Bilan de mon voyage en Polynésie

Après t’avoir donné tous mes conseils pour préparer et organiser ton voyage en Polynésie, puis t’avoir raconté en long en large et en travers notre périple de 3 semaines dans les îles, l’heure est venue de faire le bilan de mon voyage en Polynésie.  Dans cet article, pas de langue de bois, je te dis tout, tout, tout. Ce que j’ai aimé bien sûr mais aussi ce que j’ai moins apprécié. Je voudrais aussi en profiter pour te parler de la Polynésie qu’on ne voit pas, que les touristes ne connaissent pas.

Résumé de nos vacances


Tahiti en 3 jours

  • Tour de l’île en passant par la presqu’île
  • Visite des jardins de Vaipahi
  • Randonnée dans la vallée de la Fautaua
  • Visite de Papeete
  • Vue du belvédère

Maupiti en 2 jours

  • Snorkeling et plongée avec les raies manta
  • Randonnée au Mont Teurafaatiu
  • Tour de l’île à pied
  • Escapade sur un motu

Raiatea et Tahaa en 2 jours

  • Plongée sur l’épave du Nordby
  • Randonnée au mont Taipioi
  • Visite d’une vanilleraie et d’une ferme perlière
  • Snorkeling dans le jardin de corail de Tahaa

Bora-Bora en 2 jours

  • Snorkeling
  • Tour de quad dans la montagne

Rangiroa en 3 jours

  • Plongée dans la passe de Tiputa
  • Spectacle de danses polynésiennes
  • Tour de vélo à Tiputa
  • Excursion à l’île aux récifs et snorkeling
  • Visite d’une ferme perlière

Tikehau en 2 jours

  • Snorkeling et plongée
  • Tour de l’île à vélo

Moorea en 4 jours

  • Randonnée au Belvédère
  • Visite du lycée agricole et de l’entreprise de jus de fruit
  • Snorkeling et plongée
  • Excursion pour voir les baleines

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Bilan financier


Coût global : En tout et pour tout, de porte à porte, ce voyage nous est revenu à environ 11 200 € pour 2 adultes

Voici le détail des postes de dépense:

  • Billets vol international (en partant de province) et pass inter-îles : 5350 €
  • Logements: 2230 €
  • Activités (sauf plongées): 540 €
  • Plongées: 860 €
  • Repas: 910 €
  • Location de voiture à Tahiti et Moorea: 450 €
  • Frais de transport en France (essence / péage / parking aéroport) : 200 €
  • Pet-sitter : 100 €
  • Cadeaux et souvenirs : 570 €

Comme tu peux le constater la plongée revient presque aussi cher que les repas … et pourtant nous n’avons mangé au restaurant que 2 fois dans le séjour ! Pour te faire une idée je pense que même en rognant sur les dépenses superficielles tu auras du mal à ne pas dépasser les 10 000€ à deux. Nous avions prévu une fourchette entre 10 -12 000€ et nous sommes en plein dedans !

Conclusion


Au recto de la carte postale …

Au cas où tu en douterais, nous avons adoré notre voyage malgré des couacs de ci de là. Ce que j’ai personnellement aimé, c’est le fait de loger dans les pensions, directement chez l’habitant et de pouvoir discuter avec eux sur tous ces sujets de la vie courante dans les îles afin de mieux comprendre leur culture et leur mode de vie. Parce que bon, la Polynésie ça fait partie des TOM, c’est à dire que officiellement c’est un territoire français mais avec une réglementation particulière dans beaucoup de domaines. Un exemple concret pour n’en citer qu’un, le calendrier des vacances scolaires n’est pas le même là bas. La gentillesse et l’accueil chaleureux des Polynésiens n’est plus à faire. Quand on t’attend avec un collier de fleurs fraîches fait maison, franchement si ça c’est pas le summum de l’accueil ?

