eau courante disponible
(clique sur l'icône pour accéder au site du refuge)

le thabor sous la pluie

Jour 4 : Refuge du Thabor - Refuge de Terre Rouge

Grâce à mon super duvet bien chaud (et les quelques couvertures présentes) je passe une très bonne nuit malgré le froid.

Je me réveille d’ailleurs aux aurores, juste avant le lever du soleil. Je constate en regardant furtivement dehors qu’un grand ciel clair a chassé les nuages de la veille.

Enfin, chassé, c’est un bien grand mot… en effet, ces derniers sont tous allés se coucher au creux de la vallée,  m’offrant un merveilleux spectacle matinal devant les sommets de la Vanoise.

lever de soleil sur la Vanoise

Je fais l’impasse sur le petit déjeuner et m’empresse de monter aux lacs situés au dessus du refuge pour immortaliser ces doux instants éphémères. Assise sur un rocher d’occasion, je scrute le changements de couleurs à l’horizon, prête à dégainer aux premiers rayons du soleil. 

En quelques secondes, la lumière jaillit. Telle une cascade d’or, elle inonde et embrase tout sur son passage. La nuit se fait vie. 

trek autour du thabor
le refuge du thabor
lever de soleil dans le Thabor
lever de soleil sur la Vanoise

Si la veille nous avions quelques inquiétudes quant à l’itinéraire du jour, ce matin nous étions fixés. Avec ce grand soleil et ce beau ciel bleu, les conditions parfaites étaient réunies pour monter au sommer du Mont Thabor.

Aujourd’hui nous allions réaliser notre premier 3000 !

Pire qu’une gamine à qui l’on promet une glace, j’étais toute excitée à cette perspective. Nous avions eu tant d’opportunités manquées lors de nos précédents treks, que celle-là je n’allais pas la laisser passer. 

trek autour du thabor
ascension du Thabor
trek autour du thabor

A travers les herbes scintillantes, nous rejoignons en quelques minutes le lac du Peyron, superbement mis en valeur par le jeu de lumière matinal.

Alors que nous progressons vers le col des Méandes, le vent se lève, réveillant les nuages endormis dans la vallée. Les sommets ne se distinguent plus que sporadiquement à travers la brume. Le soleil se cache. L’atmosphère change drastiquement. 

Je réalise les derniers kilomètres dans le brouillard et la neige, voyant à peine à 10m devant moi.

Finalement, une ombre se détache. La chapelle ! Je m’y précipite, espérant trouver un refuge protégé du vent et du froid pour remplacer mon t-shirt mouillé et prendre une veste. Que nenni. Interdiction d’y entrer, le plancher est troué. Ah, ok.

Je tente de distinguer le paysage autour de moi, mais à part 2-3 sommets entre deux bourrasques, c’est peine perdue. Ce n’est pas comme ça que j’imaginais mon premier 3000 mais bon, il y en aura d’autres ! (j’espère !)

ascension du Thabor
ascension du Thabor
ascension du Thabor
ascension du Thabor

J’étais motivée pour attendre un peu, histoire de voir si les nuages allaient partir, mais ce n’était pas au goût du co-randonneur. 

Nous avons donc fait demi-tour pour rejoindre le col de la chapelle un peu plus bas. La portion le long de la pointe des Angelières est assez casse-cou, bien raide par endroit sur un sol bien glaiseux et glissant. Nous ne sommes pas mécontents d’arriver en vie au col !

Si depuis le sommet nous ne voyions rien, c’est tout autre ici. La vue est fantastique ! 

Entre la roche noire et les restes de neige tombée récemment, nous étions dans un décor monochromatique, non sans me rappeler le Mordor.

thabor terre rouge
thabor terre rouge
thabor
thabor
thabor

De là, nous suivons l’itinéraire permettant de rejoindre le refuge de Terre Rouge. Facile en théorie, bien plus compliqué quand il y a de la neige sur les pierres avec le balisage. Dans un pierrier, pas facile, facile de se repérer.

Heureusement pour nous, un chien nous avait devancé, laissant traces de ses patounes dans la neige fraîche. Bon, il n’est sûrement pas passé par les endroits les plus simples, mais on a réussit, à l’aide de quelques acrobaties, à rejoindre le sentier un peu plus bas. 