L’autre aspect positif des pensions c’est que nous ne mangions jamais seuls, nous étions avec les autres touristes et du coup, même si nous faisions notre circuit seul, à chaque fois nous avions l’opportunité de discuter avec d’autres personnes. Ce qui n’aurait pas du tout été le cas si nous n’avions logés qu’en hôtel. Nous avons côtoyé beaucoup d’internes et d’externes en médecine qui profitait de leurs journées de libre pour découvrir les îles, ainsi que des expatriés “les popaas”. C’était très intéressant d’avoir leur vision sur la vie en Polynésie.

Bien sûr, comment ne pas parler de la beauté des fonds marins et de nos plongées exceptionnelles ! On nous avait prévenu que pour nos premières plongées en mer nous étions gâtés et je le confirme. Je suis particulièrement contente d’avoir eu une gopro à cet instant pour capturer ces souvenirs. Je ne me lasse pas de regarder ces vidéos. Un grand merci à celui qui me l’a prêtée 😉

Un autre point sur lequel j’ai envie d’insister c’est les randonnées. Même s’il faut souvent un guide pour accéder aux endroits les plus reculés et peu voire pas du tout balisé, il y a de nombreuses possibilités pour tous ceux qui n’aiment pas faire la crêpe toute la journée. C’est un des aspects qui est peu mis en avant lorsque l’on parle de la Polynésie et c’est bien dommage. Bon, par contre pour randonner évite les atolls, tu risquerais d’être décu.e…

Enfin, parlons différence, parlons tolérance. Au cours de notre voyage nous avons eu l’occasion de rencontrer des hommes qui arboraient leur différence avec fierté, sans se cacher. Parmi ces derniers, il convient de distinguer les hommes efféminés mais pas nécessairement homosexuels, qu’on appelle les Mahu, et les transsexuels, les Raerae “Réré”. Ces hommes du troisième genre évoluent dans la société polynésienne depuis des siècles et y sont totalement acceptés. Ils occupent souvent des fonctions dans le tourisme et les domaines du relationnel. Cela peut surprendre au premier abord, mais je trouve ça génial cette tolérance ! A quand en France ?

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… et au verso

Parce qu’aucune destination n’est totalement parfaite, en nous confrontant plus à la réalité que confinés dans des grands hôtels, nous avons aussi pu voir et prendre conscience du verso de la carte postale.

La pauvreté est partout en Polynésie. Elle est moins visible qu’en métropole car elle prend une autre apparence, et surtout ici personne ne fait la manche ce n’est pas du tout la culture mais les bidonvilles sont bien présents. A Tahiti ou à Bora Bora, les “maisons” en tôles côtoient les lotissements sécurisés des expat’ avec garde privé et fermetures électriques. Ce qui n’empêche pourtant pas les vols. Autre signe de la pauvreté, les chiens errants. On ne compte plus tellement il y en a. Au mieux quelqu’un s’en occupe un peu, au pire je te laisse imaginer. Je me rappelle encore lors de notre séjour à Tikehau, d’une petit chiot de quelques semaines pas plus qui venait quémander à manger lorsque l’on commençait à se mettre à table, et l’interdiction formel de notre hôte de lui donner à manger au risque qu’il revienne tout le temps. Tristesse…

Conséquence directe de la pauvreté, le manque d’éducation et d’informations dans certaines îles plus isolées. Ce qui m’amène à parler d’un autre aspect peu reluisant et donc très peu mentionné sur la Polynésie, la délinquance, la violence et l’inceste. Le taux de violence dans les îles est malheureusement toujours plus élevé qu’en métropole. Le problème particulier à Tahiti et dans ses îles c’est que sous couvert de la tradition ancestrale, une proportion de (très) jeunes femmes se fait violer par le père, frères et oncles. Quand tu sais qu’en plus le christianisme est très présent, tu imagines les grosses difficultés pour les jeunes filles se retrouvant enceintes sans pouvoir avorter. Le problème est connu et est, fort heureusement, de moins en moins présent notamment grâce aux actions faites par les élus locaux sur place pour améliorer la condition des femmes en particulier et faire baisser les chiffres de la violence, mais c’est un processus long, très long.

Je précise que ce n’est pas moi qui le dis, il y a rapports qui expliquent très bien les faits que tu trouveras par ici.