D’un petit promontoire, nous surplombions la magnifique vallée de terre rouge. 

thabor terre rouge
thabor terre rouge

A cet instant là, malgré le froid, la neige, le vent, la pluie et la brume, je ne regrettais pas une seule seconde d’avoir décidé de découvrir ce massif à cette période automnale ! 

Oui, certes, il manquait les mélèzes couleur d’or, pour parfaire le tableau, mais ce que je voyais suffisait amplement à mon bonheur.

Nous sommes arrivés au refuge de Terre Rouge en milieu d’après-midi, où nous avons eu la chance d’être les seuls randonneurs de passage ce soir là !

Refuge de Terre Rouge

Refuge privé de 60 couchages en saison, répartis en plusieurs dortoirs.
Douches et eau courante disponible quand l'activité solaire le permet.
(clique sur l'icône pour accéder au site du refuge)

thabor terre rouge

Jour 5 : Refuge de Terre Rouge - Valloire

Je ne vais pas te le cacher, cette étape du trek autour du Thabor a été la moins intéressante du parcours. 

Son principal intérêt était de repasser faire quelques courses à Valloire pour terminer le tour. 

Sur les conseils du gardien de Terre Rouge, nous avons commencé l’étape en passant par le lac vert. Situé dans un magnifique écrin de verdure et de fleurs, nous sommes arrivé tout juste au moment ou les rayons du soleil se mirent à éclairer le lac. Y’a pas à dire, entre un lac à l’ombre et eu soleil, les couleurs ne sont pas les mêmes! 

Le sentier à flanc de montagne continue quelques kilomètres dans un décor très sauvages, aux couleurs automnales.

lac vert

Nous avons ensuite suivi le GRP qui passe sur les hauteurs de Valmeinier avant de rejoindre Valloire où nous avons opté pour l’un des quelques hôtels restés ouverts à cette saison ! Eh oui, à la fin de la saison estivale en septembre, à l’instar des refuges, de nombreux hôteliers prennent leurs congés avant de ré-ouvrir dès que la neige arrive. Je te conseille donc de bien réserver ton logement à l’avance pour éviter des déconvenus.

De nombreux logements (hôtels, campings, gites...) sont disponibles à Valloire.

trek autour du thabor

Jour 6 : Valloire - Refuge des Drayères

La panse bien pleine après nos courses et repas de la veille, nous en avions déjà plus qu’assez de la “ville” et étions dans les starting blocks pour repartir à l’aventure. Et pour les deux derniers jours, c’était du côté du massif des Cerces que nos pas allaient nous mener ! 

Nous reprenons le sentier bien aménagé sur les hauteurs de la ville depuis lequel nous jouissions d’une vue fabuleuse sur la Meije dans les Ecrins. Oui, oui, sa petite tête blanche bien visible dépassait derrière l’Aiguille Noire et c’était un plaisir de marcher à sa rencontre.

tour des cerces

A l’instar des précédentes journées, les couleurs automnales de plus en plus prononcées continuaient de ravir nos pupilles. Ravissement également mesuré par le nombre de photos que j’ai dû trier suite à ce trek et dont j’use et j’abonde dans cet article. 

tour des cerces
tour des cerces
tour des cerces

Depuis le col de la Plagnette nous profitons d’une vue imprenable sur le Lac Rond niché au pied des grandes pointes des Cerces. 

Le lac du Grand Ban se trouve juste à côté, mais il faut monter au col des Rochilles pour admirer la vue. Autant dire qu’au bout de 6 jours j’avais bien la flemme 😀 

En continuant sur le sentier, nous découvrons le petit lac de la Clarée, malheureusement déjà complètement à l’ombre en début d’après-midi. 

Jusqu’au refuge des Drayères, nous longeons la Clarée qui coule de bassins en bassins en de multiples cascades. Les paysages sont une fois de plus sublimes et sauvages. 

tour des cerces
tour des cerces
marmotte

Alors que le co-randonneur préfère s’arrêter là pour la journée et profiter d’une bière bien mérité, je décide d’avoir encore la forme et un peu de temps devant moi pour continuer à explorer les sentiers environnants.

Je décide donc de réaliser la petite boucle jusqu’au lac long et au lac rond, tous deux situés sur les hauteurs, au dessus du refuge. Sans gros sac dans le dos, avec juste le minimum, à savoir un appareil photo, c’est tout de suite plus simple pour avancer !

Si le lac rond ne m’a pas fait forte impression, le lac rond était bien plus sympathique, surtout à cet horaire en fin de journée quand la luminosité permet de mettre en valeur les couleurs et les reliefs.

tour des cerces
tour des cerces
tour des cerces
tour des cerces

Ce soir là, une fois de plus, nous sommes les seuls à dormir dans le refuge ! Au moins je ne suis pas importunée par les ronflements des autres randonneurs 🙂

Refuge de Drayères

Refuge de la ffcam de 64 couchages en saison, répartis en plusieurs dortoirs.
Douches et eau courante disponible quand l'activité solaire le permet.
(clique sur l'icône pour accéder au site du refuge)

tour des cerces
tour des cerces

Jour 6 : Refuge des Drayères - Le Lauzet

Pour rentrer au Lauzet depuis le refuge des Drayères, trois options s’offraient à nous:

  • rejoindre le col de la Ponsonnière en repassant par le lac rond, découvert la veille
  • rejoindre le col de la Ponsonnière par un itinéraire plus ardu par le col des Béraudes
  • passer par le col du Chardonnet sud

Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons finalement décidé de passer par le col des Béraudes. Enfin, surtout moi car le co-randonneur n’était pas au courant du tracé. Héhé.

D’heure bien matinal, nous profitons des paysages tout juste illuminés par le soleil, le long de la Clarée avant de nous lancer à l’assaut de la longue ascension jusqu’au lac des Béraudes.

tour des cerces
tour des cerces
tour des cerces

Je peux te dire que la beauté du lac est proportionnelle à la raideur du sentier qui y mène ! 500 mètres de dénivelé en 2km, ça fait chauffer le palpitant ! Mais quelle beauté à l’arrivée ! 

De si bonne heure, nous étions quasiment seuls à contempler cette belle étendue turquoise. C’était parfait.

lac des béraudes
lac des béraudes
lac des béraudes

Mais il nous restait encore un peu de dénivelé jusqu’au col. Oh, pas grand chose, à peine 300 mètres. Oui, mais pas n’importe lesquels ! Ce col est réputé difficile et je comprends pourquoi. Le sentier, très exigu et très minéral, n’est pas roulant du tout, avec quelques mains courantes le long de la paroi.

Mais en prenant son temps, rien n’est impossible 🙂 

De là haut, le panorama à 360° est grandiose ! D’un côté le lac des Béraudes scintille sous nos pieds, et de l’autre les glaciers des Ecrins se pavanent majestueusement. Sûrement l’une des plus belles vues de ce trek !

col des béraudes
col de la ponsonnière

Ma carte SD alourdie de plusieurs photos, nous reprenons le chemin vers le deuxième col de cette étape, le col de la Ponsonnière.

Après le col des Béraudes, je pensais que le moment “wahou” de la journée était passée, mais le spectacle n’était pas terminé. 

Le col de la Ponsonnière offre une vue tout aussi splendide que le précédent, mais sur le Grand Lac des Cerces, cette fois-ci. 

Voyant l’afflux de randonneurs du samedi arriver, nous avons vite quitter les lieux pour redescendre sur ledit lac. Bien que totalement différent, la vue depuis le bord du lac est tout aussi sublime.

col de la ponsonnière
tour des cerces

A cet instant, si nous avions été un peu plus attentif au tracé GPS, nous aurions dû contourner les Arêtes de la Bruyère par l’est au lieu du sud, afin d’éviter une descente très compliquée par des mains courantes.

Mais comme nous sommes un peu “étourdis”, nous nous sommes rendus compte trop tard de notre erreur.  

Nous ne faisions pas les malins à descendre avec nos gros sacs dans ce passage pas forcément très adapté. Nous avions fait pire, mais justement, quand je peux, j’évite ces plans foireux. Surtout le dernier jour, avec la fatigue. Trop tard pour cette fois-ci. 