Pour revenir à un sujet plus léger, mais non moins inquiétant, je te parlerais aussi du manque d’eau croissant, préoccupant sur les atolls. Ces îles ne possédant aucune montagne, donc aucune source ni rivière, ne peuvent compter que sur l’eau de pluie pour les besoins de la vie quotidienne. Avec le réchauffement climatique, les pluies se raréfient augmentant les problèmes sanitaires et la pauvreté. Pour te dire, lors de notre passage à Rangiroa cela faisait 5 mois (5 mois !!!) qu’il n’avait pas plu assez pour permettre aux citernes de se remplir. Les citernes étaient complètement à sec, et les habitants de l’île n’avaient pas le choix d’importer de l’eau de Tahiti par bateau. Tu imagines le prix de la bouteille d’eau ? On a vite compris l a gravité de la situation quand dans nos pensions on nous demandait de ne pas tirer la chasse à chaque fois. Bien sûr, tu n’auras AUCUN problème dans les hôtels puisque ceux-ci ont assez d’argent pour d’un côté puiser dans les nappes ou bien désaliniser l’eau, tout en continuant de rejeter des merdes chimiques dans l’océan ou le lagon de l’autre. Et je ne te parle pas des poubelles qui sont tout simplement enterrées. Non, ça va, je crois que tu as compris le problème; que dis-je, le désastre écologique.

Dans le thème de l’écologie je mentionne juste en passant que les 2 espèces de tortues présentes dans les îles sont en voie d’extinction malgré le décret de Washington et la réglementation territoriale interdisant leur chasse. Les raisons principales étant la pollution et le braconnage. Eh oui. Malheureusement, dans certaines îles les polynésiens continuent de chasser les tortues pour leur chair apparemment savoureuse. Mouais… je tiens quand même à donner un très bon point à l’hôtel Le Méridien à Bora Bora qui contribue à la préservation de ces espèces en recueillant les bébés tortues et les tortues malades pour les aider à grandir et les soigner à l’abri des prédateurs avant de les relâcher dans la nature.

Derrière les cocotiers de la jolie carte postale, le sable camoufle bien des problèmes. Problèmes qui risqueraient de s’amplifier avec l’arrivée toujours plus grande des investisseurs chinois. Sais-tu qu’après les Polynésiens et les Français, les Chinois arrivent troisième en terme de population en Polynésie? Avec leur approche très “agressive” du commerce, la crise de 2008 n’a fait qu’accentuer leur développement au détriment des polynésiens que ce soit dans “l’artisanat” ou même dans le secteur de la perliculture en proposant des produits bien moins chers que les produits traditionnels polynésiens. Alors, certes, les chinois investissent et créent des emplois, espérons juste que cela ne soit pas au détriment de la culture polynésienne …

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Les bidonvilles sur les hauteurs de Papeete

Je termine cette série d’article sur une touche un peu terne je sais, mais je pense que c’est important de connaitre ou du moins s’intéresser à toutes les facettes d’une pays ou d’une région avant d’y mettre les pieds. Certains diront qu’ils préfèrent faire l’autruche, ne pas chercher à savoir car cela leur gâcherait leur voyage. Ben moi justement je préfère savoir, quitte à ne pas visiter un pays si la culture où les problèmes sur place sont trop différents de mes valeurs.

Et puis, ces problèmes dont certains sont amplifiés voir causés par le tourisme de masse montrent à quel point il est important de voyager de façon responsable et éthique afin de préserver ces jolis coins de paradis, tu ne crois pas ?