Nous atteignons ensuite rapidement l’Alpe du Lauzet d’où nous retrouvons le sentier menant au parking.

alpes du lauzet

Conseils et informations pratiques

Je t’invite à regarder la liste de mon matériel dans mon article sur mon matériel de Trek pour te faire une idée de ce que j’ai l’habitude d’emporter avec moi. Partis mi-septembre, même si nous avons eu de belles journées chaudes, il faisait quand même bien plus frais que l’été, surtout en début ou fin de journée. De plus, la météo étant bien plus instable à cette période nous avons aussi dû affronter plusieurs averses. Je ne regrette donc absolument pas mes vêtements de pluie et mon caleçon long car il faisait trop froid à mon goût pour le short.

Concernant la logistique, il existe de nombreuses “portes d’entrée” pour commencer le tour si tu es véhiculé. 

Pour la team sans voiture, il est généralement conseillé de commencer depuis Valloire ou Valmeinier au nord ou Le Mônetier les Bains. 

Pour ce trek, nous n’avons dormi qu’en refuge ou hôtel, ceci afin d’éviter de porter la tente et trop de nourriture, mais aussi pour éviter les problèmes de vêtements mouillés qui ne sèchent pas. Nous connaissant, cela nous aurait miné le moral de devoir dormir sous la pluie et devoir reprendre les vêtements mouillés de la veille sur nous. 

Le refuge / hôtel c’est plus cher, mais c’est maximiser ses chances de passer un agréable trek malgré les conditions météos.

Les refuges appartenant à la ffcam sont généralement fermés dès le 15 septembre. Certains laissant néanmoins un refuge d’hiver de disponible pour les randonneurs.

Les refuges privés sont quant à eux généralement ouverts un peu plus longtemps, parfois jusqu’à fin septembre, selon leur degré d’accessibilité.

Il n’existe à ma connaissance, aucune restriction concernant le bivouac dans le massif du Thabor autre que les règles standards (que tu peux lire dans mon article sur le bivouac et sa réglementation)

La saison pour réaliser ce trek s’étend de mi-juin à mi-octobre, quand les sentiers et les cols sont accessibles sans neige, notamment ceux à proximité direct du Thabor où il peut rester des névés tardif même en juillet. Si tu n’es pas contraint par les vacances scolaires, je te recommande vivement de privilégier les quelques semaines à l’automne pour réaliser ce tour afin de profiter des sublimes couleurs automnales. 

Le tour du Mont Thabor est un trek sportif mais qui n’est pas réputé pour être ultra exigeant. De mon avis il reste accessible au plus grand nombre.

Compte tenu du nombre de variantes possibles entre le GR57 du Tour du Mont Thabor et le GRP, cela laisse de très nombreuses possibilités pour créer un tour sur mesure, sur un nombre de jours et avec une difficulté adaptée à son niveau sportif. 

En conclusion, ce trek autour du Thabor était exactement à l’image que je m’en faisais ! Sauvage, coloré, avec plein de lacs et des paysages grandioses. Le Thabor n’est peut-être pas classé comme un parc, mais il n’a certainement pas à rougir de sa situation, car il mérite tout autant d’être découvert que ses voisins plus connus. 

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pinterest thabor
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7 réflexions sur “GR57: Le tour du Thabor et des Cerces en 7 jours”

  1. Merci Sarah… de nous faire partager cette belle expérience, de nous procurer le plaisir de contempler toutes ces photos grandioses et de nous donner l’envie de vivre cette magnifique randonnée en boucle.

  2. J’avais déjà entendu parler de ce massif, mais j’avoue qu’il m’était complètement sorti de la tête jusqu’à ce que je lise ton récit et profite de tes photos absolument sublimes. Cette fois-ci je le garde bien au chaud dans mes favoris 😉

  3. Ça a l’air d’être un superbe itinéraire ! Au top l’article ! Je me le garde sous le coude pour le jour où je me tenterai ce GR. 🙂 J’en ai fait une portion (ta première étape) en début de semaine en faisant le tour entre Écrin et Clarée en 5 jours et j’ai adoré la vue depuis le col de Buffère que j’ai fait au lever du soleil et le sublime refuge de Buffère où j’y ai cassé la croute. J’aurais pu rester y lézarder toute la journée 😅

    1. Il est top ce refuge de Buffère c’est clair ! Et le coucher / lever de soleil au col ça devait être quelque chose ! Franchement ce massif a été une très belle révélation ! Il fait clairement partie des endroits que j’aimerais continuer à découvrir, alors profites-en pour moi 😊

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