Conseils


  • Premier conseil qui me semble évident après coup, organise ton voyage toi-même ! Oui ça va te prendre du temps, mais pense que ce que tu économiseras tu pourras l’utiliser pour faire des activités ou petits extra une fois sur place. Et si tu ne sais pas par quoi commencer, je te renvoie à mon article 😉
  • Je te recommande de louer une voiture sur les îles de Tahiti et Moorea pour en faire le tour et accéder à de jolis points de vue
  • En plus de ton matériel de snorkeling, pense à prendre un t-shirt anti UV style T-shirt de surf pour te protéger le dos pendant que tu es dans l’eau
  • Et si tu préfères vraiment te tartiner de crème solaire, alors s’il te plait, choisis-en une respectueuse de l’environnement et du corail. Je te conseille la marque Evoa. 
  • Si tu souhaites acheter du Monoï, tu en trouveras à bon prix soit au marché de Papeete, soit dans des petites supérettes.
  • Pense à prévoir assez de cash en Francs Pacifiques (CFP) avant de partir car toutes les îles ne sont pas équipées de distributeur. De sûr, il y en a un a Tahiti, Bora Bora et Rangiroa. Mais ils ne sont pas alimentés tous les jours…
  • Pour les nonos, ces petits moustiques ces sables, la meilleure solution reste d’enduire des vêtements longs avec de la citronnelle et de dormir avec. Pas glamour mais après quelques nuits blanches, tu verras, tu y réfléchiras…
  • Je te conseille fortement de passer ton niveau de plongée avant de partir là-bas. Pour le coup je pense que tu rates le plus beau si tu ne plonges pas. Mais surtout, dans mon cas du moins, si je n’avais pas plongé je me serais vite ennuyée sur certaines îles. C’est un paramètre à bien prendre en compte si tu ne plonges pas, ne reste pas trop longtemps sur les petites îles à moins d’aimer ne rien faire.
  • Si tu plonges, ou même juste pour le snorkeling, je te recommande d’investir dans un appareil photo étanche ou une caméra de style gopro. C’est vraiment top.
  • Le poids autorisé pour les bagages lors des vols inter-îles est de 23kg max. Ca ne sert donc à rien de te charger plus. Et si tu es plongeur, avec ta carte tu as le droit à 5kg de plus !
  • Par contre, à moins d’être en hôtel avec navette, sinon je te conseille de partir avec un sac à dos. C’est quand même moins galère quand tu dois marcher un peu.
  • Enfin, pour les logements, je te l’ai déjà dit maintes fois, mais rien ne vaut le contact avec les Polynésiens ! Je ne te dis pas de loger toutes les nuits dans une pension, mais fais-le au moins une fois. Rien que pour les super bons repas cela en vaut la peine, crois-moi.
Psst, si tu réserves par Booking ou Airbnb tu peux profiter de mon parrainage. En utilisant ce lien, cela te permet de gagner 15€ sur ta réservation Booking ou, si tu as trouvé ton bonheur sur la plateforme Airbnb,  en utilisant mon parrainage tu bénéficieras aussi de 25€ de crédit pour ta première réservation !

Lectures de voyage


C’est pas souvent que ça m’arrive mais cette fois, pas facile de trouver un livre intéressant qui se passe en Polynésie. Je n’en ai qu’un seul à te proposer, mais quel livre ! Si tu doutes de mes dires à propos de la violence conjugale et de l’inceste tu auras la réponse dans cet ouvrage très récent de 2016.

Peu Titau, Pina

Liens utiles


Alors, est ce que tu es toujours intéressé.e par un voyage en Polynésie ? Toi aussi tu préfères t’informer sur la vie sur place avant de voyager ou au contraire tu préfères attendre ton retour? Le débat est ouvert 🙂

3 commentaires sur “Bilan de mon voyage en Polynésie

  1. Très bon blog félicitation ! Je reviens juste sur le 1ier conseil qui est d’organiser son voyage soit même. On prévoit de partir 3 semaines en septembre sur Moorea, Bora-Bora et Tikehau + Ile de Pâques en alternant piloti et pensions de famille et ce n’est pas évident que le prix soit moins cher en organisant soit même. En passant par une agence locale pour avions + logement demi pension on s’en sort pour moins de 10000 euros à 2. En ajoutant les activités sur place on se rapproche de votre budget. Pour avoir regarder les tarifs en organisant par soi-même le gain n’était pas flagrant.

  2. Je suis d’accord avec toi sur les points positifs et négatifs. La Polynésie c’est pas tout beau tout rose mais pour cela il faut aller regarder plus loin que son bungalow sur pilotis dans le lagon !!!

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